Comment mieux prendre en compte les personnes handicapées dans les saervices de santé, les écoles et les initiatives communautaires ? C’est l’objectif d’une formation organisée à Yaoundé du 26 au 28 octobre 2026 par l’UNICEF, en partenariat avec le ministère des Affaires sociales. Cette rencontre doit préparer le déploiement de formations dans les dix régions dua Cameroun, avec une attention particulière aux enfants et aux femmes handicapés.
Former pour mieux inclure
L’inclusion des personnes handicapées ne doit pas rester un principe affiché. Elle doit se traduire dans les écoles, les centres de santé, les mairies et les actions menées au sein des communautés. C’est dans cette optique que le programme régional Construire la Résilience au Sahel, financé par la Coopération allemande et mis en œuvre par l’UNICEF, renforce les compétences des acteurs de terrain.
Ladite formation se déroule 26 au 28 octobre 2026 à Yaoundé réunissant représentants d’organisations de personnes handicapées et administrations publiques. Il est question d’apprendre à mieux intégrer les besoins et les droits des personnes handicapées dans leurs activités.
Cette formation fait suite à une première rencontre organisée à N’Djamena, au Tchad, en juillet 2026. Elle avait rassemblé une trentaine de participants venus des six pays du programme : le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Avec l’appui du Forum africain des personnes handicapées (ADF), ils avaient été initiés aux droits des personnes handicapées et aux principes de la Convention des Nations unies qui les protège.
49 personnes mobilisées à Yaoundé
Au Cameroun, la session réunit 36 participants et une équipe d’appui de 13 personnes, soit 49 personnes au total.
Parmi les participants figurent quatre formateurs déjà préparés à N’Djamena et 24 représentants d’organisations de personnes handicapées issus des dix régions du pays, dont 13 femmes et 11 hommes. Huit représentants de sept départements ministériels prennent également part aux travaux, notamment ceux chargés des Affaires sociales, de la Santé, de l’Éducation, de la Promotion de la femme et de la Décentralisation.
L’objectif est de rapprocher les associations des personnes handicapées et les services publics afin qu’ils travaillent davantage ensemble. Les participants doivent aussi apprendre à repérer les obstacles qui compliquent l’accès aux services et à proposer des solutions adaptées aux réalités locales.
Pour permettre à chacun de participer, la formation prévoit trois interprètes en langue des signes et neuf accompagnateurs.
Des connaissances aux gestes concrets
Pendant trois jours, les participants abordent les discriminations liées au handicap, les droits fondamentaux et la place des personnes handicapées dans les décisions qui les concernent.
Les échanges portent également sur les moyens de rendre les services plus accessibles, d’adapter l’accueil et de mieux orienter les personnes vers les structures de santé, d’éducation et de protection sociale.
La formation ne se limite pas aux exposés. Les participants doivent préparer et animer des séances en groupe, puis mettre leurs acquis en pratique devant des collègues de l’UNICEF et d’autres agences des Nations unies au Cameroun.
Cette démarche doit leur permettre de transmettre à leur tour les connaissances acquises et de former d’autres acteurs dans leurs régions et leurs communes.
Des formations jusque dans les communes
Après l’étape nationale, le programme prévoit de poursuivre les formations à deux autres niveaux : régional et communal. Le but est de toucher progressivement les personnes qui interviennent directement auprès des populations.
Dans les régions, les formations réuniront des représentants des organisations de personnes handicapées, des services de santé, de l’éducation, de l’action sociale et de la protection. Ils devront identifier les difficultés rencontrées par les personnes handicapées et définir des mesures pour améliorer leur accès aux services.
Dans les communes, les sessions s’adresseront notamment aux maires, aux agents municipaux, aux enseignants, aux personnels de santé, aux travailleurs sociaux et aux relais communautaires.
Ces acteurs seront amenés à reconnaître les obstacles physiques, les préjugés et les difficultés de communication qui peuvent exclure les personnes handicapées. Ils apprendront aussi à mieux orienter les enfants et les adultes vers les services adaptés.
Les premières formations régionales et communales sont prévues en novembre 2026, selon les priorités retenues dans chaque pays.
« Rien sur nous sans nous »
Un principe traverse l’ensemble de cette démarche : les personnes handicapées doivent participer aux décisions qui les concernent. Résumé par la formule « Rien sur nous sans nous », ce principe place les organisations de personnes handicapées au cœur des actions menées en leur faveur.
Leur participation doit contribuer à mieux identifier les besoins, à proposer des solutions réalistes et à veiller à ce que les services publics tiennent compte de toutes les personnes, notamment des enfants et des femmes handicapés.
Au terme de la session de Yaoundé, les organisateurs attendent un groupe élargi de formateurs, des supports adaptés au contexte camerounais et un calendrier pour la suite des formations. Chaque formateur devra s’engager à conduire au moins une session régionale ou communale dans les six mois.
Le défi : changer les pratiques sur le terrain
Former des acteurs est une première étape. Le véritable enjeu sera de vérifier si ces connaissances se traduisent par un meilleur accueil dans les services publics, une participation accrue des personnes handicapées aux décisions locales et un accès plus facile à la santé, à l’éducation et à la protection sociale.
En misant sur la formation et la collaboration entre associations et administrations, le programme Construire la Résilience au Sahel entend faire progresser une idée simple : aucune action de développement ni aucun effort de résilience ne peut être pleinement efficace si une partie de la population reste à l’écart.
Réactions
Madame Ndengho maurine, Directeur de la Protection Sociale des personnes handicapées et des personnes âgées au MINAS. Le présent atelier s’inscrit donc en droite ligne de la politique d’inclusion sociale du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, qui place l’homme au cœur de tout processus de développement. C’est pourquoi nous remercions notre partenaire par excellence, I’UNICEF, qui est toujours à nos côtés pour améliorer l’inclusion, pour aider les enfants handicapés à jouir pleinement de leurs droits comme les autres enfants. Nous comptons sur vous pour prendre cet exercice très au sérieux. Vous allez être des formateurs, donc si vous n’ouvrez pas grand vos oreilles, si vous ne vous rendez pas disponibles pour comprendre et suivre ce que vous allez apprendre ici, vous ne pourrez pas non plus le transmettre aux autres le moment venu.
Nadine Perrault, Représentant UNICEF-Cameoun, cette formation permet de nous assurer que ces personnes qui sont en première ligne, qui doivent délivrer les services, aient cette sensibilité aussi et comprennent bien que leur action a un impact sur la réalisation des droits des enfants qui vivent avec un handicap ou des personnes qui vivent avec un handicap. Parce que dans leur décision d’inclure ou d’exclure, ils sont en train de violer des droits.
Voilà pourquoi cette formation s’adresse aux personnes qui sont en première ligne, mais nous avons choisi aussi de travailler avec les organisations de personnes qui vivent avec un handicap. Ce sont des organisations concernées et les personnes elles-mêmes qui vivent avec un handicap, parce que nous savons qu’elles sont beaucoup plus sensibles. Donc ça va être une formation en cascade. Premièrement, les formateurs et les formatrices qui sont ici et qui vont continuer à former les autres. Et qui sont soit dans les centres de santé, soit dans les centres d’enregistrement des naissances, soit aussi dans les écoles, pour que vraiment on ne puisse laisser aucun enfant derrière.
Suzanne Maah