À Bandenkop, le réseau électrique national ne rejoint pas encore le village. Plutôt que d’attendre, Lisette Claudia TAME NJAMBE a doté sa nouvelle usine DENKY d’un modèle énergétique autonome, champ solaire et groupe électrogène combinés. Un choix technique qui dépasse largement la seule question de l’alimentation d’une ligne de production.

Une usine sans réseau

À Dengou Bandenkop, avant l’arrivée de DENKY, le réseau électrique national s’arrêtait bien avant les limites du village. Pour beaucoup d’investisseurs, ce constat aurait suffi à rayer le site de la liste des implantations possibles. Une usine agroalimentaire, avec ses lignes de conditionnement, ses chambres de stockage, ses équipements de transformation, a besoin d’une alimentation électrique stable et continue.

Sans réseau, pas d’usine.

C’est l’équation que la plupart des opérateurs industriels appliquent, presque par réflexe, avant même d’étudier un dossier d’implantation.
Lisette Claudia TAME NJAMBE a choisi de renverser cette équation. Plutôt que d’attendre que les infrastructures rejoignent le projet, elle a construit un projet capable de se passer, dès le premier jour, des infrastructures qui manquaient encore.
Le choix de ne pas attendre
Le modèle énergétique de DENKY repose sur deux piliers complémentaires : un champ solaire, dimensionné pour couvrir une part significative des besoins de l’usine, et un groupe électrogène venant sécuriser la continuité de production lors des pics de charge ou des périodes de moindre ensoleillement. Cette combinaison garantit à l’usine une autonomie opérationnelle totale, sans dépendance à un réseau qui n’existait tout simplement pas sur place.
Ce choix, présenté par l’entreprise elle-même comme une conviction plutôt qu’une contrainte technique, s’appuie sur un principe assumé publiquement : chez DENKY, on ne croit pas qu’il faille attendre les infrastructures pour industrialiser un territoire. On croit qu’il faut les créer. La formule, simple en apparence, renverse une hiérarchie que beaucoup de projets industriels camerounais ont subie plutôt que choisie.
« Nous n’attendons pas les infrastructures, nous les créons. »

Quand l’usine appelle la route

L’autonomie énergétique de DENKY ne s’arrête pas à la seule alimentation de ses lignes de production. Elle produit, selon les responsables du site, un effet d’entraînement sur l’ensemble du territoire environnant. La présence d’une installation industrielle fonctionnelle, capable de démontrer une consommation stable et prévisible, constitue un argument concret pour justifier, à moyen terme, l’arrivée de transformateurs électriques, l’amélioration des voies d’accès et le renforcement des services publics dans une zone qui, jusque là, restait à l’écart des grands investissements d’infrastructure.
C’est un mécanisme peu spectaculaire, mais profondément structurant. Une usine qui s’installe dans une zone enclavée en apportant sa propre solution énergétique ne se contente pas de produire des biens de consommation. Elle démontre, aux yeux des opérateurs de réseau comme des pouvoirs publics locaux, la viabilité économique du territoire. Elle transforme une zone perçue comme marginale en zone d’intérêt.

Un modèle reproductible pour les zones enclavées

Ce que DENKY a mis en place à Bandenkop rejoint une conviction plus large que Lisette Claudia TAME NJAMBE porte pour l’ensemble du territoire camerounais : celle que l’industrialisation ne doit pas se cantonner aux régions déjà équipées, sous peine de renforcer les déséquilibres territoriaux existants. Elle doit au contraire se porter, en priorité, vers les zones où les infrastructures font encore défaut, précisément parce que ce sont ces zones qui ont le plus besoin d’opportunités économiques nouvelles.
Le modèle énergétique intégré de DENKY n’est pas présenté, dans cette perspective, comme une simple solution technique adaptée à un site particulier. Il est envisagé comme un prototype, transposable à d’autres implantations, dans d’autres régions enclavées du pays. Chaque nouvelle usine capable de produire sa propre énergie devient, potentiellement, la première pierre d’un désenclavement plus large. Une manière, discrète mais concrète, de faire de l’industrie un instrument d’aménagement du territoire autant qu’un instrument de production.

Tjang Frida

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