Placée sous le thème « Les travailleurs méritent la paix et la démocratie » selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), la célébration à elle dédiée s’est tenue le 07 octobre 2024 à Yaoundé. Au Cameroun, le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale s’est penché sur le bien-être des travailleurs et le dialogue social qui reste un élément majeur pour le travail décent. D’où le thème retenu au niveau national est « Le Travail Décent au service du développement durable et de la paix au Cameroun ». Ceci en présence des organisations des travailleurs, employeurs et le Bureau International du Travail (BIT).
Une dynamique d’actions du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale, en collaboration avec le BIT à l’effet de commémorer l’édition 2024, qui selon le Ministre du Travail constitue en effet le témoignage incontestable de l’engagement des pouvoirs publics à mener de manière concertée, toutes les actions utiles dans la dynamique de promotion de progrès et de justice sociale, tel que prôné par le Chef de l’Etat, S.E Paul BIYA.

Dans son allocution, le MINTSS a précisé que cette cérémonie marque également le lancement de deux projets d’envergure à savoir : le projet BRIDGE, qui constitue l’un des éléments concrets de notre adhésion à l’Alliance 8.7, qui a pour but d’éliminer le travail forcé, le travail des enfants et la traite des personnes ; et le projet de « formalisation du secteur de la collecte et du recyclage des déchets ferreux » pour la promotion du Travail Décent au Cameroun. « Ces actions sont des éléments concrets de la mise en œuvre effective de notre nouveau PPTD, qui encadrera nos interactions avec le BIT dans les prochaines années. j’exhorte toutes les parties prenantes concernées par la mise en œuvre du PPTD d’élaborer sans délai un plan opérationnel pertinent et soutenable permettant de produire les résultats attendus. Le succès de ce programme est tributaire de l’engagement etde la contribution de tous les départements ministériels » souligné le patron du travail et de la sécurité sociale.
En effet, il s’agit de la planification opérationnelle du PPTD, prévue les 15 et 16 octobre 2024 à Ebolowa, ainsi que les campagnes de sensibilisation de la lutte contre le travail des enfants dans les 10 régions du Cameroun. La célébration de Yaoundé a permis de faciliter la compréhension du PPTD pour une mise en œuvre efficace et coordonnée ; familiariser les participants avec le document PPTD ; vulgariser le PPTD auprès des partenaires sociaux et des différents acteurs du monde du travail ;
présenter les projets de formalisation du secteur des déchets ferreux et BRIDGE accompagnant la mise en œuvre du document PPTD…

Par ailleurs, le concept de « travail décent » fût évoqué pour la première fois en 1999 par le directeur général de l’OIT dans son rapport lors de la 87ème session de la conférence internationale du travail qui affirmait que : le but fondamental de l’OIT aujourd’hui est que chaque homme puisse accéder à un travail décent et productif dans les conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité. « Nous célébrons la journée mondiale du travail décent et il y a un élément qui est peut-être le plus important, c’est le dialogue. Ce n’est qu’en se mettant ensemble qu’on peut être plus productif, parce que les entreprises sont plus productrices, elles génèrent de gros bénéfices qui peuvent être réinvestir pour augmenter le capital et les emplois décents. S’Il n’y a pas de productivité, on ne peut pas célébrer le travail décent et pour l’économie du Cameroun, c’est une valeur transversale qui touche tous les secteurs » propos du Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale.

Claude YAO KOUAME, Directeur pays du BIT, se félicite de l’accompagnement de cette institution dont il a la charge aux côtés du gouvernement camerounais et ses partenaires. La promotion du travail décent au Cameroun reste une quête perpétuelle à laquelle les pouvoirs publics et les partenaires sociaux multiplient les échanges avec l’appui de l’OIT au sein d’une plateforme qui sert de boussole. « Je pense que, sur la base des anciens programmes, il y a des bilans qui ont été établis de manière tripartite entre travailleurs, employeurs et les pouvoirs publics dans le sens d’améliorer la mise en œuvre. Nous sommes là pour accompagner les partenaires sociaux et le gouvernement pour qu’il ait une appropriation nationale et cela est très important. Ensuite il y a ce problème de financement et des efforts sont faits à deux niveaux d’un côté le BIT qui fera sa part et au niveau national il y a l’inscription des activités dans un cadre budgétaire public pour une mise en œuvre efficiente et efficace de ce partenariat. Tout ceci, est marqué dans une plateforme qui permet d’aller de l’avant par des concertations permanentes ».
La présence des organisations socioprofessionnelles des travailleurs n’était pas en reste. Isaac BISSALA, président de l’UGTC « Nous sommes à la quête du travail décent au Cameroun et très peu d’employeurs savent même ce que c’est. Vous avez suivi tout à l’heure, son application est source de sérénité, de moins de conflits. On doit se mettre au travail car nous avons tous intérêt. Il y a une minorité comme le secteur des banques où il y a une convention collective qui se révise tous les deux ans et dans certaines banques où le dialogue social est effectif. Beaucoup le font, mais il y a encore beaucoup à faire car c’est un morceau de sucre dans la mer » a-t-il expliqué.
Mbond Geneviève