Reçu jeudi par le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, le président du Syndicat National des Conducteurs Professionnels du Cameroun (SYNACOPCAM) a plaidé pour une collaboration renforcée entre l’État et les transporteurs. L’objectif vise à améliorer la gouvernance routière et préserver les infrastructures.
L’entretien, qui a duré près d’une heure, a mis au centre des échanges la nécessité d’un cadre de partenariat formel. Pour le SYNACOPCAM, il s’agit de répondre à l’urgence : routes dégradées, insécurité et conditions de circulation difficiles pèsent sur l’activité de milliers de conducteurs.
Les doléances des professionnels de la route
Porte-voix des acteurs du secteur, le responsable syndical a dressé un tableau sans complaisance. Il dénonce d’abord la dégradation de certains axes, liée à l’incivisme des usagers et des riverains. Il réclame ensuite une implication plus forte des syndicats dans les opérations de cantonnage, aux côtés des collectivités territoriales décentralisées, notamment sur les axes stratégiques.
L’encombrement des emprises routières par des activités commerciales a également été pointé du doigt. S’y ajoutent les dysfonctionnements observés dans certaines stations de pesage et l’absence de moyens de remorquage dans plusieurs communes. Autant de freins à la mobilité que le syndicat veut voir levés par une action concertée avec le Gouvernement.
Des contrats existent, la trésorerie ralentit
En réponse, Emmanuel Nganou Djoumessi a tenu à rassurer sur l’état du réseau structurant. « Les routes nationales sont globalement couvertes par des contrats d’entretien, de réhabilitation ou de reconstruction », a-t-il précisé. Le Ministre reconnaît toutefois que les contraintes de trésorerie influencent le rythme d’exécution des travaux par les entreprises. Il cite en exemple les axes Edéa–Kribi et le corridor Douala–Bangui. Les interventions s’y poursuivent grâce à l’engagement des entreprises, en attendant les financements de la Banque Africaine de Développement pour une réhabilitation complète.
Structurer la collaboration sur le terrain
Sur la demande de partenariat, le MINTP s’est dit favorable, mais, a posé ses conditions. Il insiste sur la nécessité d’une meilleure structuration avec les municipalités, notamment dans la mise en place des Comités de Routes et la sélection des cantonniers. Le Ministre a aussi appelé les organisations professionnelles à jouer leur rôle : sensibiliser leurs membres à l’utilisation des aires de repos aménagées, souvent sous-exploitées. Des actions concertées avec les maires sont prévues pour désengorger les stations de pesage, dont la digitalisation est annoncée à court terme.
Une première étape vers un pacte entre pouvoirs publics et transporteurs pour sauver la route.
MINTP