Annonce a été faite par le directeur de l’administration et des relations publiques, Patrick Tchouwa, au cours d’un point presse, qu’il a donné au siège de la Cameroon Mining company (Cmc), jeudi 11 décembre 2025.
Le projet de Mbalam est sur les bons rails. Il ne suffit pas de le dire, mais il faut s’en convaincre, surtout au regard des préalables posés désormais qui donnent à comprendre que ce projet est entré dans sa phase décisive, à savoir celle de l’exploitation, puis de l’exportation vers le port de Kribi.
Face à la presse, le directeur de l’administration et des relations publiques, Patrick Tchouwa a fait une présentation du projet qui se met progressivement en œuvre, surtout à la vitesse de croisière. Plusieurs jalons sont désormais posés à savoir : les travaux qui ont commencé le 23 décembre 2023, soit moins de 18 mois après la délivrance du permis d’exploitation ; l’usine de traitement a été livrée au quatrième trimestre 2024, moins d’un an après le lancement du chantier ; les équipements installés offrent une capacité nominale de 3,6 millions de tonnes par an, avec une montée en puissance prévue jusqu’à 10 millions de tonnes dès 2027.

La première exportation du minerai est prévue pour le premier trimestre 2026. « «Les faits sont désormais établis : Mbalam est le projet minier ayant connu la progression la plus rapide de l’histoire récente de notre pays. Ces performances témoignent de la rigueur, de l’efficacité et de la détermination des équipes, mais également du dynamisme de l’environnement des affaires établies, sous l’impulsion de la plus haute autorité de l’État », a souligné le directeur de l’administration et des relations publiques.
Le travail titanesque qui est réalisé pour la concrétisation de ce projet est une conjugaison d’efforts de plusieurs entités à savoir : le groupe Mota-Engil, acteur majeur de l’ingénierie et de la construction minière ; Dhl global forwarding pour la logistique internationale ; Kribi Multipurpose terminal (KMT) pour les opérations portuaires initiales ; Kotug, P&O Maritime et Clarksons pour la chaîne maritime, le remorquage, l’affrètement et l’intelligence de marché.
La sécurisation de contrats d’offtake avec des acheteurs de premier plan, notamment Tsingshan STeeL, Vitol, Vanomet, et Baosteel, premier acheteur mondial de minerai de fer. Toutes les précautions ont été prises par la Cameroon Mining Company pour optimiser cette exploitation du fer de Mbalam.
Booster l’économie de la sous-région
Le projet Mbalam-Nabeba ne se limite pas à l’exploitation d’un gisement. Il s’inscrit dans une vision plus vaste de transformation économique, portée par le consortium Bestway Finance et soutenue par d’importants partenaires chinois. Le plan intégré comprend, le développement de quatre gisements (Mbalam, Nabeba, Badondo, Avima); la construction d’un corridor ferroviaire de 659 km, conçu pour relier les zones minières au littoral camerounais ; la réalisation d’un terminal minéralier de classe mondiale à Kribi, capable à terme de transiter jusqu’à 150 millions de tonnes par an ; la préparation d’un futur pôle sidérurgique, Cameroon Steel, destiné à transformer localement une partie du minerai extrait.
Le gisement de Mbalam est appelé à être exploité en synchronisation avec le gisement voisin de Nabeba, au Nord-Est de la République du Congo. Cette synergie unique repose sur le fait que 80 % des ressources se trouvent sur le territoire congolais, tandis que 80 % des infrastructures stratégiques se situent au Cameroun. Le projet illustre aussi l’excellence des relations bilatérales entre le Cameroun.

Dans son propos, Patrick Tchouwa, n’a pas manqué de dire que depuis la signature de la convention minière la Cameroon mining company a bénéficié du soutien constant des autorités camerounaises, notamment à travers la Déclaration d’Utilité Publique, la finalisation du tracé définitif du corridor ferroviaire, le bornage du site et l’accompagnement administratif nécessaire à l’exécution rapide du projet.
Ce projet de fer de Mbalam va garantir plus de 4,32 milliards de dollars américains de revenus cumulés, dont 958 millions de dollars provenant du free carry et 1,31 milliard de dollars issus de la transformation locale en acier. Les exportations annuelles sont estimées à 3 milliards de dollars, soit environ 5 % du PIB national. Cette manne renforcera les réserves en devises, améliorera la balance commerciale et contribuera à réduire le déficit budgétaire. « En matière d’emploi : 4 000 emplois directs seront créés durant la phase de construction ; 1 800 emplois permanents seront maintenus pendant la phase d’exploitation, 20 000 emplois indirects seront générés dans les secteurs connexes. Sur plan social comprend également la réhabilitation de 15 écoles ; la construction de 5 centres de santé ; la création d’un programme de formation incluant 250 bourses d’ingénierie ferroviaire et 60 stages annuels ; la mise en place d’un vaste programme d’adduction d’eau potable et d’accès à l’électricité dans les zones riveraines », a énoncé Patrick Tchouwa.
Protection de l’environnement
Un projet de cette envergure ne se mettre sur pied sans que les mesures de mitigation d’impact environnemental ne soient prises pour le bonheur des riverains. A en croire, le directeur de l’administration et des relations publiques, Patrick Tchouwa plusieurs mesures sont prévues au rang desquelles : une pépinière de 200 000 plants destinée au reboisement ; un programme strict de compensation : un hectare replanté pour chaque hectare défriché ; la construction de corridors fauniques végétalisés pour protéger les éléphants et les primates des zones protégées voisines ; des audits environnementaux trimestriels rendus publics.

À cela s’ajoute l’ambition d’exploiter la biomasse comme source d’énergie complémentaire, afin de réduire l’empreinte carbone globale du projet. A la question de savoir quelles dispositions sont prises pour que le transport du minerai par rouyte en attendant la voie ferrée, Pactrik Tchouwa a indiqué que le projet travaille main dans la main pour que ce bien soit préservé à travers le respect du tonnage.
Rappelons que ce point de presse intervient, une semaine seulement après une descente sur le chantier à Mbalam où les travaux évoluent à pas de géant. « Près de 140 employés travaillent déjà sur le site, dont une moitié issue des communautés riveraines. Chaque semaine, de nouveaux équipements arrivent. Les infrastructures avancent. Les partenaires s’engagent. Les pays impliqués convergent. Et la dynamique s’amplifie », a rassuré Patrick Tchouwa.
Suzanne Maah