À l’occasion de la 36e édition de la Journée internationale des personnes âgées (JIPAg), placée sous le thème « L’ère de la longévité : repenser les systèmes pour vivre plus longtemps », la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) appelle à une adaptation structurelle des politiques publiques face au vieillissement accéléré de la population et à l’allongement de l’espérance de vie.
Pour la Commission, cette transition démographique impose de revoir les systèmes de protection sociale, l’offre de soins de santé, les infrastructures urbaines, mais aussi les mécanismes favorisant la participation et l’inclusion des personnes âgées. L’objectif est de faire en sorte que les progrès de la médecine et du développement se traduisent par des années de vie supplémentaires dans la dignité, la bonne santé, l’autonomie et la sécurité.
La corruption, un frein à l’accès aux droits
La Commission met également en garde contre les effets de la corruption et des détournements de biens publics sur les droits des personnes âgées. Ces pratiques réduisent les ressources disponibles pour les infrastructures sanitaires et les dispositifs de protection sociale, avec des conséquences directes sur la qualité et l’accessibilité des soins.
Elle relève notamment le risque de voir l’accès aux soins de base ou aux pensions de retraite soumis à des paiements indus ou à des passe-droits. Une situation qui, selon la Commission, fragilise davantage les personnes âgées les plus démunies.
Des soins adaptés dans la Couverture santé universelle
La Commission recommande au ministère de la Santé publique, au ministère des Affaires sociales et au ministère du Travail et de la Sécurité sociale d’accélérer l’intégration, dans la Couverture santé universelle (CSU), d’un panier de soins spécifiquement adapté aux besoins des personnes âgées.
Ce dispositif devrait notamment couvrir le dépistage régulier des maladies chroniques, la santé mentale, les soins palliatifs et les services médicaux de proximité, dans le respect du consentement libre et éclairé des personnes concernées.
La Commission salue, à cet égard, les initiatives engagées par les pouvoirs publics et leurs partenaires. Elle cite notamment le Forum communautaire de plaidoyer et de partage d’expériences, organisé le 7 avril 2026 à Yaoundé à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, sous la coordination du Dr Laure CIAFFI et le patronage du MINSANTÉ. Les échanges ont notamment porté sur l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées, y compris celles vivant avec le VIH ou des maladies chroniques, ainsi que sur leur intégration dans la CSU et la mise en place de paquets de soins subventionnés.
Volontariat senior et inclusion numérique
Dans le prolongement de ses recommandations de 2025, la Commission invite également le MINJEC, en liaison avec le MINAS, à renforcer la participation des personnes âgées aux dispositifs de volontariat. Le « Projet Volontariat Senior » pourrait ainsi contribuer à valoriser leur expérience dans l’éducation civique, la transmission des savoirs et l’accompagnement communautaire, selon leurs aptitudes et leurs centres d’intérêt.
Autre priorité : l’inclusion numérique. La Commission recommande au MINPOSTEL, à l’ANTIC et au MINAS de mettre en place un plan national d’alphabétisation et d’inclusion numérique des personnes âgées. Celui-ci devrait prévoir des interfaces simplifiées, des formations aux outils numériques, une sensibilisation aux escroqueries en ligne et, surtout, le maintien de solutions non numériques pour les démarches administratives et financières essentielles.
La Commission demeure toutefois préoccupée par l’insuffisante adaptation de certains établissements sanitaires aux besoins spécifiques des personnes âgées, notamment en matière de prévention, de prise en charge des maladies chroniques, de soins palliatifs et de suivi de proximité. Elle appelle ainsi à poursuivre les efforts afin que le vieillissement de la population soit accompagné par des systèmes de santé et de protection sociale capables de répondre durablement aux nouveaux besoins.
CDHC