À l’occasion de la 32ᵉ édition de la Journée Internationale des Populations Autochtones (JIPA), la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a publié une déclaration pour rappeler le rôle fondamental des peuples autochtones dans la réalisation du développement durable au Cameroun.
Placée sous le thème des Nations Unies « Rendre hommage aux sages-femmes autochtones : préserver la vie et le bien-être », cette journée met en lumière le lien entre savoirs traditionnels, santé communautaire et durabilité.
Une contribution essentielle au développement durable
Pour la CDHC, la JIPA poursuit un double objectif à l’effet de sensibiliser sur les droits des peuples autochtones et mettre en valeur leur diversité culturelle, leurs savoirs traditionnels ainsi que leur contribution essentielle au développement durable.
Cette contribution se manifeste par :
– La conservation de la biodiversité: gestion durable des forêts, de l’eau et des ressources naturelles dans les bassins du Congo, du Nyong et du Lac Tchad.
– L’adaptation au changement climatique : pratiques agricoles, de pêche et de cueillette résilientes transmises de génération en génération.
– La préservation des savoirs médicinaux : pharmacopée traditionnelle qui soutient la santé des communautés.
La Commission rappelle la jurisprudence de la Cour africaine des Droits de l’homme et des peuples du 26 mai 2017 sur l’affaire Ogiek c. Kenya, qui consacre l’obligation pour les États de consulter les peuples autochtones et d’obtenir leur consentement libre, préalable et éclairé avant toute décision affectant leurs terres.
D’où le thème de 2026 rend hommage à un maillon essentiel des communautés : les sages-femmes autochtones. La CDHC les reconnaît comme détentrices de savoirs et dispensatrices de soins. Elles assurent la continuité de la santé maternelle et infantile, notamment dans les zones enclavées, et transmettent des pratiques culturellement adaptées. Réaffirmer la valeur durable des systèmes de connaissances autochtones dans la préservation de la vie est, selon la Commission, un investissement direct dans le bien-être des générations futures.
Culture, cohésion et avancées institutionnelles
La CDHC salue les efforts du Gouvernement pour valoriser le patrimoine autochtone :
– SWECUF 2026 à Buéa : La 1ʳᵉ édition du South West Cultural Festival organisée du 27 février au 1ᵉʳ mars 2026 par le MINAC avec les autorités traditionnelles du Sud-Ouest. L’objectif est de promouvoir la cohésion sociale, valoriser la diversité culturelle et assurer la transmission du patrimoine aux jeunes générations.
– Avancée du BUNEC : Le Bureau national de l’état civil a intégré dans son Plan stratégique 2025-2029 et son PPA 2026 des actions pour améliorer l’enregistrement des faits d’état civil des populations autochtones.
La Commission rappelle également sa participation à l’Assemblée de l’AICA du 26 au 31 mai 2026 à Yaoundé. Son Président, également Président en exercice du RINADH, y a réaffirmé que la protection des peuples autochtones couvre tous les Droits consacrés dans la Déclaration des Nations Unies de 2007, y compris les Droits de participation politique.
La corruption, un frein à la jouissance des droits
La CDHC alerte que la corruption compromet gravement la jouissance effective des Droits des populations autochtones. Elle détourne les ressources destinées à leur développement, à la santé et à l’éducation, et favorise l’exploitation illégale des terres au mépris de leur consentement libre, préalable et éclairé. Concernant les sages-femmes, ce fléau fragilise le soutien institutionnel attendu en privant les structures de santé de base de médicaments essentiels et de programmes de valorisation des médecines traditionnelles.
Les recommandations de la CDHC
Pour renforcer la participation des peuples autochtones au développement durable, la Commission recommande :
– Au MINAS, MINSANTÉ, MINPROFF, MINAT d’assurer la participation des représentants légitimes des populations autochtones, y compris des sages-femmes, à toutes les politiques de santé, de culture, d’environnement et de développement local;
– Au MINAC, MINAS et MINSANTÉ avec le consentement des communautés, de concevoir des programmes de documentation, de sauvegarde et de valorisation des savoirs traditionnels des sages-femmes autochtones, en associant autorités traditionnelles et organisations de femmes.
– Aux OSC, de renforcer la sensibilisation sur les droits des femmes et filles autochtones et valoriser le rôle des sages-femmes dans la santé communautaire.
Pour la CDHC, garantir la pleine participation, effective et inclusive à la vie publique des peuples autochtones est indispensable pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD). Ils ne sont pas de simples bénéficiaires, mais des acteurs et des solutions pour un développement durable.
#CHRC #CDHC #JIPA2026 #1523