Éditorial du 9 mai 2026 signé par le Capitaine de Vaisseau Cyrille Atonfack Guemo, DIVCOM-MINDEF.

Le 26 avril 2026 dernier, à Ndzerem-Nyam, localité du Département du Bui dans la Région du Nord-Ouest, des affrontements d’une ampleur inhabituelle ont mis aux prises un important regroupement de terroristes des diverses factions armées écumant la zone et une section pédestre de nos troupes en mission de ratissage, agissant sur la base de renseignements fournis par les populations. Les tenants et aboutissants de cette opération ont d’ailleurs fait l’objet d’une communication détaillée de la part des pouvoirs publics.

Mais alors que les populations martyrisées par ces insurgés sans foi ni loi pouvaient pousser un ouf de soulagement, une certaine société civile, sans visage ni adresse connus, y est allée de son insinuation selon laquelle, dans leur action, nos vaillantes Forces de Défense et de Sécurité n’auraient pas respecté le principe de proportionnalité.

Rappelons que la proportionnalité est un principe fondamental en droit international, qui conditionne la légalité d’une action au respect d’un équilibre entre l’objectif et les moyens utilisés. Cette disposition à la fois juridique et humanitaire s’applique notamment au recours à la force publique par un État pour rétablir l’ordre et la sécurité publique en période de troubles ou de tensions.

Dans le cas d’espèce, il s’est agi d’une infiltration tout en souplesse qui n’aura nécessité ni armes lourdes ni véhicules blindés, encore moins l’usage de l’artillerie ou de l’aviation. Des moyens certes puissants, mais d’une efficacité possiblement dérisoire et probablement dommageable pour l’environnement humain et matériel immédiat, eu égard au résultat escompté. La neutralisation desdits terroristes s’est ainsi faite au seul fusil d’assaut de petit calibre, et sur les lieux mêmes de leur regroupement.

Ceci dit, il y a lieu de s’interroger sur le tropisme de la société dite civile, en faveur des insurgés terroristes chaque fois que ces propagateurs de la violence armée indiscriminée sont mis en difficulté. Un parti pris manifeste et récurrent qui se fait au détriment des populations civiles censées être défendues par cette nébuleuse vraisemblablement plus attirée par le lucre que par l’humanisme.

Car jusqu’ici, jamais l’on n’a entendu la société dite civile dénoncer les crimes perpétrés par les bandes de terroristes. Vols, viols, assassinats, extorsions, tortures et enlèvements dont sont victimes nos paisibles populations ne reçoivent de sa part que le silence et l’indifférence, à défaut de se voir reprocher leur collaboration avec les forces de maintien de l’ordre. De là à penser qu’il s’agit d’une société civile stipendiée, il n’y a qu’un pas, d’autant qu’il est courant d’apercevoir certains individus se prévalant d’en être, faisant la manche auprès de quelques vitrines étrangères.

Pour sa part, et tout en assumant la pleine et entière responsabilité de sa souveraineté sur son territoire, le Cameroun demeure respectueux de ses engagements internationaux, surtout lorsque ces derniers touchent à la sacralité de la personne humaine. Les principes de proportionnalité et de discrimination ont ainsi été érigés en facteurs d’évaluation obligatoires préalablement à toute action. Pour nos soldats, la suppression d’une vie humaine relève donc de l’ultime recours, et non pas d’une disposition systématique.

La troupe étant à l’image de son chef, il ne saurait en être autrement, de la part d’hommes et de femmes ayant reçu entre autres missions, de garantir la sécurité des personnes et des biens, de concourir au bien-être desdites personnes à travers des actions civilo-militaires d’aide au développement, et de convaincre les porteurs d’armes, de rejoindre les centres de désarmement, de démobilisation et de réintégration opportunément mis sur pied à leur adresse, par le Président de la République, Chef des Forces Armées, mendiant notoire de la Paix.
Sachons rester patriotes,
Sachons rester particulièrement vigilants. /-

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