La première édition de la Semaine africaine de l’eau s’est tenue le 22 mai 2026 au siège du Bureau Régional de l’UNESCO pour l’Afrique Centrale à Yaoundé sous la coordination de son Directeur, Monsieur MPUTU Hilaire, en présence du Représentant du Ministre de l’Éducation de Base, Président de la Commission nationale de l’UNESCO pour le Cameroun, des représentants des corps diplomatiques des 10 pays couverts par l’UNESCO, et autres personnalités.

Cette nouvelle initiative a mis en lumière un constat partagé par l’UNESCO, la CEMAC et la CEEAC notamment la stabilité de l’Afrique centrale qui passe par une gestion pacifique des ressources naturelles, en particulier de l’eau, et par une coopération régionale renforcée.
L’événement, organisé par le bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale, s’inscrit dans une dynamique plus large où les deux organisations sous-régionales jouent un rôle clé dans la coordination des politiques de paix, de sécurité et de développement.
Ancrer la culture de la paix dans les 10 pays couverts par l’UNESCO
La Semaine africaine lancée à Yaoundé par l’UNESCO est d’en faire un rendez-vous annuel construit avec les États membres notamment le Cameroun, le Gabon, le Tchad, la RDC, la Guinée Équatoriale, Sao Tomé-et-Principe, l’Angola, le Burundi, la RCA et le Congo. Le message est clair : ”face aux conflits liés au contrôle de l’eau et des ressources naturelles, il faut renforcer la culture de la paix via l’éducation, les sciences, la culture et la communication”.
A cet effet, l’UNESCO appelle les États et partenaires à des appuis institutionnels, techniques et financiers pour transformer cette première édition en forum durable. L’approche se veut participative, en lien avec les ambassades et les commissions nationales des 10 pays de la sous-région.
CEMAC et CEEAC, un cadre politique et économique pour l’action
La Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale [CEMAC] et la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale [CEEAC] offrent le cadre institutionnel pour traduire ces ambitions en politiques concrètes. La CEEAC coordonne en outre les mécanismes de prévention et de résolution des conflits, notamment dans le bassin du lac Tchad et les zones frontalières. Tandis que la CEMAC travaille sur l’harmonisation des politiques économiques et l’investissement dans les infrastructures structurantes, dont l’eau et l’assainissement.
Un concept qui s’inscrit dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine et le Programme 2030, avec un focus sur l’ODD 6 ”Eau propre et assainissement” et l’ODD 16 ”Paix, justice et institutions efficaces”. Lors de son intervention, le représentant des Nations Unies en Afrique Centrale a rappelé que: « l’émergence de l’Afrique Centrale passe par des institutions fortes, une gouvernance inclusive et une mobilisation de toutes les forces vives ». « Sans eau, le monde qui respire ne serait pas né », a souligné le représentant de l’ONU, tout en rappelant que la pollution hydrique affecte directement la santé humaine et la biodiversité. Protéger l’eau, c’est donc protéger la santé, la paix et l’économie de la sous-région.
L’eau au cœur de la coopération régionale
Toutefois, les trois institutions convergent sur un point majeur: l’eau est à la fois un facteur de tension et un levier de coopération. Par ailleurs, l’UNESCO met l’accent sur la science citoyenne, les savoirs traditionnels et l’éducation à l’environnement, la CEEAC et la CEMAC travaillent sur la gouvernance transfrontalière des bassins du Congo et du lac Tchad, et sur le financement d’infrastructures d’accès à l’eau potable.
Un moment convivial et intense qui a donné l’occasion à tous les 10 pays couverts par l’UNESCO en Afrique de valoriser leur culture, leur tradition et d’exposer leur savoir-faire culinaire autour d’un cocktail dînatoire.
By Suzanne Maah
