L’Organisation Internationale du Travail définit le travail des enfants comme toute activité qui est susceptible de mettre en danger ou de nuire aux enfants sur le plan mental, physique, social ou moral et qui compromet leur éducation, leur enfance, leur potentiel et leur dignité. Ce phénomène est malheureusement une réalité dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.
Le but étant de promouvoir et développer une industrie du cacao durable et responsable, où les droits des enfants et les droits humains sont protégés et respectés, et où le travail des enfants et le travail précaire ont été éliminés, le Gouvernement camerounais a fusionné avec la Fondation International Cocoa Initiative afin de lutter contre le travail des enfants dans la cacaoculture tout en améliorant son cadre juridique et institutionnel.

Le lancement officiel dudit projet s’est tenu le 31 mars 2026 à Yaoundé par le Représentant du Premier Ministre Chef du Gouvernement, Chief Dr. Blessed OKOLE, en présence du Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Pr Marie-Thérèse Abena Ondoua, du Directeur Exécutif de ICI, Matthias Lange, de la Directrice Afrique de ICI, Madame AKA Anastasie et plusieurs acteurs impliqués dans cette filière.
Selon le Directeur Exécutif de ICI, le Cameroun n’est naturellement pas épargné par cette problématique de lutte contre le travail des enfants dans les plantations cacaoyères. Raison pour laquelle la Fondation International Cocoa Initiative, conformément à son mandat, souhaite mettre son expertise au service des autorités et des partenaires camerounais pour les accompagner sur le chemin de la durabilité du cacao. En outre, cette collaboration se fait avec tous les acteurs notamment les organisations de la société civile, mais aussi l’industrie du cacao et du chocolat.

Une initiative qui se traduit par la volonté des autorités camerounaises de faire de l’économie de la cacaoculture un atout au développement. L’objectif visé est de renforcer les trois piliers de la durabilité qui sont l’environnement, l’économie et le social, d’où le Cameroun et l’Union Européenne ont initié un dialogue dynamique en vue d’anticiper et de surpasser les exigences croissantes des pays consommateurs de cacao.
Concernant les normes prescrites par l’UE aux pays membres sur la déforestation, et d’autres régulations sur les droits humains et la diligence raisonnable en matière de droits humains, le Cameroun s’arrime à la une volonté croissante des pays producteurs de contribuer à rendre plus durables les chaînes d’approvisionnement en cacao.
Faut-il le signaler, l’UE consomme entre 60 à 70% du cacao produit en Afrique. Cet engagement se traduit par la volonté des autorités camerounaises d’anticiper et de surpasser les exigences croissantes des pays consommateurs, notamment ceux issus de l’Union européenne.
Réactions

Prenant la parole pour la circonstance, Chief Dr. Blessed OKOLE a rappelé que lorsque les agriculteurs ont des revenus équitables, ils sont moins susceptibles de dépendre de leurs enfants pour le travail.
<< Nous devons appliquer nos lois. Le Cameroun a des réglementations contre le travail des enfants, mais les lois doivent être accompagnées d’actions, des inspections, des pénalités et des responsabilités sont essentielles. Les entreprises impliquées dans la production de cacao et de chocolat doivent prendre leur responsabilité. L’approvisionnement éthique ne devrait pas être optionnel, il devrait être la norme. La durabilité et la transparence dans les chaînes d’approvisionnement sont clés. Nous avons tous un rôle à jouer. Les gouvernements, les communautés, les entreprises, les individus doivent se réunir. Le changement se produit lorsqu’on passe à l’action. Je voudrais remercier l’Initiative internationale du cacao, dont la vision est de développer une industrie du cacao durable et responsable, où les droits des enfants et les droits humains sont protégés et respectés, et où le travail des enfants et le travail précaire ont été éliminés.
Nous avons besoin de plus d’initiatives comme la vôtre pour travailler en étroite collaboration avec le gouvernement pour mettre fin à cette mauvaise pratique. Imaginons le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, où chaque enfant est à l’école, apprenant, grandissant et rêvant, où notre industrie du cacao est non seulement rentable, mais également éthique et fière.
Notre président, Son Excellence Paul Biya, dans son discours de fin d’année et son discours du 11 février 2026, a souligné le rôle important que notre jeunesse a dans la construction de l’économie de notre pays. L’avenir de notre nation est entre les mains de nos enfants. Ne les encombrons pas avec des outils destinés aux adultes. Donnons-leur de l’espoir et des opportunités. Ensemble, nous pouvons mettre fin au travail des enfants. Ensemble, nous pouvons protéger nos enfants. Ensemble, nous pouvons construire des meilleures Nations productrices de cacao, répondant aux objectifs de développement durable des Nations Unies >> a martelé le Représentant du Premier Ministre.
Chief Dr Blessed OKOLE n’a pas manqué de féliciter les efforts consentis entre les différents acteurs << Je voudrais tout particulièrement féliciter le Cameroun et notamment les collègues du ministère du Travail et de la Sécurité Sociale pour le développement du plan national d’actions pour l’élimination des pires formes de travail des enfants (PFTE), ainsi que pour le développement de la liste actualisée des travaux dangereux dans l’agriculture >>.

Matthias Lange, Directeur Exécutif de ICI: << La durabilité de la filière cacao reste un impératif qui s’impose à tous les pays d’Afrique producteurs de cette fève. Ceux-ci sont appelés à respecter plusieurs règles pour que le cacao produit localement continue d’être exporté dans la zone de l’Union Européenne et soit acheté. En outre, l’État du Cameroun se doit d’observer ces règles proscrites sur le travail des enfants dans la filière cacao, aux risques de voir son cacao refoulé et cela constituera, à n’en point douter, un manque à gagner criard aussi bien pour les États membres de l’UE, que pour les agriculteurs >>.
Suzanne Maah