À l’occasion de la Journée internationale des familles, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun tire la sonnette d’alarme sur les violences intra-familiales, la fragmentation des familles et la corruption et exhorte l’État et tous les acteurs, à renforcer des politiques publiques intégrées pour garantir l’égalité des chances à chaque enfant.
C’est ce qu’on retient de la déclaration de la CDHC rendue publique ce 15 mai 2026 par son Président Pr James Mouangue Kobila, à l’effet de protéger la famille. Le thème choisi étant << Familles, inégalités et bien-être des enfants >>, la CDHC rappelle que la famille n’est pas un slogan, mais une obligation constitutionnelle et une condition essentielle pour atteindre les ODD et assurer l’avenir des enfants. D’où la CDHC salue le thème retenu par l’ONU pour cette édition. Un thème qui met en lumière l’impact des inégalités croissantes sur la cohésion familiale et sur les perspectives de développement des enfants.
La Commission rappelle que dès les années 1980, l’ONU a érigé la famille en pilier du développement social. Cela a conduit à la proclamation de l’Année internationale de la famille en 1994, puis à l’institution de la Journée internationale des familles le 15 mai, par la résolution 47/237 de l’Assemblée générale du 20 septembre 1993.
Une obligation constitutionnelle
La CDHC souligne que le préambule de la Constitution du 18 janvier 1996 dispose que la Nation protège et promeut la famille, base naturelle de la société humaine. Cette disposition engage l’État, les collectivités territoriales décentralisées, les chefferies traditionnelles, les partis politiques, la société civile et chaque parent. Elle rappelle aussi ses actions de terrain, notamment l’atelier du 6 et 7 août 2025 à Ébolowa avec l’association Wake Up Ladies et l’AVAF sur Le rôle des hommes dans la protection contre les VBG_avec pour but de sensibiliser les hommes à adopter des comportements responsables pour l’équilibre et la stabilité des familles.
Violences, déplacements et corruption : les alertes de la CDHC
La Commission exprime une vive préoccupation face à l’aggravation des violences intra-familiales notamment physiques, sexuelles, psychologiques et économiques, avec une recrudescence des violences sexuelles sur mineurs, des infanticides, des féminicides et des violences conjugales d’une extrême brutalité; la fragmentation des familles, due aux déplacements forcés, aux migrations irrégulières et à l’exode rural, qui affaiblit le soutien parental et fragilise le bien-être émotionnel des enfants; les conflits en Afrique où des centaines de millions d’enfants vivent dans des zones de conflit ou sur des routes migratoires dangereuses, exposés à la violence, à la traite et à l’exploitation; la corruption, frein systémique qui limite l’accès équitable à l’école, à la santé et à l’état civil, et détourne les ressources destinées à la protection des familles.
Recommandations et suivi de l’EPU
Sur les 220 recommandations acceptées par le Cameroun lors du 4e cycle de l’Examen périodique universel le 26 mars 2024, 13 portent directement sur la thématique de la Journée. La CDHC les a transmises aux administrations concernées, aux organisations internationales et aux OSC.
Pour lutter contre la corruption qui entrave les droits liés à la vie familiale, la Commission recommande aux administrations concernées à savoir : la CONAC, en collaboration avec le MINEDUB, le MINSANTÉ, le MINESEC, le MINDDEVEL et les comités de gestion locaux, de mettre en place un mécanisme de contrôle citoyen de proximité dans les services sociaux de base. Elle préconise aussi un dispositif simplifié de collecte et de suivi des plaintes liées à la corruption affectant le mariage et la parentalité.
By Suzanne Maah