L’Université des Nations Unies a annoncé la nomination du Dr Richard Munang au poste de Directeur de l’Institut des Ressources Naturelles en Afrique, UNU-INRA. Le scientifique camerounais prend ses fonctions le 14 septembre 2026 à Accra, au Ghana.
Né à Muteff, dans les collines d’Ijim, Division du Boyo, le Dr Munang passe de l’École Publique de Jinkfuin à la direction de l’institut onusien le plus stratégique pour l’avenir du continent.
C’est un signal fort : pour la première fois, un Africain formé dans les écoles publiques du Cameroun va piloter la recherche et les politiques sur les ressources qui représentent 30% des réserves minérales mondiales.
Pourquoi cette nomination tombe à un moment clé
L’Afrique détient :
– 60% des terres arables non exploitées de la planète
– 30% des réserves minérales mondiales : cobalt, lithium, or, bauxite, cuivre
– 40% du potentiel mondial en énergies renouvelables : solaire, hydro, éolien, géothermie
– 25% de la biodiversité mondiale et les plus grands bassins forestiers après l’Amazonie. Pourtant, le continent exporte encore majoritairement des matières premières brutes. Résultat : moins de 10% de la valeur est captée localement.
C’est exactement sur ce point que l’UNU-INRA doit agir. Créé en 1986 et basé à l’Université du Ghana, c’est le seul institut de l’ONU entièrement dédié aux ressources naturelles africaines. Sa mission : transformer la science en politiques concrètes pour que les 54 pays africains gèrent mieux leurs terres, forêts, minerais, eau et énergie.
Le profil qu’il faut au bon moment
Le Dr Munang n’arrive pas les mains vides. Il a un palmarès de “premières mondiales” :
– Auteur du premier Rapport sur le Déficit d’Adaptation en Afrique : il a obligé les bailleurs à financer l’adaptation au même titre que la réduction des émissions.
-Créateur des premières normes africaines pour les séchoirs solaires : pour réduire de 40% les pertes post-récolte des petits agriculteurs.
– 1er Noir à diriger le Système Mondial de Surveillance de l’Environnement au PNUE.
– 1er Noir à diriger le Programme sur les Crimes Environnementaux à l’ONUDC.
« Il apporte un rare mélange de savoir universitaire, de programmation et de mise en œuvre », a déclaré le Prof. Tshilidzi Marwala, Recteur de l’Université des Nations Unies.
Fondateur de EBAFOSA, il a déjà prouvé que l’action climatique pouvait créer des emplois. Avec son initiative “Volontariat Innovant“, il a mobilisé des millions de jeunes autour de l’agroécologie, du solaire et du recyclage.
Sa vision : “Par des Africains, pour des Africains”
Avant même sa prise de fonction, le Dr Munang a fixé le cap : « Les ressources naturelles de l’Afrique doivent être gouvernées avec une science solide, des politiques pratiques et des solutions conçues par des Africains, pour des Africains, d’une manière dont le monde peut s’inspirer. »
Fini l’exportation brute. Place à la transformation locale, à la bonne gouvernance, et à une recherche qui répond aux besoins réels des communautés. L’enjeu est énorme. D’ici 2050, l’Afrique doublera sa population. Sans gestion durable, la pression sur l’eau, les forêts et les sols va exploser. Avec une bonne gouvernance, ces mêmes ressources peuvent financer les écoles, les hôpitaux et l’industrialisation du continent.
De Jinkfuin à l’ONU, le symbole de l’éducation
BCHS Njinikejem, GBHS Bamenda, ENS Bambili, puis bourse Chevening à Nottingham et recherche à Trinity College Dublin. Le parcours du Dr Munang rappelle une vérité simple. Dans un contexte où le conflit prive encore des milliers d’enfants des régions anglophones de l’école, son histoire prouve que l’éducation reste le chemin le plus sûr pour qu’un enfant des débuts les plus modestes change le monde.
Qui est le Dr Richard Munang ?
Scientifique de l’environnement, chercheur et expert camerounais. Près de 20 ans d’expérience au sein des institutions onusiennes. Auteur de plus de 100 publications et classé parmi les 50 leaders mondiaux de la durabilité.
Avec le Dr Munang à la tête de l’UNU-INRA, l’Afrique a désormais une voix scientifique crédible pour dire comment elle veut gérer ce qui fait sa richesse.

By Tjang Frida