Dans l’optique de mettre en place un mécanisme pour la protection des Droits de l’Homme et des peuples en Afrique, le président de la Commission des Droits de l’Homme (CDHC), Pr James Mouangue Kobila, prend part du 21 au 30 octobre prochain aux assises de la 85ème session ordinaire de la Commission Aôfricaine des Droits de l’Homme et des peuples en abrégé CnDHP qui se déroule en terre Gambienne.

En présence de l’ensemble des membres de cette organisation internationale, le président de la CDHC a fait une déclaration au cours de laquelle il a présenté la crise post-electorale actuelle au Cameroun suite à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. << L’’atmosphère qui domine cette période électorale jusqu’ici, et qui remonte à bien avant la convocation du corps électoral le 11 juillet 2025,
est marquée par de fortes tensions. La seule accalmie constatée a été
relevée entre le rejet de la candidature d’un célèbre opposant le 5 août
2025 et le jour de l’élection, inclus.
Avant le rejet de la candidature de cet opposant par l’organe
chargé des élections et sa confirmation subséquente par le Conseil
constitutionnel, de nombreux abus ont été observés dans les médias et
dans les réseaux sociaux, y compris des discours haineux et des appels
au génocide. Ils ont été inventoriés et condamnés par la CDHC dans un
Communiqué du 22 septembre 2025 et par le Conseil national de la
communication. Environ huit millions de Camerounais ont choisi le futur président
de la République le 12 octobre 2025, dans le cadre d’une élection au
suffrage universel. La quasi-totalité des observateurs qui se sont
exprimé sur le sujet, y compris ceux de l’Union africaine et la CDHC
ont considéré qu’en dépit des nombreuses irrégularités observées
comme partout ailleurs et comme dans tout match de football, elles
n’ont nullement altéré la sincérité du scrutin, ce qui signifie que le vainqueur qui sera proclamé correspond à la volonté de la majorité des
électeurs ayant voté. Dans le cadre de cette élection, il y a lieu de noter :
la désignation de trois points focaux élections de la CDHC auprès
d’ELECAM; le déploiement par la CDHC de la quasi-totalité de ses
commissaires pour des missions de supervision de l’élection
présidentielle aux côtés des Antennes régionales et en appui à celles-ci dans les 10 Régions du pays du 7 au 14 octobre 2025 ; la mise en ligne du fichier électoral provisoire par Elections
Cameroon le 10 juillet 2025, ce qui a donné aux Camerounais la possibilité de vérifier leur inscription en ligne à travers une
plateforme numérique sécurisée ;
l’organisation d’un atelier régional sur les élections par la CDHC à Yaoundé les 30 et 31 juillet 2025, en partenariat avec l’Association francophone des Commissions nationales des
Droits de l’homme (AFCNDH) ;
l’organisation d’une série de six ateliers sur le respect des Droits
de l’homme en période électorale du 21 août au 3 septembre 2025,
à Bafoussam (Région de l’Ouest), à Buéa (Région du Sud-Ouest)
et Yaoundé (Région du Centre), à l’intention des forces de l’ordre
et des OSC, avec l’appui du Centre des Nations Unies pour les
Droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale ;
le lancement officiel par Elections Cameroon, le 11 août 2025,
d’un Call Center, d’appels gratuits répondant au 1508, pour recevoir et traiter les dénonciations et plaintes ainsi que les
demandes d’informations relatives au processus électoral ;
la publication par la CDHC d’un communiqué de presse relatif à
l’élection présidentielle le 9 octobre 2025 ; à cette occasion, elle
a rappelé l’importance du respect des Droits de l’homme tout au
long du processus électoral et formulé plusieurs recommandations, notamment la neutralité de l’école contre la
mobilisation politique des élèves, l’équité dans la couverture
médiatique face aux déséquilibres constatés, le respect des règles
d’affichage face à l’anarchie ambiante, une meilleure coordination des caravanes des candidats au vu des premiers
clashs et la relocalisation des bureaux de vote dans des zones
sécurisées>> intervention du Pr James Mouangue Kobila.
Il a par la suite indiqué: << l’après-élection actuellement au Cameroun est caractérisée
par l’auto-proclamation de sa victoire par l’un des candidats de
l’opposition, sans attendre le décompte officiel des voix par les
commissions mixtes compétentes et encore moins la proclamation
des résultats attendue le 27 octobre par le Conseil constitutionnel ;
il n’a pas participé au contentieux électoral, s’inscrivant
résolument – au vu de ses multiples déclarations et communiqués
– dans la voie d’un changement anticonstitutionnel de
gouvernement avec des appels répétés à l’insurrection et en
recourant massivement à la désinformation, y compris en piratant le logo d’une chaîne de radio internationale réputée et en présentant des procès-verbaux incohérents.
les prises de position de ce candidat ont entraîné la recrudescence
des discours de haine, certaines communautés ethniques telles que
les Bamiléké, Beti et Bassa sont la cible de messages violents diffusées en ligne, dont certains appellent ouvertement au
génocide ou à la sécession.
les manifestations sporadiques non déclarées qui ont suivi
l’autoproclamation de victoire par ce candidat dans une poignée
de grandes villes, parfois émaillés d’actes de vandalisme, sont à
l’origine des vives tensions, dont l’épicentre est localisé à Garoua,
la principale ville de sa Région d’origine ;
la récurrence des tensions post-électorales au Cameroun en ce qui
concerne l’élection présidentielle depuis l’élection présidentielle
de 2018 ; des tensions inexistantes lors de toutes les autres
élections, qu’elles soient législatives, sénatoriales, régionales ou
municipales.
La CDHC a posé une série d’actes en amont et en aval de
l’élection. Leur synthèse, assortie de recommandations, se trouve
dans la déclaration écrite>>.
CDHC