Sur le Boulevard du 20 mai, la 140ᵉ Fête internationale du Travail a été marquée par une annonce attendue, celle faite par le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire Owona annonçant le processus de revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dans les prochains jours. L’objectif est de parvenir à une rémunération permettant de vivre décemment.
Une déclaration qui répond aux fortes attentes sociales, dans un contexte où la pression sur le pouvoir d’achat des travailleurs ne cesse de croître.
Aujourd’hui, le SMIG camerounais reste éclaté selon les secteurs : 43 969 FCFA pour les agents de l’État régis par le Code du travail, 45 000 FCFA dans l’agriculture et 60 000 FCFA pour les autres branches. Des montants jugés largement en dessous de la réalité économique, et très éloignés des 100 000 FCFA revendiqués depuis plusieurs années par les organisations syndicales.
Des précisions qui se font attendre
Si l’engagement est salué, le flou persiste. Aucun chiffre, aucun calendrier n’a été communiqué par le Ministre Ce manque de détails nourrit la méfiance d’un monde du travail habitué à des promesses qui tardent à se traduire en mesures concrètes.
« On annonce, mais on ne dit pas quand ni combien », confie un délégué syndical présent sur le boulevard.
Le dialogue social au centre des revendications
Pour Isaac Bissala, Président de l’Union générale des travailleurs du Cameroun (UGTC), il est temps de passer du « travailloter » au travail décent. Lors de son intervention, il a insisté sur la nécessité de repenser la place du travail pour qu’il réponde aux besoins essentiels des salariés. Il a également rappelé le rôle clé du dialogue social, aussi bien au niveau institutionnel qu’au sein des entreprises, pour améliorer la productivité, encourager l’innovation et garantir le bien-être des travailleurs du secteur privé comme de la société civile.
Entre espoir et scepticisme
L’annonce ministérielle suscite un espoir prudent. Mais dans un contexte de vie chère, les travailleurs attendent désormais des actes. Des mesures tangibles et rapides pour redonner du souffle à un pouvoir d’achat en berne. Cette 140ᵉ édition, placée sous le thème « Dialogue social et travail décent : facteur de paix, de cohésion nationale et de développement économique de l’entreprise », a mis l’accent sur l’inclusion sociale. Un enjeu qui ne pourra se concrétiser qu’avec des réformes salariales à la hauteur des réalités du terrain.

Le ministre du Travail promet une hausse du salaire minimum pour vivre décemment, mais sans calendrier ni montant précis. Les syndicats réclament des actes concrets face à la vie chère.
Suzanne Maah