C’est en substance ce qui transparaît de la déclaration de la Fédération des Organisations Syndicales Autonomes des Transports (FOSAT), signée par son Président Lambert ONGUENE.
<< Camarades, acteurs du transport,
Le lancement officiel du budget 2026, effectué la semaine dernière à Ngaoundéré par Monsieur le Ministre des Finances, vient sceller les orientations budgétaires de l’État pour l’année en cours. Pour notre secteur, les chiffres sont désormais actés : le budget 2026 est de 8816,4 milliards et enregistre une hausse vertigineuse de 1080,5 milliards de FCFA, contrairement au budget de 2025 qui s’élevait à 7737,9 milliards, pour une valeur relative augmentée de 14%.
En tant que partenaires sociaux, notre étonnement est total. Nous assistons à une validation budgétaire qui semble ignorer la réalité brutale que nous vivons quotidiennement sur le terrain.
Une dotation supplémentaire de 8 milliards : Pour quelle finalité ?
L’adoption de cette enveloppe supplémentaire intervient dans un contexte de bilan plus qu’amer pour l’exercice 2025. Nous tenons à rappeler avec fermeté que :
* L’absence d’avancées concrètes : Malgré les budgets précédents, le secteur n’a connu aucune amélioration notable. Les promesses de modernisation sont restées au stade de discours officiels.
* Le calvaire des infrastructures : Le réseau routier continue de se désagréger, mettant en péril la vie des conducteurs et des passagers, tout en détruisant notre matériel roulant.
* Le verrou administratif : Le passage à 2026 ne semble pas avoir levé les blocages systémiques. L’obtention des documents de bord, pourtant essentiels à notre activité, reste un défi logistique et un terrain fertile pour les tracasseries.
La nécessité d’une gestion axée sur les résultats. Le lancement à Ngaoundéré a marqué le début de l’exécution budgétaire, mais pour la Fédération des Organisations Syndicales Autonomes des Transports (FOSAT), il marque aussi le début de notre exigence de redevabilité.
« Allouer 8816,4 milliards de FCFA de plus est une chose ; s’assurer que cet argent ne finisse pas dans les méandres de la bureaucratie en est une autre. »
Si 2025 a été une année de stagnation malgré les fonds alloués, qu’est-ce qui nous garantit que 2026, avec ces milliards additionnels, apportera le changement attendu dans notre pays, sur nos routes et dans nos services de transport ?
Notre position
Le monde syndical n’est pas dupe. Nous exigeons désormais que l’exécution de ce budget 2026 soit soumise à une transparence rigoureuse. Nous demandons :
* La priorité absolue à l’entretien routier et à la sécurisation des axes lourdement dégradés.
* Une simplification radicale et digitale des procédures de délivrance des titres de transport pour en finir avec les délais injustifiés.
* Un suivi inclusif où les syndicats auront un droit de regard sur l’impact réel de ces 8816,4milliards dans le quotidien des transporteurs.
Le budget est désormais lancé, mais notre vigilance est doublée. Nous ne permettrons pas que 2026 soit une année supplémentaire de rendez-vous manqués pour le secteur des transports>>.
Source: FOSAT