Étant donné que la gastronomie est importante et participe à la diversité touristique, l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a procédé à une sélection de quatorze (14) mets emblématiques représentant les quatre (04) aires culturelles du Cameroun.
Une initiative qui a pour but de mobiliser les acteurs autour d’une meilleure planification et coordination afin de maximiser les bénéfices culturels, économiques, et touristiques pour les peuples du Cameroun et de la zone CEMAC.
En prélude au festival qui se déroule du 12 au 15 mai à Léré au Tchad à l’effet d’étendre les actions du peuple Moundang dans la Zone CEMAC, sous le contrôle de Sa Majesté Dr TAYBE NGABA, promoteur du festival FII Moundang, une démonstration pour cuire le Naa Ngouo iéé a été présenté le 04 mai 2025 à Yaoundé par une restauratrice du Resto-Gastro-Bio.

Ce plat typique du Cameroun peut marquer un tournant dans la consolidation des liens entre les peuples d’Afrique centrale et ouvrir la voie à une intégration plus profonde et plus durable. Il s’agit d’un plat local qui comporte plusieurs vertus remplies d’aliments riches en protéines. Le Naa Ngouo ièè se fait à base du gombo, le haricot blanc (iéé), légumes (Ngouo iéé), les aubergines, l’eau, un peu de sel, de shiètemi (potasse issu du filtrage de la cendre des tiges de maïs ou des cendres de bois spécifiques. Comme accompagnement, le couscous fait à base de la farine de mil (rouge, blanc, jaune), de maïs ou de riz, et du bilibili comme apéritif.
Réactions

S.M Dr TAYBE NGABA, promoteur du Tour des festivals du Cameroun et de la Cemac explique: « Ce festival participe à la diversité touristique. C’est ce mets que nous allons réaliser au Tchad dans le cadre du tour de Festival de la CEMAC. Nous allons dans l’aire culturelle soudano-sahelienne où 03 de nos mets font partir des 14 mets choisi par l’OMPI à savoir: le kilishi, le Mbokkobe ngniere et le Naa Ngouo iéé. Pour cela, nous pensons que c’est l’occasion idoine de pouvoir faire la promotion de ce mets là parmi les 14 mets emblématiques que le Cameroun est en train de faire la promotion avec l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle. C’est un met emblématique du terroir Moundang parce que les hommes le mangent par rapport à leur environnement et l’environnement du terroir mundang a offert la culture du petit haricot blanc qu’on appelle Niebe et en Moundang Hié. Le Naa Ngouo iéé est la principale ration au niveau de la culture Moundang et nous l’appelons souvent la viande parce qu’elle est riche en protéines. C’est la viande des mundang, c’est comme ça que nos voisins nous taquinent en l’appelant ainsi, c’est le plat principal du peuple Moundang parmi tant d’autres ».

Christine BIKAI, Touriste, PDG de destination-Cameroun.Com
« On a assisté à une dégustation traditionnelle faite par la maman du nord (maman Fanta), qui nous a fait les étapes essentielles pour déguster le mil rouge à la façon artisanale, cuisiné avec des produits locaux Bio et naturels. Je pense qu’on a besoin de manger des produits naturels. Il y avait du gombo, des aubergines, du haricot. En faite on a assisté à un met typique. je pense qu’il devrait être en l’avenir un met principal pour les mets présentés dans ce festival à l’avenir. Si les gens mangent les produits locaux, on fera tous attention à notre corps. Alors, essayons de faire avancer les choses dans ce sens là. Et prochainement avec mes touristes, on va les faire goûter ce genre de produit au ” Resto Gastro Bio”. Je me bats tout le temps pour la promotion du tourisme camerounais et monsieur le Ministre du Tourisme et des loisirs le soutien dans ce projet là. Je vais me battre pour valoriser ce genre de produit. Mon concept quand je viens au Cameroun avec mes touristes, est de leur faire toujours mangé les produits locaux ».

Selon la restauratrice Fanta TOUROU Jacqueline, quand on parle de Naa Ngouo iéé, on a le haricot lui même, les feuilles du haricot et c’est tout cela qui constitue la forte valeur ajoutée de ce mets là par rapport à la forte valeur qu’elle contient. Ce plat cuit dans une sauce crémeuse et peut être consommer par divers accompagnement (couscous de riz, mil, riz…). La cuisson se fait en 60 minutes
Pour finir, la dégustation s’accompagne des battements du Bouloum qui signifie tam-tam en langue Moundang, Dêê-Bouloum (danse Moundang) et tout ceci rythmé par une Maleing appelée en français chanteuse.
L’objectif du promoteur vise à promouvoir l’intégration sous-régionale par la culture; mettre en avant la richesse culturelle des peuples de la CEMAC à travers une série de festivals; renforcer la visibilité et la portée des festivals et foires socioculturels et socioéconomiques au Cameroun et dans la zone CEMAC à travers une meilleure planification; créer un calendrier cohérent des manifestations pour éviter les chevauchements et maximiser la participation des acteurs; soutenir l’intégration nationale et sous-régionale en favorisant l’émergence d’une véritable dynamique d’échanges culturels et économiques à travers les festivals; valoriser le patrimoine culturel matériel et immatériel des peuples d’Afrique centrale en renforçant leur participation active dans les événements; contribuer au développement économique et touristique des régions concernées en mobilisant l’expertise nécessaire pour attirer des acteurs économiques locaux, régionaux, et internationaux; faciliter la mobilisation des ressources techniques, financières et logistiques nécessaires à l’organisation et à la pérennisation des manifestations socioculturelles.

En somme, le projet « TOUR DES FESTIVALS DE LA CEMAC » vise donc à créer un cadre de réflexion et de collaboration entre les différents organisateurs, autorités, experts, et autres parties prenantes afin de renforcer l’impact de ces événements transfrontaliers dans une dynamique de renforcement de l’intégration dans la zone CEMAC.
Suzanne Maah