Le Ministre Paul Atanga Nji et les autorités administratives de la région du Centre entendent renforcer la lutte contre la criminalité, les féminicides, le trafic de stupéfiants et les dérives observées dans le secteur des moto-taxis. Une riposte coordonnée avec les forces de maintien de l’ordre et une responsabilisation accrue des acteurs du transport urbain sont annoncées. Le calme qui prévaut globalement dans la région du Centre ne saurait occulter les défis sécuritaires auxquels les populations demeurent confrontées.
C’est le principal constat dressé ce 26 octobre 2026 au cours de la réunion de sécurité présidée par le Ministre de l’Administration Territoriale avec pour objectif d’évaluer la situation sécuritaire, politique, économique et sociale, et de rendre compte au président de la République, Paul Biya, de l’état des lieux dans la région, avec une attention particulière portée au département du Mfoundi, siège des institutions de la République.
Dans son propos liminaire, le MINAT a énuméré plusieurs phénomènes préoccupants dans les différents départements de la région. Il s’agit notamment de la légère hausse de la criminalité interurbaine, de la récurrence des féminicides, des agressions dans les taxis et les domiciles, des vols à main armée, des braquages en bande organisée et des assassinats ciblés.
À ces menaces s’ajoutent la circulation préoccupante des stupéfiants et des substances nocives, notamment le cannabis, la cocaïne, l’héroïne et le tramol, jusque dans les milieux scolaires. Les accidents mortels impliquant les moto-taxis, les agressions de passagers et de véhicules, ainsi que les actes de vindicte populaire attribués à certains groupes organisés du secteur, figurent également parmi les préoccupations majeures des autorités.
Face à cette situation, le message du Ministre Paul Atanga Nji est sans équivoque : la protection des personnes et des biens demeure une mission fondamentale de l’État, qui exige davantage de rigueur, de vigilance et de détermination.

Une riposte sécuritaire renforcée
Le membre du Gouvernement a ainsi salué les résultats obtenus ces derniers temps par la police et la gendarmerie, notamment le démantèlement de plusieurs gangs spécialisés dans les vols à main armée, les vols de véhicules, les agressions dans les taxis et les domiciles, le trafic de drogue et les enlèvements.
Ces résultats, attribués à la promptitude d’intervention et au professionnalisme des forces de maintien de l’ordre, constituent un motif d’encouragement.
Toutefois, les autorités entendent aller plus loin, à travers une coordination renforcée des opérations sous la conduite des autorités administratives.
L’objectif est de poursuivre sans relâche les auteurs présumés d’actes criminels, de démanteler les réseaux organisés et de les mettre à la disposition de la justice, dans le respect des procédures légales.
Dans cette dynamique, les populations sont appelées à collaborer davantage avec les forces de maintien de l’ordre. Les autorités insistent sur la nécessité de signaler les comportements suspects et de contribuer à priver les délinquants de tout refuge au sein des communautés.
Moto-taxis : l’identification des conducteurs au cœur du dispositif
Le secteur des moto-taxis occupe une place centrale dans les préoccupations sécuritaires exprimées au cours de cette réunion. S’il constitue une source importante de revenus et un maillon essentiel de la mobilité urbaine, il est également confronté à des difficultés liées à l’identification des conducteurs, à l’insécurité routière et aux comportements de certains acteurs.
Selon les données communiquées lors de la rencontre, le processus d’identification des conducteurs engagé depuis 2023 n’a enregistré qu’un taux de participation volontaire de 30 %. Un bilan jugé insuffisant par les autorités, qui entendent désormais accentuer la pression sur les acteurs qui ne se conforment pas aux dispositions en vigueur.
Une réunion spécifique avec les responsables du secteur et les syndicats est prévue dans les prochaines heures et doit permettre de rappeler leurs obligations et de définir les mesures nécessaires pour améliorer l’encadrement de cette activité.
Le principe défendu par le MINAT est clair, tout conducteur exerçant dans l’illégalité devra se mettre en conformité avec la réglementation applicable, sous peine de sanctions prévues par les textes.

La vente de motos désormais dans le viseur
Au-delà des conducteurs, les importateurs et les vendeurs de motos sont également appelés à prendre leurs responsabilités dans la lutte contre la grande criminalité. Les autorités entendent notamment renforcer la traçabilité des engins, afin de faciliter l’identification de leurs propriétaires et de leurs utilisateurs.
Dans cette perspective, l’interdiction de vendre une moto sans plaque d’immatriculation a été annoncée au cours de la réunion. Les vendeurs qui contreviendraient à cette mesure s’exposeraient, selon les déclarations faites, à la fermeture de leurs boutiques et à d’éventuelles poursuites pour complicité, sous réserve de l’établissement des infractions et du respect des procédures légales.
Cette orientation s’inscrit dans une volonté de responsabiliser l’ensemble de la chaîne, depuis l’importation jusqu’à l’exploitation quotidienne des motos, en passant par leur commercialisation.
Les propriétaires et conducteurs de taxis sont, eux aussi, invités à respecter scrupuleusement les mesures d’identification et d’encadrement annoncées par les autorités compétentes, dans le prolongement de l’initiative portée par le maire de la ville de Yaoundé.
La sécurité, une responsabilité collective
Au terme de cette réunion, les autorités administratives affichent leur détermination à préserver le calme dans la région du Centre et à répondre aux préoccupations des populations. La lutte contre la criminalité ne saurait cependant reposer uniquement sur l’action des forces de maintien de l’ordre.
Elle exige également la coopération des citoyens, la responsabilisation des syndicats, l’implication des opérateurs économiques et le respect des règles par les professionnels du transport.
L’enjeu est désormais de transformer les orientations annoncées en résultats concrets : réduire les agressions, prévenir les féminicides, freiner la circulation des stupéfiants, limiter les accidents mortels et démanteler les réseaux criminels.
Dans une région stratégique comme le Centre, et particulièrement dans le Mfoundi, où se concentrent les principales institutions du pays, le maintien de la sécurité demeure un impératif majeur. Les autorités entendent ainsi faire de la vigilance collective, de la coordination opérationnelle et du respect de la réglementation les principaux leviers d’une réponse durable à l’insécurité.
Suzanne Maah