L’Annuaire statistique 2025 confirme la montée en puissance des jeunes entrepreneurs et la réorientation des PME vers la transformation. 569 208 unités formelles recensées au Cameroun. L’entrepreneuriat des jeunes s’impose comme moteur de la transformation économique du Cameroun. C’est l’enseignement majeur de l’Annuaire statistique 2025 du Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat MINPMEESA, publié à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 SND30.
Les données 2025 traduisent une dynamique encourageante : le tissu productif national se densifie et la jeunesse s’approprie massivement l’entreprise comme levier d’insertion économique et sociale. Jeunes : 42% des créateurs, une appropriation historique
Le document révèle que 42% des promoteurs de PME créées au Cameroun ont moins de 35 ans. Un chiffre en hausse nette par rapport à 2019 où ils représentaient 36,4%.
Cette progression de 5,6 points en 6 ans confirme une tendance de fond. Les jeunes ne se contentent plus de chercher un emploi. Ils créent des entreprises, innovent et prennent des risques. L’esprit d’initiative devient la nouvelle norme générationnelle.
569 208 unités formelles : le poids écrasant des PME
Au 31 décembre 2025, le Cameroun compte 569 208 unités productives formelles. La structure reste inchangée : 99,9% sont des PME, Organisations de l’Économie Sociale OES et Unités de Production Artisanale UPA. Le stock de PME atteint 472 208 unités. Soit une progression de 6,5% sur un an et un quasi-doublement en 6 ans. L’économie formelle gagne du terrain et se structure autour des petites entreprises.
Les tendances fortes pointées par Achille Bassilekin III
Pour le ministre des PMEESA, l’Annuaire 2025 dessine trois évolutions majeures :

– le renouvellement générationnel du tissu économique. L’entrepreneuriat des jeunes est désormais au cœur du renouvellement. Il apporte digital, agilité et nouveaux modèles d’affaires.
– le virage vers la transformation et la production. Les PME quittent progressivement le commerce et les services pour investir la transformation locale et la production manufacturière. C’est l’effet direct de la politique d’import-substitution et de valorisation des matières premières locales.
– l’informel, un gisement d’emplois à formaliser. Le secteur informel reste un contributeur majeur à l’emploi et à la production. Le Gouvernement mise sur sa structuration progressive pour élargir l’assiette fiscale, améliorer la protection sociale et intégrer plus d’acteurs à l’effort national. Les nouvelles PME, OES et UPA créées en 2025 ont généré près de 90 000 emplois prévisionnels. Plus de 88% de ces emplois sont portés par les seules PME. À cela s’ajoutent les emplois induits par l’accompagnement de la Bourse de Sous-traitance et de Partenariat du Cameroun BSTP et de la Pépinière Nationale Pilote d’Entreprises d’Edéa PNPE. Les dispositifs d’appui confirment leur impact sur le terrain.
Résilience confirmée, cap 2026-2028 sur la valeur ajoutée
Au-delà des statistiques, l’Annuaire 2025 souligne la résilience de l’économie camerounaise. Malgré les tensions logistiques mondiales, l’inflation et les défis sécuritaires, les PME maintiennent leur rôle de moteur de croissance, de transformation structurelle et d’industrialisation.
En vue de la phase de planification 2026-2028, le MINPMEESA annonce trois priorités gouvernementales parmi lesquelles : soutenir les filières à forte valeur ajoutée : agro-industrie, matériaux de construction, cosmétique, pharmacie; accélérer le développement des pôles économiques régionaux pour corriger les déséquilibres territoriaux; intégrer massivement les PME locales dans les chaînes de valeur des grands projets et des multinationales implantées.
L’ambition est de faire des PME, le pilier incontournable de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2030.
By Suzanne Maah