C’est ce qui a réuni les acteurs impliqués dans le processus les 6 et 7 octobre dernier autour d’un atelier tenu dans la localité de Mbankomo, région du Centre-Cameroun. Une initiative du Ministère des Forêts et de la Faune Soutenue par l’UNESCO et l’Union Européenne dans le cadre du projet NATURA SUD-EST, dont l’objectif visé est d’élaborer un Mémorandum d’accord (MoU) entre le MINFOF et une organisation représentative des communautés autochtones vivant autour la Réserve de faune du Dja.

Au cours des travaux, il était question de faciliter le partage d’informations et d’expériences entre les partenaires afin de guider la préparation du MoU ;
Faciliter les échanges d’expériences tirées du processus d’élaboration du MoU entre le MINFOF et l’association ASBABUK ;
Faciliter l’échange d’informations disponibles, y compris les activités passées, en cours et prévues, qui pourraient servir de base à la préparation du MoU ;
Améliorer la coordination et renforcer les synergies entre les partenaires afin d’éviter les duplications et les chevauchements d’efforts ;
Élaborer une feuille de route commune pour la préparation d’un MoU entre le MINFOF et une organisation représentative des communautés Baka autour de la RFD.
Au finish, une feuille de route a été consolidée ainsi que la mise en place d’un comité de facilitation chargé de piloter le processus vers l’établissement du futur MoU.
Pour rappel le projet NATURA SUD-EST financé par l’UE pour une durée de xxx ans, vise à assurer la préservation de deux sites naturels du patrimoine mondial au Sud et Sud-Est du Cameroun (la Réserve de faune du Dja et le Parc national Lobéké qui est la composante camerounaise du Trinational de la Sangha) en garantissant une croissance inclusive et un usage responsable des ressources naturelles.

Inscrite depuis 1987 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, la Réserve de faune du Dja (RFD) est reconnue pour sa diversité biologique exceptionnelle et les services écosystémiques qu’elle procure aux communautés locales. Ces populations, dont celles autochtones, dépendent directement de la réserve pour leur subsistance et constituent de véritables partenaires de l’État dans la gestion et la valorisation durable des ressources naturelles. Dans l’optique de renforcer leur implication, le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) a élaboré un Guide pour l’implication des communautés locales dans la gestion des aires protégées au Cameroun. C’est sur cette base, et conformément aux recommandations issues du 6ᵉ Forum des acteurs de la RFD, qu’il se tient l’atelier de ce jour en vue de la signature d’un MoU entre le MINFOF et une organisation représentative des communautés autochtones vivant autour de la réserve.

Réactions

Selon le Directeur de la Faune et des aires protégées au MINFOF, Madame MAHA Ngalié, il s’agit de vulgariser le guide d’implication des populations locales dans la gestion des aires protégées. << Vous savez que nos aires protégées regorgent de beaucoup de potentialités. Leur gestion ne peut pas se limiter qu’ à l’administration des forêts et de la Faune. A ce titre nous devons impliquer les populations riveraines à ces aires protégées surtout les peuples autochtones qui sont vraiment dépendant des forêts. Il est question de pouvoir dresser une feuille de route afin qu’on sache comment on va évoluer plutard dans la gestion en partenariat avec toutes les parties prenantes de cette réserve de faune du Dja>>.

Pour le représentant de l’UNESCO, C’est une idée très fructueuse, une expérience réussie sur laquelle le processus actuel va s’appuyer. Une initiative du gouvernement porté par le MINFOF et soutenue par l’UNESCO autour de l’implication des communautés dans la gestion effectives aires protégées en l’occurrence de la réserve de faune du Dja. <<Nous sommes aussi dans la mise en œuvre du projet Natura Sud-Est financé par l’UE et avec d’autres acteurs locaux, nationaux et internationaux, nous accompagnons cette initiative et nous saluons la présence des communautés qui sont bénéficiaires, acteurs et qui sont au coeur de la mise en oeuvre de la convention du patrimoine mondial pour laquelle aujourd’hui, on donne une place importante aux communautés pour ce qu’elles ont été pour ces aires protégées pour qu’elles soient comme une richesse et pour ce qu’elles seront aujourd’hui et demain en terme de gestion, conservation et gouvernance de ces aires protégées. Cet atelier part du travail que le MINFOF a mené déjà au niveau du parc national de Lobeke qui est la composante camerounaise de la tri-nationale de la Sangha qui est aussi un site naturel du patrimoine mondial, où il y’a eu cette initiative après un processus très consultatif et qui a aboutit déjà à une initiative de concertation avec Asbabuk>>.

Le conservateur de la réserve de faune du Dja, Monsieur Endezoumou Bertrand Georges a présenté les aspects techniques de ces assisses: << il sera question de prendre connaissance de la structuration de l’association ASBABUK qui a déjà été mis en place par le MINFOF et le MINAS. Il sera également question de voir les expériences qui ont réussies dans d’autres sites, de présenter la Structuration qu’on a déjà faite à travers certaines études qui ont permis d’identifier les différents sites occupés par les différents peuples autochtones et de faire une feuille de route qui va permettre de suivre ce processus de bout en bout jusqu’à la fin pour l’élaboration du mémorandum qui sera signé entre les populations autochtones dans les paysages de la réserve de faune du Dja, le MINAS et le MINFOF>>.

Cerys Nyangono, fils Baka, Étudiant à l’Université de Yaoundé 2, président de l’association des jeunes peuples autochtones du Cameroun. << Mes attentes au termes de cet atelier sont: l’organisation normale et transparente de la mise sur pied d’un MUO avec le MINFOF qui va constituer une association qui va gérer ce mémorandum pour la préservation des droits des populations autochtones au niveau de la réserve du Dja. Comme vous le savez, la réserve fait partie du patrimoine de l’Etat, et il s’est avéré qu’avant la réserve il y’a les communautés riveraines et surtout autochtones qui ont perdus et comment es ce qu’on peut reconnaître leurs droits. Et plaider pour que l’État nous accorde une petite partie pour notre accès aux ressources>>.

En guise de rappel, l’Association Sanguia Baka Buma’a Kpode, est une association autochtone baka basée au Cameroun qui vise à défendre les droits et les intérêts des communautés autochtones Baka. Fondée en 2010, elle a obtenu en 2019 un mémorandum d’entente (révisé en 2023) avec le Ministère des Forêts et de la Faune du Cameroun, leur accordant un accès aux zones protégées pour leurs activités traditionnelles. L’association soutient également la scolarisation des enfants Baka et les aide à obtenir leurs actes de naissance. 

By Suzanne Maah

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