Une réunion spéciale d’évaluation sécuritaire en prélude à la Rentrée scolaire 2025-2026 et à l’Élection présidentielle du 12 octobre 2025 s’est tenue ce 03 septembre à Yaoundé sous la houlette du Ministre de La Défense, Joseph Beti Assomo.

Il était question pour le MINDEF les deux Secrétaires d’État auprès du Ministre de la Défense, le Haut Commandement Militaire élargi aux Commandants Territoriaux des Régions Militaires Interarmées et Régions de Gendarmerie sous la conduite du Général de Corps d’Armée, Chef d’État-Major des Armées, ainsi que quelques invités spéciaux de certaines structures d’examiner la situation sécuritaire face au contexte actuel de notre pays notamment l’encadrement sécuritaire de la prochaine Élection des Conseillers Régionaux le 30 novembre 2025, le prochain Recensement Général de la Population et de l’Habitat ainsi que le Recensement de l’Agriculture et de l’Élevage 2025-2026.
Dans son allocution, Joseph Beti Assomo est revenu sur l’importance de ces assises qui marquent un temps fort au sein des troupes. « Notre pays se prépare à vivre la reine des élections, l’élection présidentielle, le 12 octobre 2025, soit dans 39 jours exactement, et la rentrée scolaire dans 05 jours, le tout dans un contexte marqué par divers défis politiques, économiques et sécuritaires sur le plan international et le plan régional et national ».
Sur le plan international, la situation sécuritaire sur le plan international reste marquée par la persistance de nombreux conflits, tensions et rivalités dont les répercussions sur l’économie mondiale continuent de se faire sentir avec acuité. Il n’a pas manqué de rappeler que notre pays en subit les conséquences qui obèrent le pouvoir d’achat des ménages. Le climat sécuritaire reste ainsi très crispé et constitue une préoccupation de nos Etats et populations qui aspirent à la paix et à la stabilité.

Selon le MINDEF, la situation politico-sécuritaire est marquée par les préparatifs des élections présidentielles dans plusieurs pays parmi lesquels: Malawi, Côte d’Ivoire, Seychelles, Guinée, Tanzanie, Guinée-Bissau, RCA. « Ces échéances ont toujours constitué de délicates périodes charnières pour la construction des jeunes démocraties africaines »
Dans la même veine, le MINDEF a rappelé les défis auxquels font face les Forces de Défense et de Sécurité et les FMO « le terrorisme international continue de faire des victimes dans le Sahel et dans la corne de l’Afrique. A cela s’ajoutent les déchainements et aléas de la nature, avec leur lot de difficultés induites par les épidémies charriées par des inondations qui font de nombreuses victimes au sein des populations déjà démunies et d’importants dégâts matériels. »
Sur le plan national, le MINDEF a rassuré que la situation sécuritaire actuelle est globalement sous contrôle. Par ailleurs, dans la Région de l’Extrême-Nord, il est signalé des incursions de prédation des éléments terroristes de Boko Haram à la recherche de pitance, notamment dans les Départements du Mayo-Sava, du Mayo-Tsanaga, du Logone-et-Chari, et, tout récemment, dans le Département du Mayo-Danay. Dans ces localités du pays, les terroristes conservent un sérieux potentiel de nuisance et s’illustrent ces derniers temps par des actions de harcèlement des populations civiles.
A cela s’ajoutent les enlèvements des personnes, et des enfants en particulier, avec demandes de rançon, accentuent le sentiment d’insécurité. « Des mesures fortes sont engagées pour mettre un terme à ce phénomène de grande criminalité, avec une action particulière contre les soutiens de ces criminels dont certains seraient en immersion au sein des populations » a martelé le chef de ce département ministériel.

Pour ce qui est de la veille des rentrées scolaires et universitaires 2025-2026 et du début imminent de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, un accent tout à fait particulier doit être également porté sur les actions de prévention contre la criminalité routière, le suivi étroit des poches de mécontentement social, le contrôle des mouvements des personnes et des biens, la proactivité dans la gestion des remous sociaux et des catastrophes d’origine humaine et naturelle, la lutte acharnée contre la violence urbaine et rurale, sans oublier les ingérences extérieures de toutes sortes. Une instruction donnée avec fermeté par le MINDEF pour barrer la voix à ces hits la loi.
« Dans cette optique, les Forces de Défense et de Sécurité doivent impérativement mettre tout en œuvre pour créer un environnement sécuritaire favorable qui permettra des rentrées scolaire et académique fluides et un processus électoral calme et apaisé. Parlant particulièrement de l’élection présidentielle, il sied de relever que bien que les Forces de Défense et de Sécurité aient déjà eu à accompagner avec méthode les scrutins similaires passés de l’histoire politique du pays, les élections présidentielles se suivent mais ne se ressemblent pas pour diverses raisons : les candidats ne sont pas les mêmes, leurs idées et programmes politiques ne sont pas les mêmes, leur méthode et supports et rhétorique de réclame politique ou de campagne électorale ne sont pas les mêmes, les comportements des acteurs varient suivant leur personnalité et leur perception de la chose politique, bref un faisceau de facteurs à prendre en compte pour une couverture sécuritaire du processus par les Forces de Défense et de Sécurité qui devront strictement, dans leur action, se conformer aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. La sécurité de tous les acteurs devra être assuré par les Forces de Maintien de l’Ordre (FMO) notamment, les meetings et cortèges électoraux déclarés auprès des autorités administratives suivis, les rassemblements de foule devront être encadrés, avec tact et fermeté le cas échéant, la campagne électorale n’étant pas une occasion de défoulement débridé et attentatoire à la sécurité des autres acteurs ou de leurs biens. Les individus tentés par la violence devront fermement répondre de leurs actes conformément à la loi » a-t-il martelé.
Brice Matha