Dans l’optique de rendre crédible le PND et solidifier les réformes engagées pour attirer les capitaux étrangers, le Maréchal MAHAMAT Deby Itno, président de la République du Tchad a reçu une forte délégation d’hommes d’affaires indiens à Abu Dhabi.
Au cours de l’audience, le Chef de l’État a salué cette mobilisation exemplaire, et invite ses potentiels partenaires à venir fructifier l’économie tchadienne : « venir investir au Tchad, c’est devenir partenaire du développement de notre pays ». Le Maréchal MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO a rappelé que le PND compte 268 projets structurants, soutenus par un cadre juridique et économique rénové, garantissant la transparence, la sécurité et la rentabilité des investissements. Une rencontre qui illustre la nécessité pour les deux pays de renforcer davantage leurs relations économiques ouvrant ainsi la voie à une coopération diversifiée, plaçant l’Inde parmi les partenaires clés du Tchad.
En effet, cette audience fait suite à la table ronde de financement du Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 », tenue à Abu Dhabi. Une mobilisation exceptionnelle qui définit l’intérêt grandissant du secteur privé indien pour les opportunités économiques qu’offre le Tchad.
Parmi les 70 nationalités présentes à ces assises historiques, l’Inde s’est distinguée par une affluence impressionnante. Conduit par Madame Ildjima Badda Mallot, Ambassadrice du Tchad en Inde, cette délégation rassemble un large éventail d’acteurs économiques : du géant des télécommunications Bharti Airtel Limited, basé à New Delhi, aux leaders de l’agro-industrie, en passant par les entreprises spécialisées dans la digitalisation et les infrastructures. Une participation qui traduit la confiance et l’intérêt croissants des investisseurs indiens pour le marché tchadien. La présence des groupes Mahindra, acteur majeur de la mécanisation agricole, et MKALP, société engagée dans la digitalisation de l’administration publique n’était pas en reste. D’autres entreprises, telles que Greenchesta Research, ont déjà été certifiées pour la production biologique des mangues tchadiennes, préparent leurs premières exportations.
En somme, les intentions d’investissement annoncées atteignent 3,255 milliards de dollars, couvrant des secteurs stratégiques en parfaite adéquation avec les priorités du plan « Tchad Connexion 2030 ».

PND, slogan ou réalité ??
Serges Ouambi, administrateur civil, homme politique, citoyen tchadien s’interroge sur cette initiative mise sur pied par l’Etat. Selon lui, le peuple tchadien a besoin de bonne gouvernance. Il s’est exprimé sur sa page Facebook. << La question n’est pas d’être pour ou contre le PND. La vraie question, c’est de savoir à quel moment nos dirigeants et certains de nos concitoyens ont enfin choisi de se consacrer réellement au développement de ce pays, plutôt qu’à la poursuite d’intérêts personnels et partisans, au point de vouloir nous faire croire que le PND serait la panacée à tous nos maux. Le développement ne se décrète pas : il repose avant tout sur des actions/infrastructures solides et existantes. Comment parler de progrès quand nous n’avons pas de routes, que l’électricité demeure un luxe, et que la justice comme d’autres services publics peinent encore à faire leur preuve et surtout, à s’affranchir des influences politiques et de certains lobbies ? Sans ces fondations, tout discours sur la relance ou la transformation économique reste un vœu pieux. Nous continuons d’attendre, dépités, la construction de la route Kélo-Pala-Léré-Frontière, un axe vital pour la circulation des biens, la mobilité des populations et l’intégration économique de plusieurs provinces. De nombreuses autres routes nationales sont attendues aussi. Ou bien ces projets n’entrent-t-il pas dans les priorités du développement ? Enfin, la croissance économique ne peut être réelle que si la consommation intérieure est forte. Et cette consommation dépend directement du pouvoir d’achat des citoyens, de politiques fiscales intelligentes et incitatives, ainsi que de la capacité à faire circuler librement les biens-et les personnes-sur l’ensemble du territoire. Sans ces conditions, le développement restera un slogan, et non une réalité vécue-ou à vivre-par les Tchadiens. Le véritable Plan National de Développement dont le Tchad a besoin, c’est la bonne gouvernance. Car ce qui manque à ce pays, ce n’est pas l’argent, mais la volonté politique et la rigueur dans la gestion publique. Tout le reste n’est que poudre de perlimpinpin>>.
Suzanne Maah