La fin de l’évolution « en rangs dispersés » est actée. Portés par l’élan de la Déclaration de Léré de mai 2025, les Moundang du Cameroun franchissent une étape décisive vers l’unité culturelle. Les assises de Kaélé consacrent la fusion des mouvements associatifs et ouvrent la voie à un cadre transnational avec le Tchad et le Nigéria. Dr TAYBE NGABA désigné leader.

Un tournant historique pour la communauté Moundang.
Réunis en assises unificatrices les 22 et 23 avril 2026 à Kaélé, dans le Mayo-Kani, les fils et filles Moundang du Cameroun ont décidé de fusionner toutes leurs associations. Objectif principal, parler désormais d’une seule voix. La présidence de cette nouvelle plateforme fédératrice a été confiée au Dr. TAYBE NGABA, promoteur du premier Tour des Festivals de la CEMAC.
Avril 2026 marque l’accélération.
Le 18 avril, N’Djamena a accueilli l’Assemblée Générale Extraordinaire de l’Association TAIKI avec pour résultat, l’adoption d’un texte fondateur et formulation d’une position officielle de la communauté moundang du Tchad.
Quatre jours plus tard, Kaélé prend le relais. Ouvertes à toutes les filles et fils Moundang, les assises côté Cameroun avaient un double objectif : formuler une posture juridique et institutionnelle officielle de la communauté Moundang du Cameroun, et poser les premières pierres d’un mouvement transnational structuré, inclusif et durable.L’unité culturelle du peuple Moundang ne connaît plus de frontières. Dans le même sillage de la Déclaration de Léré en mai 2025 et de l’AG de l’Association TAIKI à N’Djamena le 18 avril dernier, les assises tenues du 22 au 23 avril 2026 à Kaélé viennent parachever l’architecture institutionnelle côté camerounais, avec pour objectif de bâtir un mouvement transnational structuré, du Tchad au Nigéria, en passant par le Cameroun.
Des rives du lac Léré au Tchad, au cœur du Mayo-Kani, le peuple Moundang écrit une nouvelle page de son histoire.Après le Tchad, le Cameroun vient de franchir une étape majeure vers l’unité culturelle transfrontalière. les fils et filles Moundang du Cameroun ont fusionné toutes leurs associations et porté le Dr TAYBE NGABA à la tête de cette nouvelle voix unique.
Trois pays, un peuple, une voix
La Déclaration de Léré, adoptée au Tchad en mai 2025, avait donné le ton. Les communautés Moundang du Cameroun, du Tchad et du Nigéria s’engagent désormais à consolider leur unité culturelle au-delà des lignes administratives héritées de la colonisation.
La sagesse des Gongs comme boussole
<< L’unité ne se décrète pas, elle se construit, patiemment et courageusement, un pas après l’autre.>> Ce rappel des Gongs, guides traditionnels, a irrigué les travaux de Kaélé. Pas de précipitation : les assises se voulaient « préparatoires et fondatrices ». Il était question d’approfondir la réflexion collective et de définir un chronogramme consensuel pour une unité « pleine et entière », par étapes. Les travaux se sont déroulés dans l’esprit recommandé par les Gongs, les guides traditionnels. Ces derniers avaient « avec clairvoyance, rappelé la nécessité d’une concertation rigoureuse et d’une préparation solide avant toute décision structurante ».

Dr TAYBE NGABA, l’homme du consensus
Le choix du Dr TAYBE NGABA pour diriger la fusion n’a pas été fait au hasard. Figure culturelle reconnue, il est le promoteur du premier Tour des Festivals de la CEMAC. Un profil transfrontalier, taillé pour porter la voix d’une communauté répartie sur trois pays.Dr TAYBE NGABA, trait d’union culturel, symbolise déjà le dialogue culturel transfrontalier. Sa mission est de faire converger les énergies associatives du Cameroun et assurer l’arrimage avec les structures sœurs du Tchad et du Nigéria. Cette fusion met fin à l’évolution en rangs dispersés. Désormais, c’est d’une seule voix que les Moundang du Cameroun entendent peser dans le futur, mouvement transnational inclusif et durable. Au-delà du cas Moundang, cette dynamique interroge l’Afrique Centrale.
« L’heure est à l’engagement. Chaque fille, chaque fils Moundang porte en lui une part de cette responsabilité historique », concluent les résolutions de Kaélé. Un message qui résonne de l’autre côté de la frontière.
Dr TAYBE NGABA dévoile sa feuille de route
Désigné comme porte voix Culturelle Moundang à l’issue des assises de Kaélé, Dr TAYBE NGABA détaille ses responsabilités. Trois axes seront parmis ses priorités majeures notamment : faire vivre les résolutions, rallier les absents, et préparer un festival transnational sous une bannière unique. Le tout dans l’esprit de la Déclaration de Léré.
Pour Dr TAYBE NGABA, l’urgence est triple, il s’agit de rendre le bureau exécutif opérationnel, intégrer les contributions non examinées, et organiser le prochain Festival des Arts et de la Culture Moundang par « une seule et même association reconnue ». Un acte fondateur promis par la Déclaration de Léré. La responsabilité est immédiate, Conduire les activités de l’Union Culturelle Moundang, s’assurer que chaque résolution prise à Kaélé soit suivie d’effets concrets, et veiller à ce que le bureau exécutif soit pleinement opérationnel dans les meilleurs délais. << Notre registre reste ouvert, notre porte aussi. Je veux aller vers ceux qui n’étaient pas là, les écouter, intégrer leur voix. » a-t-il confié.
La responsabilité la plus exaltante est celle « d’œuvrer pour que le Festival des Arts et de la Culture Moundang soit organisé par une communauté Moundang véritablement unie, Cameroun, Tchad, Nigéria, sous une seule et même bannière. << Ce sera notre premier acte collectif en tant que communauté structurée, reconnue et unie. C’est la promesse de Léré, et je suis là pour l’honorer » a indiqué Dr TAYBE.
Pour comprendre le poids de cette feuille de route, il faut revenir à Léré, au Tchad où s’est tenue du 12 au 14 mai 2025, la troisième édition du Festival des Arts et de la Culture Moundang, sous le thème : « Unité et solidarité du peuple Moundang face au défi du développement ».
« Dans un contexte où, chez nous au Cameroun, les associations s’étaient multipliées, un acte fort a été posé par nos leaders Moundang. Ils ont exprimé la volonté de s’unir en s’embrassant et en prêtant serment devant les Gongs, les chefs traditionnels gardiens de la tradition. » a-t-il rappelé. Le tout lors d’une cérémonie présidée par le représentant personnel du Chef de l’État de la République du Tchad.
Le peuple Moundang est Un
La Déclaration de Léré « intervient pour sceller cette unité recouvrée ». Elle rappelle « une chose simple mais essentielle : le peuple Moundang est un. Cette unité se fonde sur tout ce que nous avons en commun et qui nous définit profondément : notre langue, notre histoire millénaire, nos traditions, nos rythmes, nos danses, notre art, notre rapport au sacré, à la nature, aux ancêtres, nos valeurs, notre gastronomie. Tout cela, personne ne peut nous l’enlever. C’est sur ce socle que l’unité doit reposer. Pas sur des étiquettes associatives, pas sur des camps, pas sur des querelles de leadership. Léré nous a rappelé que ce qui nous unit est infiniment plus grand que ce qui nous divise. Ce n’est pas à chacun de choisir un camp, c’est à tous de rejoindre la même maison : la maison Moundang. »
Un seul festival, une seule association
La Déclaration de Léré est claire : « le Festival des Arts et de la Culture Moundang sera organisé par une et une seule association reconnue par l’ensemble du peuple, pour que cette nation soit visible, solide et ouverte à tous ».
By Suzanne Maah