Éditorial du 14 février 2026 signé pour le Capitaine de Vaisseau Cyrille Atonfack Guemo, DIVCOM-MINDEF

Depuis le temps que l’on attend de les entendre. Depuis le temps que l’on espère d’enfin entendre résonner les bruyantes trompettes de la dénonciation. Depuis le temps que l’on s’impatiente de les voir porter à la connaissance du monde, les indicibles atrocités subies par nos populations. Jusqu’ici rien. Encore et toujours rien. Sauf une absence envahissante. Sauf un silence tonitruant.
Nos chères Organisations non gouvernementales de défense des Droits de l’Homme semblent s’être volatilisées.
Le fait serait un épiphénomène que l’on pourrait comprendre. Mais l’on constate comme une constance, une récurrence, une systématisation de l’évanescence de nos ardents prosélytes droits de l’hommistes, toutes les fois que nos paisibles populations des Régions administratives du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, sont humanitairement fusillées, égorgées, torturées et suppliciées, par des individus que d’aucuns s’acharnent encore à désigner du noble nom de séparatistes. Ceci à l’opposé des promptes indignations, dénonciations et accusations tonitruantes, à la moindre plainte d’un membre de certaines galaxies de contournement de la loi et de cisaillement de bonnes mœurs, pourtant interdites de séjour par la loi.
Les tragiques événements de ces derniers mois en disent long, sur les désespérantes absences et les éloquents silences de la galaxie défenseuse des droits de l’homme. Nous citerons le massacre du village Gidado, dans lequel une quinzaine d’enfants et des personnes âgées ont été froidement exécutés, sur le seul soupçon de leur fidélité aux Institutions républicaines. Nous prendrons la toute aussi récente fusillade survenue dans la zone universitaire de Bambili, dans le seul but de perturber le processus des évaluations académiques alors en cours.
Nous prendrons enfin, la tuerie de ce mardi 10 février 2026 à Ntumbaw, justifiée par des desseins d’extorsion et de rapine.
Aucun de ces drames, aucune de ces mortelles exactions n’aura réussi à émouvoir nos chères ONG. Elles ne sauraient pourtant prétexter une quelconque absence. Leurs agences sont effectivement ouvertes et fonctionnelles au quotidien, et même leurs personnels écument les bureaux des services administratifs, usant et abusant bien souvent, de leur qualité de défenseurs des Droits de l’Homme. Nos ONG ne sauraient non plus évoquer un quelconque manque d’informations. C’est à loisir que l’engeance terroriste inonde les canaux de distribution d’images et de discours de leurs exploits.
Mais alors, de quoi les Droits de l’Homme sont-ils le nom ? Dit autrement, pour qui sont les Droits de l’Homme d’universelle autorité ? Nos populations massacrées, violées, violentées et dépouillées par le terrorisme de commande y auraient-elles aussi droit ? Ou alors, la protection de l’individu par les Droits de l’Homme ne serait-elle réservée qu’aux personnes et entités capables de supporter les charges pécuniaires qui en découlent ? C’est pourtant ce qui semble être le cas. En toute logique, dirait quelqu’un.
Car n’oublions pas que les Organisations non gouvernementales, sont censées ne rien recevoir d’aucun gouvernement, en termes d’aides ou de financements. Nécessité faisant loi, et dans l’obligation de se procurer des ressources par d’autres moyens, ne pourraient-elles pas être amenées à n’offrir leurs offices qu’à des bienfaiteurs pas toujours désintéressés ? Pire, les ONG ne seraient-elles pas sous l’influence, ou carrément détenues par des entités dont les activités interlopes requièrent de passer inaperçues, quitte à couvrir d’une chape de silence, les pires outrages aux Droits de l’Homme ? Voici qui transpire le parjure. De là à supposer que les ONG auraient vendu leur âme au diable, il n’y qu’un pas, que nous ne franchirons pas.
Mais en attendant de trouver des réponses convenables à ces quelques interrogations, convenons tous que ces absences étranges et ces silences sélectifs des Organisations non gouvernementales de Défense des Droits de l’Homme, sont plus que suspects.
Sachons rester patriotes,
Sachons rester vigilants. /-