Éditorial du samedi 10 janvier 2026 signé par le Capitaine de Vaisseau Cyrille Atonfack Guemo, DIVCOM-MINDEF.

Depuis que le fracas des armes a gagné en décibels en Europe de l’est, le monde entier désormais sujet à un embrasement que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter, se trouve submergé par un flot de nouvelles du front dont très peu, à dire vrai, sont dignes de foi, la plus grande part étant moins des informations au sens définitionnel et déontologique du terme, que des récits fantaisistes exsudant le parti pris, et le plus fanatique des prosélytismes, en faveur de l’un ou l’autre des camps en belligérance.

À travers ces espèces d’épopées fantastiques assorties de biais cognitifs bellicistes à dessein, l’on peut aisément se rendre compte de la disparition du point de vue contradictoire. Dans les émissions de radio, de la télé ou les colonnes des médias sous toutes leurs formes, les positions monochromes et radicalisées ne tolèrent aucune opinion qui se veuille équilibrée.

Bien au contraire, l’accent est mis sur la justesse réelle et surtout les justificatifs putatifs de la cause des uns ou des autres, la suprématie technologique, la vélocité, la précision et la puissance de destruction des armements utilisés dans la bataille. Les partisans de la violence ne s’encombrent point de scrupules pour banaliser, légitimer et même encourager les très souvent tragiques entorses aux droits de l’homme.

Sur la base de bulletins et autres annonces de victoires destinés à sidérer et désorienter l’adversaire,  à ménager l’état d’esprit de ses propres troupes tout en se conciliant d’éventuelles sympathies, de plus en plus de jeunes de nos pays africains se laissent séduire par l’aventurisme du mercenariat, en des terres lointaines, pour la défense d’intérêts totalement étrangers à ceux de nos peuples. De partout se forment ainsi des réseaux de traite qui drainent cette partie de notre vitalité juvénile, avide d’héroïsme et de gains faciles, les deux restant bien chimériques.

Pour ceux qui ne le savent pas déjà, la surexposition médiatique en relation avec des faits réels, tronqués ou inventés de cette collision entre factions idéologiquement opposées, est avant et après tout, une opération de communication, celle-ci étant désormais devenue une arme capable de destruction, de dissuasion et de séduction, au même titre que l’artillerie, la cavalerie, l’aviation ou la marine.

S’agissant justement de séduction, il convient de signaler qu’en plus de faire la promotion des marchands d’armements, ces discours bellicistes présentés comme étant des marques de puissance, sont complétés par la vulgarisation des jeux de stratégie portant sur la guerre. Or, la guerre et les opérations assimilables ne sont pas des jeux, dans lesquels humains et biens matériels peuvent être cartonnés à l’envi, sans risque et de manière désinvolte. Avis aux aventuriers, rappel à nos soldats !

Face à l’actuelle guerre cognitive visant au conditionnement des esprits en faveur d’une guerre présentée sous un angle plutôt avantageux, le devoir incombe à tous, individus, communautés, pouvoirs publics, de porter le message de la vérité sur les cruelles et universelles réalités de la guerre, quel que soit le lieu où elle se déroule, le moindre mal étant de se battre pour sa Patrie et les siens. /-

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