Éditorial du 21 février 2026 signé par le Capitaine de Vaisseau Cyrille Atonfack Guemo, DIVCOM-MINDEF.
Hasards du calendrier ou préscience de l’Omniscient? Toujours est-il qu’il n’est pas courant de voir le Carême chrétien et le Ramadan musulman, entamer le même jour, leurs cheminements pénitentiels vers le ressourcement spirituel des croyants des deux dénominations religieuses, dont les systèmes calendaires sont totalement asynchrones. Alors que le calendrier grégorien adopté par la chrétienté marque 2026, son homologue hégirien du monde islamique pointe l’an 1447, les mois étant eux-aussi d’inégales longueurs.
Cette heureuse coïncidence arrive au moment où l’unité, la fraternité et la laïcité, des éléments cardinaux de ferveur de notre récit national sont rudement malmenés, par le truchement de discours prônant le repli identitaire sur des subjectivités d’extraction locale ou étrangère, ainsi que la confrontation entre l’Etat et la religion. Une heure occurrence donc, comme pour ramener à destination originelle, l’expression de cette métaphysique dévotionnelle qu’est la foi.
Ce vibrant appel au réarmement spirituel ne saurait laisser de marbre, les vertueux personnels de nos Forces de Défense et de Sécurité, hommes et femmes de foi s’il en fût. Par ce qu’à l’heure du triomphe de la matérialité, la facilité et la superficialité, de la foi il en faut, pour dresser son corps comme rempart de la Patrie, ceci au mépris de la difficulté et de au risque de sa propre vie. De la foi il en faut, pour tendre la main et prendre soin de l’ennemi, parce qu’on ne voit en lui qu’un semblable momentanément égaré.
En dépit de quelques très rares exceptions justes assez bonnes pour confirmer la règle, le soldat camerounais est animé d’une très grande foi en son pays, pour ne pas le trahir contre espèces sonnantes et trébuchantes, pour ne pas le livrer aux inhumains appétits de la corporatocratie prédatrice, comme c’est malheureusement le cas échéant d’une poignée de compatriotes. Ceux-là qui vouent aux gémonies, le sein qui les a allaités. Ceux qui pour leur seul confort, diffament, accablent, pillent et tuent au milieu de leur famille d’origine.
Contrairement à ces pyromanes sans foi ni loi, ces parjures à la patrie qui sous d’autres cieux, se prévalent du droit à la diversité, tout en incitant à la haine de l’autre, le soldat camerounais revendique ses attaches ancestrales, tout en ouvrant son cœur et ses bras au monde qui l’entoure.
La création d’aumôneries militaires dans les casernes est un moyen non pas d’affirmation d’identités confessionnelles contraires ou disparates, mais d’harmonisation des prismes de lecture, et de renforcement en l’homme ce qui constitue l’essence de son existence. Il s’agit de l’amour du prochain, source de la paix à laquelle toutes les religions appellent avec force et insistance, les hommes et les femmes de devoir. Force et courage à tous !!!