À l’occasion de la 25e édition de la Journée Mondiale des Réfugiés, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun en abrégé CDHC a rendu publique sa déclaration. Un thème fort retenu par l’ONU : « Jusqu’à ce que chacun soit en sécurité »
Un thème qui engage tous les acteurs
La CDHC rappelle que le 20 juin est célébré depuis 2001, suite à la résolution A/RES/55/76 de l’ONU. L’Afrique célébrait déjà cette journée depuis 1975, après l’entrée en vigueur de la Convention de l’OUA du 20 juin 1974 sur les réfugiés.
Pour 2026, le thème exhorte chaque gouvernement à garantir des systèmes d’asile justes et accessibles. Il appelle les donateurs à maintenir l’aide vitale, les communautés à accueillir, et chacun à défendre que la sécurité ne dépende jamais de la nationalité, de la richesse, de l’origine ethnique, de la religion, du sexe ou du statut migratoire. La protection est pleine quand les personnes exilées vivent sans crainte, reconstruisent leur vie et peuvent rentrer chez elles, en sécurité et dans la dignité.
Saluer les solidarités, dénoncer les dérives
La Commission se réjouit de la distinction décernée par le HCR à Sa Majesté Martin AZIA SODEA, Chef du village Gado Badzere, Région de l’Est. Prix Nansen reçu le 16 décembre 2025 à Genève pour avoir accueilli et accompagné plus de 36 000 réfugiés. Un exemple de courage et d’empathie salué par la CDHC.
Mais l’institution reste préoccupée par 3 points majeurs notamment : la baisse drastique des financements humanitaires : Risque sur la santé, l’éducation, la protection et l’alimentation. La CDHC déplore même le spectacle désolant de volontaires tendant la sébile dans les rues, y compris à Genève pour financer l’aide aux réfugiés. La fraude documentaire et usurpation d’identité : Des réfugiés obtiennent irrégulièrement des papiers nationaux et bénéficient indûment de droits réservés aux Camerounais.
La Corruption, facteur aggravant qui bloque l’accès équitable aux services de base, aux documents, à la justice et à l’aide humanitaire. Elle affaiblit la transparence et la confiance. La CDHC rappelle que sur 220 recommandations acceptées par le Cameroun lors du 4e cycle de l’EPU le 26 mars 2024, neuf sont directement liées aux réfugiés. Elles ont été ventilées aux structures de l’État et aux OSC.
L’institution réitère ses recommandations du 20 juin 2025 aux Forces de défense et de sécurité à l’effet de renforcer les dispositifs sécuritaires dans les camps, investir dans des équipements performants, mieux coordonner les forces et former obligatoirement le personnel au droit international des droits de l’homme, au droit humanitaire et au droit des réfugiés. Priorité : protection des civils, femmes, enfants, prévention des violences sexuelles et usage proportionné de la force.
La CDHC recommande spécifiquement à la DGSN, au BUNEC et au MINAT de renforcer les mécanismes de contrôle, la sécurisation biométrique des pièces d’identité et les sanctions contre la fraude et l’usurpation de nationalité. La Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples le rappelle : nul ne peut être refoulé vers un territoire où sa vie, son intégrité ou sa liberté seraient menacées.
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