La première édition de la semaine mondiale de l’éducation artistique et culturelle se tient du 25 au 31 mai 2026. Une initiative qui s’inscrit dans le sillage de la 43e session de la Conférence générale de l’UNESCO (novembre 2025) et placée sous le thème : « «L’éducation culturelle et artistique pour une paix durable ».

À cet effet, le Bureau Régional de l’UNESCO pour l’Afrique Centrale a servi de cadre le 25 mai dernier pour une Conférence régionale hybride, une plateforme stratégique de haut niveau pour les dix pays de la sous-région. L’objectif vise à ériger les pratiques artistiques et le patrimoine culturel en leviers opérationnels de résilience, de diplomatie culturelle et de prévention des conflits, au service d’une stabilité durable dans l’espace communautaire.

Cette rencontre co-organisée par la Commission Nationale du Cameroun pour l’UNESCO et le Bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique Centrale a réuni les autorités nationales et les partenaires stratégiques des secteurs de la culture et de l’éducation parmi lesquels: les Institutionnels des Ministères (Culture, Éducation, Affaires Sociales etc.) des 10 pays membres, la Communauté Économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), les représentants de l’UNESCO et les Organisations de la société civile spécialisées en médiation culturelle, protection de l’enfance et  valorisation.

Il est question d’impulser une synergie sous-régionale pour l’opérationnalisation du nouveau Cadre de l’UNESCO, en érigeant l’éducation culturelle et artistique en pilier stratégique de la paix et du développement durable. Les échanges qui ont duré des heures, ont permis aux différents participants de clarifier les piliers du Cadre de l’UNESCO pour l’éducation culturelle et artistique, ainsi que son adaptation au contexte de l’Afrique centrale ; de dresser un état des lieux de la mise en œuvre du cadre dans les 10 pays de la sous-région ; de valoriser l’expertise locale notamment partager les « Success Stories » en ingénierie pédagogique et en médiation culturelle dans les zones de crise et de Promouvoir l’intégration des écosystèmes culturels dans les politiques publiques nationales.

Dans son discours d’ouverture, le représentant du Directeur du Bureau Régional de l’UNESCO pour l’Afrique Centrale a salué l’engagement de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale [CEEAC] et de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale [CEMAC] dans la promotion des politiques culturelles et éducatives cohérentes et inclusives. « Notre sous-région possède un patrimoine culturel exceptionnel, une diversité linguistique remarquable et une créativité artistique immense. Mais elle reste confrontée à des défis sécuritaires, sociaux et éducatifs qui fragilisent la cohésion sociale », a-t-il souligné.

Pour l’UNESCO, l’éducation culturelle et artistique est un outil puissant de dialogue interculturel, de prévention des conflits et de reconstruction du lien social. Elle favorise l’expression citoyenne, renforce le sentiment d’appartenance et transmet des valeurs de tolérance, de respect mutuel et de solidarité.

En 2024, lors de la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’éducation culturelle et artistique à Abu Dhabi, les États membres ont adopté la Feuille de route de l’UNESCO pour l’éducation artistique et culturelle ». Elle remplace le précédent « Agenda de Séoul de 2010. L’idée est claire, faire de l’éducation artistique et culturelle un composant central et obligatoire de l’éducation, pas juste une activité annexe. L’UNESCO part du constat que l’art et la culture développent la créativité, l’esprit critique, l’empathie et la compréhension interculturelle.

Trois axes majeurs ont été identifiés comme piliers à savoir: Garantir que tous les élèves, quel que soit leur milieu, aient accès à des expériences artistiques et culturelles de qualité à l’école ; Former les enseignants, actualiser les programmes, intégrer les pratiques artistiques locales et contemporaines, et utiliser le numérique ; Renforcer la coopération entre l’école, les institutions culturelles, les artistes, et les collectivités. Encourager le financement et l’évaluation des politiques.

Réactions

HOPE Belinga, Fondatrice de HADEV Healing Arts for Development

Nous parlons de l’enseignement des arts en milieu scolaire, et cela implique des matières telles que la musique, le théâtre, le cinéma, la peinture et le dessin. Toutes ces matières font déjà partie de notre système culturel camerounais. Il existe des programmes officiels que les écoles doivent utiliser. Mais malheureusement, toutes les écoles n’appliquent pas et n’enseignent pas ces matières. Nous sommes donc ici pour voir comment promouvoir l’enseignement de l’éducation artistique et culturelle. L’UNESCO a mis en place en 2024 un cadre de référence pour l’éducation artistique et culturelle. C’est dans ce cadre que nous sommes réunis pour examiner ensemble où en est le Cameroun dans la mise en œuvre de cette feuille de route. Jusqu’où le Cameroun a-t-il déjà implémenté cette feuille de route ? Quels sont les défis ? Quelles sont les innovations que nous pouvons apporter pour l’améliorer ? Nous espérons qu’à l’issue de cette conférence, qui se tient pendant la toute première Semaine mondiale de l’éducation artistique et culturelle, qui sera désormais célébrée chaque année : que l’enseignement de l’éducation artistique et culturelle soit pris au sérieux par les acteurs de l’éducation, que les manuels officiels soient améliorés et que les méthodes d’enseignement soient également améliorées.

Dr Carole KAYUM FOKOUE, Chargée de l’éducation culturelle et artistique au bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique Centrale.

Ils étaient tous là, ils ont répondu à l’appel pour la paix et nous en sommes très heureux”.
C’est l’occasion pour le bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale de dire déjà merci à notre partenaire de toujours, la Commission nationale du Cameroun pour l’UNESCO. Ils ont mis les petits plats dans les grands pour pouvoir organiser cet événement au Cameroun. Et au-delà de la conférence, il y a des activités dans les écoles. Nous avons des écoles à Ngoulemakong qui vont organiser des caravanes pour la paix. Pendant ces caravanes-là, nous aurons donc des activités socioculturelles, artistiques et sportives. Il y aura aussi le renforcement des capacités des encadreurs de ces activités dans ces écoles. Et aussi, nous avons le Programme pluriannuel de résilience pour le Cameroun qui a soutenu cette activité et qui soutient encore cette activité. C’est pour cela que nous organisons aussi, dans des écoles ciblées par ce programme, des centres de formation tels que le SAR SM d’okola, le CMPJ de Yaoundé 4e, et plusieurs établissements du MINEDUB et du MINESEC. À partir de demain, ces caravanes seront organisées dans ces établissements afin de voir ces enfants pratiquer, montrer leur savoir-faire, leur savoir-être en matière d’éducation culturelle et artistique.

By Suzanne Maah

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