À l’occasion de la 89ᵉ session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), tenue à Dakar du 12 au 21 octobre 2026, la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a présenté son bilan intersessionnel, mettant en lumière les avancées enregistrées et les défis persistants en matière de droits humains.
Des avancées , malgré les devis persistants .
La CDHC a salué plusieurs initiatives, notamment la création d’établissements techniques et professionnels inclusifs et bilingues, la transformation de certains établissements sanitaires en hôpitaux centraux et la mise à jour de la stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.
Sur le plan politique, 252 830 nouveaux électeurs ont été inscrits, portant le fichier électoral provisoire à 8 238 788 personnes au 31 août 2026, dans la perspective des élections législatives et municipales prévues en février 2027.
Toutefois, l’insécurité dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest continue de compromettre la protection des populations et l’accès à l’éducation. Les violences liées aux opérations « villes mortes » ont notamment affecté la rentrée scolaire 2026-2027 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
La Commission s’inquiète également de la persistance des violences faites aux femmes et aux enfants. Selon les données gouvernementales citées dans sa déclaration, 850 enfants ont subi des violences sexuelles ou psychologiques depuis le début de l’année. Environ 4 883 cas de violences basées sur le genre ont été signalés entre janvier et juin 2026, tandis que 73 cas de féminicides ont été recensés entre janvier et septembre.
La consommation de drogues et l’usage nocif de l’alcool chez les jeunes constituent également des préoccupations majeures.
Plus de 500 requêtes enregistrées
Du 1ᵉʳ juin au 13 octobre 2026, la CDHC a enregistré 509 requêtes, dont 429 traitées, et s’est saisie d’office de 131 cas présumés de violations des droits de l’homme.
Dans le cadre de la prévention de la torture, son Mécanisme national a visité la prison centrale de Yaoundé le 25 août 2026, à la suite d’une alerte relative à une épidémie de tuberculose.
La Commission a également adressé, le 13 octobre 2026, des recommandations aux autorités compétentes concernant les préoccupations soulevées par les Témoins de Jéhovah au sujet de la liberté de conscience et de culte.
Par ailleurs, ses actions de sensibilisation contre les violences domestiques et sexuelles se sont poursuivies, avec la promotion de son numéro vert, le 1523.
Une coopération renforcée pour les droits humains
Au cours de la période intersessionnelle, la CDHC a publié neuf déclarations thématiques et participé à plusieurs rencontres nationales et internationales portant notamment sur la prévention de la torture, les droits de l’enfant, les peuples autochtones, la justice environnementale et l’abolition de la peine de mort.
Elle a également organisé, en partenariat avec l’Association francophone des Commissions nationales de droits de l’homme, une table ronde sur le rôle des institutions nationales dans le renforcement des systèmes d’état civil, les 17 et 18 septembre 2026 à Yaoundé.
À travers ces initiatives, la CDHC réaffirme son engagement à renforcer le dialogue avec les autorités et la coopération avec les mécanismes africains et internationaux, en vue de consolider l’État de droit et de garantir le respect effectif des droits et libertés au Cameroun.