Éditorial du 29 novembre 2025 signé par le Capitaine de Vaisseau Cyrille Atonfack Guemo, DIVCOM-MINDEF.
Les succédanés camerounais de certaines agitations saisonnières semblent se nourrir d’une schizophrénie particulièrement morbide des fondements de la vitalité de notre société. Un peu comme si quelque part, au tréfonds d’esprits obscurs et par-dessus tout égoïstes, il existait une sorte d’amertume de voir notre peuple s’atteler vaillamment à la noble tâche de construction de son bonheur.
Ainsi de la profonde haine du savoir qui transparait aussi bien dans les dénominations qu’au travers des mots d’ordre. Boko Haram ou éducation interdite, Dead School, autrement dit école morte, sont ainsi des variantes linguistiques du projet commun aux membres de l’internationale obscurantiste sévissant dans certaines contrées du Cameroun.
La matérialisation de cet état d’aversion névrotique du savoir émancipateur se décline en l’incendie, la destruction des écoles par les terroristes, quand celles-ci ne sont pas transformées en bases de repli. Dans cette entreprise visant à rayer de la carte la fontaine de la science, les aspirants à l’élévation morale et intellectuelle sont torturés, mutilés et trucidés sur le chemin de l’école, et jusque dans les salles de classe. L’on en est même venu à faire exploser des bombes dans les amphithéâtres, dans la recherche manifestement désespérée du carnage qui pourrait enfin sonner le tocsin de la fréquentation des temples du savoir.
Un combat perdu longtemps à l’avance, car portant atteinte à notre jeunesse, dans son intangible essence nourrie de la soif de l’épanouissement par la connaissance. Et même si quelques esprits mal tournés pouvaient se laisser tenter par de tels errements, reste qu’il est humainement impossible d’éteindre en notre jeunesse, ce désir de curiosité qui l’anime, cette ardente quête de l’âme en perpétuel renouvellement.
À l’appui de cette inclination toute naturelle à la compréhension de la disposition des constituants matériels et immatériels de l’univers qui l’entoure, la jeunesse camerounaise est consciente de ce que son épanouissement est tributaire de sa capacité à découvrir, inventer, innover et décider, toutes aptitudes ne s’acquérant que par une fréquentation assidue de l’école, toutes préoccupations dont voudraient la dispenser les révolutionnaires du dogme rétrograde.
Ceux-là qui proposent les ténèbres en lieu et place de la lumière, la violence, le désordre et la dissension plutôt que le calme, l’ordre et la paix, l’ignorance à la place de la connaissance, l’abrutissement au lieu de l’épanouissement.
Et comme si ce projet rétrograde ne suffisait pas, comme si les abysses de l’absurdité n’avaient pas encore été atteintes, voici que l’on proclame à tout va des journées villes mortes. Une bien curieuse manière de répondre aux besoins existentiels de nos populations, laborieuses par nature, et conscientes des vertus du travail qui dit-on, éloigne de nous les maux que sont, le vice, l’ennui et le besoin.
Mais au fait, est-il seulement besoin d’épiloguer sur ce malheureux travestissement de la réalité ? Est-il seulement besoin de se demander par quelle alchimie l’on va assurer la prospérité d’un peuple que l’on encourage au suicide ? Ou alors, sommes-nous prêts à laisser mourir nos villes, en nous laissant mourir nous-mêmes ?
Assurément non ! Nous aspirons à la vie, à une meilleure vie certes, mais par notre savoir et par nos efforts.
Alors, sachons rester vigilants !!!
Sachons rester patriotes !!!
Sachons vivre vivants !!!