C’est à l’intention d’un atelier qui s’achève ce 27 novembre 2025 sur le renforcement des capacités des acteurs étatiques de la chaine de protection des droits des personnes déplacées de force et apatrides, organisé par la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.
Ouverts le 25 novembre dernier et coordonnés par le représentant adjoint du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et le Vice-président de la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC), Dr Raphaël GALEGA GANA, les travaux étaient axés sur le mouvement massifs des réfugiés au Cameroun qui se fait ressentir dans les Régions de l’adamaou, du Nord et de l’Extrême-Nord, tandis que ceux des personnes déplacées internes dans le Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi en direction de l’Ouest et du Littoral.

À l’ouverture des assisses, le Représentant du HCR a présenté le rôle de la structure concernant la protection internationale de ces personnes << le HCR intervient lorsque la protection nationale est refusée ou n’est pas disponible et prend fin lorsque l’individu perd le statut de réfugié, d’apatride ou de déplacé interne. Elle a pour objectif de garantir la jouissance des droits fondamentaux pendant l’asile et rechercher les solutions durables (rapatriement volontaire ; réinstallation ; intégration locale)>>.
En effet, l’action humanitaire permet d’alléger la pression sur les pays d’accueil, renforcer l’autonomie des réfugiés et consolider leurs capacités élargir les solutions vers des pays tiers encore appelées voies complémentaires (visas/admissions humanitaires, des parrainages communautaires, des possibilités d’éducation, d’emploi ou des regroupements familiaux).
Une mission qui n’est pas du tout évidente au regard de l’asile prolongé pour de nombreux réfugiés et la baisse drastique des financements humanitaires. D’où le HCR envisage de poursuivre le plaidoyer pour l’inclusion des réfugiés dans les politiques publiques, programmes nationaux, services de base, acteurs de développement et autres agences SNU, poursuivre le renforcement des capacités et de formaliser/ structurer des groupes.

Pour ce qui est de la responsabilité de l’État en matière de protection des personnes déplacées de force et des apatrides (MINJUSTICE et le MINAT): il est question entre autres de : garantir la sanction des violations (en se basant le cadre normatif en vigueur); assurer aux victimes des violations du droit humanitaire un accès à la justice et de garantir les Droits des personnes déplacées de force et apatrides en détention.
Pour accomplir ces missions, l’Etat fait face à plusieurs contraintes budgétaires notamment pour l’assistance judiciaire aux PDF, l’incompatibilité entre les objectifs de l’État et ceux des organisations internationales, le déficit de renforcement des capacités des acteurs de la chaîne judiciaire et la corruption dans le milieu judiciaire.
Le rôle du MINAT n’était pas en reste au cours des travaux, celui de l’élaboration et la mise en œuvre des politiques du gouvernement à travers la coordination des actions de prévention et de gestion des catastrophes en matière de protection civile, ce grâce à l’existence en son sein, d’une Direction de la protection civile conformément au décret n° 2019/030 du 23 janvier 2019. Cette assistance portée par le MINAT consiste essentiellement en des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité.
Pour atteindre ces objectifs, le MINAT est parfois soumis à des capacités limitées des autorités locales et à l’insuffisance des ressources financières dans la prise en charge des personnes sinistrées sur le long terme. Cependant, il opte de plus en plus pour l’intégration locale, l’adoption de mesures de facilitation du retour vers les localités d’origine des personnes sinistrées et la réinstallation de celles-ci dans le pays d’accueil.
Au terme des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des acteurs à savoir : Accroître la sensibilisation des acteurs impliqués dans la chaine de protection, réfugiés en premier, en vue de la reconsidération de ces derniers non plus en tant que personnes vulnérables à assister continuellement, mais plutôt en tant que personnes ayant des aptitudes à développer pour leur propre autonomisation; Renforcer les capacités des acteurs impliqués dans l’enregistrement des faits d’état civil par le BUNEC; Doter le BUNEC des moyens nécessaires pour une informatisation complète du système d’état-civil; Renforcer encadrement des PDF dans leurs tentatives d’autonomisation, notamment en matière d’accès sécurisé aux terres arables; Mener un plaidoyer en vue de l’augmentation de l’enveloppe budgétaire du MINJUSTICE relative l’assistance judiciaire aux PDF; Mener des plaidoyers pour l’allocation des ressources financières au MINPROFF et autres acteurs sectoriels concernés en vue de l’assistance des femmes déplacées de force, qui sont victimes de VBG ; Intégrer la CDHC dans les commissions d’attribution de l’assistance judiciaire au Cameroun; Soutenir le HCR pour mener un plaidoyer approprié en direction du Gouvernement pour la reprise des visites du HCR dans les prisons centrales de Kondengui et de New-Bell afin de garantir une maitrise des statistiques des réfugiés en détention…
Suzanne Maah