Les deux institutions notamment le ministère de la jeunesse et de l’éducation civique représenté par le ministre Mounouna Foutsou, et la Commission des Droits de l’Homme (CDHC) représentée par son Président Pr James Mouangue Kobila, ont signé un mémorandum d’entente (MoU) le 19 mars dernier à Yaoundé avec pour but de mettre en avant, la problématique du respect des droits des jeunes au Cameroun. L’une des priorités majeures inscrite en lettres d’or parmi les grandes priorités du Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, qui revêt en effet une acuité particulière, tant au Cameroun qu’en Afrique et dans le monde.
L’objectif vise à traduire les principes des Droits de l’homme en actions concrètes en faveur des jeunes, dans le cadre d’une synergie institutionnelle renforcée entre deux structures de l’État. Une initiative qui fait suite au Conseil de l’Europe tenu les 12 et 13 mars 2023 à Strasbourg. Il s’agit de la 2ᵉ Conférence de haut niveau du Forum des ombudsmans et des institutions nationales des Droits de l’homme, dont l’une des sessions portait sur « l’implication des jeunes », et au cours de laquelle, Pr James Mouangue Kobila, Président de la CDHC a partagé son expérience apprécié par tous à Strasbourg.

Prenant la parole, le président de la CDHC a rappelé qu’aucun instrument international ne traite spécifiquement les Droits des jeunes. Si l’Europe s’en préoccupe, alors même que les jeunes y représentent moins de 20 % de la population, l’urgence est d’autant plus manifeste dans un pays comme le Cameroun, où la tranche d’âge de 15 à 34 ans représente environ 35 % de la population. D’où la nécessité dudit Mémorandum qui vient à cet égard, combler partiellement cette lacune.
Menant des actions de proximité, les deux parties se tiennent désormais la main pour œuvrer ensemble en faveur de la jeunesse camerounaise. << Le MINJEC en fait déjà preuve, à travers sa proximité avec les jeunes et son action de terrain, joue un rôle déterminant dans la promotion de la conscience civique, de l’intégration nationale et de l’autonomisation de la jeunesse>> a souligné Pr Mouangue Kobila.
En sa qualité d’institution nationale indépendante chargée de la promotion et de la protection des Droits de l’homme, ainsi que de la prévention de la torture dans les lieux de privation de liberté, la CDHC mène des actions de sensibilisation auprès des jeunes, traite des requêtes les concernant et effectue des visites régulières dans les lieux de détention, afin de s’assurer que les conditions de privation de liberté qui concernent également de nombreux jeunes ne constituent pas des traitements cruels, inhumains ou dégradants.
De manière générale, ce MoU permettra de renforcer le dispositif ; multiplier les campagnes et ateliers de sensibilisation en milieu scolaire et universitaire, en vue notamment de prévenir les violences physiques, psychologiques et sexuelles, ainsi que la consommation de stupéfiants ;
combattre les discriminations et les discours haineux, tout en promouvant des mécanismes internes d’alerte et de médiation ;
créér et animer 696 clubs Droits de l’homme dans les établissements scolaires et universitaires ;
régulièrement publier des déclarations à l’occasion des journées internationales pertinentes, notamment :
la Journée internationale de l’éducation (24 janvier) ;
la Journée mondiale des réfugiés (20 juin) ;
la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues (26 juin) ;
la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques (9 septembre) ;
participé à des initiatives internationales, notamment la conférence « Year of Impact and Eco-Citizenship » du 7 mars 2024, ainsi qu’à la 60ᵉ session du Conseil des Droits de l’homme, où une déclaration a été prononcée sur le rôle de la jeunesse dans la consolidation de la paix. Tout ceci se fera sous la supervision d’un point focal jeunesse.
En collaboration avec les services déconcentrés du MINJEC, les antennes de la CDHC, son numéro vert (1523), ainsi que les associations partenaires, cette collaboration permettra d’atteindre efficacement les jeunes sur l’ensemble du territoire national.
A titre de rappel, la coopération entre la CDHC et le MINJEC n’est pas anodine. Entre 2020 et 2025, les deux institutions ont échangé 101 correspondances. D’où la CDHC appelle davantage au respect des droits des jeunes qui demeurent insuffisamment réalisés, notamment : le droit à l’information ; le droit à la participation ; le droit de saisir les institutions ; le droit à la protection contre les violences ; le droit à un environnement sain ; les droits liés au travail ; les droits numériques ; le droit à l’égalité ;
le droit à une éducation de qualité ; le droit à un recours effectif.
De manière générale, les jeunes disposent de droits, mais n’en ont ni la connaissance, ni les outils, ni les réflexes d’activation.
C’est précisément pour répondre à ces défis que le Mémorandum d’entente que nous signons aujourd’hui prend tout son sens.
<< Notre ambition est claire : que chaque jeune au Cameroun connaisse ses Droits, exerce ses responsabilités et contribue pleinement à l’édification d’une société pacifique, inclusive et prospère >> a conclu le président de la CDHC.
Suzanne Maah