La route Edéa-Kribi n’a cessé de faire parler d’elle. En effet, le parcours de cet itinéraire est devenu laborieux pour les usagers, pour la plupart, des transporteurs venant ou allant au port de Kribi. Derrière cette gêne, une entreprise asphyxiée financièrement, qui essaye tant bien que mal de se mobiliser entre Edea-pont Bivouba et pont Bivouba-Kribi d’une part et un processus d’attribution suspendu à la non objection du partenaire technique et financier, la BAD, qui accompagne le gouvernement dans la réhabilitation de cette route.
Mardi 30 décembre 2025, des engins de l’entreprise SOMAF se déploient sur la section Edéa-pont Bivouba, à l’effet de boucher des nids de poule, traiter des zones critiques et de répandre une couche de béton bitumineux pour fluidifier la circulation de centaines de gros porteurs qui vont et viennent dans les deux sens. Ces mouvements devenus réguliers sur cet axe fortement dégradé et en attente de réhabilitation, dépendent malheureusement des ressources de l’entreprise.

En effet, dans le but de parer au plus pressé en attendant la contractualisation des entreprises chargées de reconstruire la route Edéa-Kribi, le Ministre des Travaux Publics a entrepris de mener des travaux d’entretien confortatif de cette route, après un contrat passé en octobre 2024. Depuis le démarrage des travaux, l’entreprise SOMAF dont le contrat est à la fois financé par le Fonds Routier et le BIP peine à se mobiliser.
Si les travaux effectués au courant de l’année 2025 sur la section Edéa-pont Bivouba ont permis d’améliorer la circulation, sur la section Edéa-Pont Bivouba, il faut encore faire plus.
A date, l’entreprise est mobilisée et poursuit ses opérations, même si le constat sur le terrain fait état d’une réelle asphyxie financière, avec un retard de paiement des décomptes de SOMAF s’élevant à 1 507 660 808 f cfa sur la ligne Fonds Routier et de 620 477 301 f cfa sur la ligne BIP. Côté SOMAF les suspensions de paiement au Fonds Routier ne rassurent pas : ils viendront davantage relever l’impact négatif de cette mesure sur les capacités de déploiement de l’entreprise.
La mesure exceptionnelle prise par le MINFI, avec pour corollaire des suspensions de payement pour les mois de septembre, novembre et décembre 2025, rend impossible le règlement des prestations essentielles au maintien de la circulation sur la route Edéa-Kribi.
Du reste, l’entreprise multiplie des efforts pour assurer la circulation, tenant compte des orientations du Ministre des Travaux Publics. Instructions ont été données aux équipes techniques pour effectuer un relevé exhaustif des dégradations de l’itinéraire, de produire un schéma itinéraire détaillé et de définir une stratégie d’intervention ciblée.
S’agissant du processus de contractualisation des entreprises pour la réalisation des travaux de reconstruction, les avis de non objection du bailleur de fonds, la Banque Africaine de Développement restent attendus.
MINTP