Décédée le 10 septembre 2026 à l’âge de 67 ans, Monica BIYADA, épouse veuve Essono Laurent et sœur cadette du ministre Henri EYEBE AYISSI, a reçu un dernier hommage le 28 octobre 2026 à Yaoundé. Aux côtés de la famille éprouvée, le Premier ministre, chef du gouvernement, accompagné de son épouse, a pris part à la messe de requiem et à la cérémonie d’inhumation. Au-delà de la douleur de la séparation, c’est le parcours d’une femme de devoir, de foi et de conviction qui a été célébré.

Une femme dont la vie fut un témoignage

Il est des vies qui ne s’effacent pas avec le dernier souffle. Elles demeurent dans les souvenirs, les valeurs transmises, les responsabilités assumées et les traces laissées dans le cœur de ceux qui ont eu le privilège de les côtoyer. Monica BIYADA était de ces femmes dont le parcours raconte bien davantage qu’une simple existence : une histoire de courage, de persévérance, de service et de foi.
Née le 11 novembre 1958 à Mbélé II, dans le département de la Lékié, de l’union de feu Ayissi Valère et de feu Aboudi Françoise, elle a grandi dans un environnement familial où l’éducation, le respect et les valeurs chrétiennes occupaient une place essentielle. Cette formation a profondément marqué sa personnalité et orienté les différentes étapes de sa vie.
Son parcours scolaire, sanctionné notamment par l’obtention du CEPE, du BEPC et du Probatoire A4, s’est poursuivi par une capacité en droit et en économie obtenue en 1992 à l’Université de Yaoundé II-Soa. Une formation qui témoigne de sa volonté constante d’apprendre et de se perfectionner.

Une carrière professionnelle placée sous le signe du mérite

Entrée dans la fonction publique en 1985 comme contrôleur adjoint du Trésor, Monica BIYADA a construit, au fil des années, une carrière remarquable au sein de l’administration financière camerounaise. Par son expérience, son engagement et sa connaissance des rouages administratifs, elle a progressivement gravi les échelons jusqu’au grade de contrôleur principal du Trésor.
De la Trésorerie générale de Bafoussam, où elle a dirigé le service de la solde entre 1993 et 1999, à la brigade de recouvrement de la Trésorerie générale de Yaoundé, où elle a exercé comme huissier de Trésor assermentée de 1999 à 2001, son parcours a été jalonné de responsabilités importantes.
Elle a ensuite servi comme receveur des impôts dans plusieurs centres divisionnaires de Yaoundé entre 2001 et 2007. De 2007 à 2009, elle a dirigé l’unité spéciale d’enregistrement au Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine. Elle a poursuivi son parcours comme chef du service du portefeuille à la Trésorerie générale de Yaoundé, de 2009 à 2011.
Entre 2017 et 2023, elle a également assuré les fonctions de responsable administratif et financier du Projet d’appui au développement des racines et tubercules (PADRT).
À travers ces différentes affectations, Monica BIYADA a laissé l’image d’une femme qui a consacré une part importante de son existence au service de l’État. Son itinéraire professionnel illustre la constance, l’expérience et la détermination d’une fonctionnaire ayant fait de la responsabilité un véritable engagement.

Une foi profonde, un engagement au service de l’Église

Mais réduire Monica BIYADA à sa carrière administrative serait oublier une dimension fondamentale de sa personnalité : sa foi chrétienne.
Femme de prière et membre active de l’Association des Disciples et Apôtres du Saint-Esprit (ADASE), elle a consacré une partie importante de son temps au service de sa communauté religieuse. Présidente du cénacle Saint-Augustin de Ngousso, mère diocésaine à Obala et trésorière nationale de l’association, elle a assumé plusieurs responsabilités qui témoignent de son attachement à la vie spirituelle et à l’engagement communautaire.
Sa foi ne se limitait pas à une pratique personnelle. Elle se traduisait également par une disponibilité au service des autres et par une volonté de faire vivre les valeurs chrétiennes dans son environnement.
Ses pèlerinages à Palestrina et à Rome, en Italie, en 2019 et en 2023, ont constitué d’autres moments forts de son cheminement spirituel.
Cette dimension religieuse a occupé une place centrale lors de ses obsèques, célébrées sous la présidence de Monseigneur Jean Mbarga, archevêque de Yaoundé. Dans son homélie, le prélat a rappelé que la mort ne constitue pas le dernier mot de l’existence humaine. À travers le Christ, a-t-il enseigné, s’ouvre la perspective de la résurrection et de la vie éternelle.

Entre douleur et séparation.

Une épouse, une mère et une grand-mère au cœur de sa famille
Le parcours de Monica BIYADA fut également celui d’une femme profondément attachée à sa famille.
Mariée civilement à Essono Laurent le 25 décembre 1979 au centre d’état civil de Ngoulmekong, puis religieusement le 8 juin 1992 à la paroisse Saint-Kizito de Mvog-Mbi, elle a construit un foyer dont sont issus plusieurs enfants, parmi lesquels AYISSI ESSONO Clovis Joël. Elle avait également eu la joie de connaître ses petits-enfants.
Dans l’intimité familiale, elle était une épouse, une mère, une sœur et une grand-mère. Autant de rôles qui donnent aujourd’hui toute sa profondeur à la douleur de ceux qui lui ont dit adieu.
Au cours de la cérémonie, son frère Benoît, s’exprimant au nom du ministre Henri EYEBE AYISSI et de l’ensemble de la famille, a évoqué l’héritage parental, l’éducation reçue et les valeurs qui ont façonné les enfants de la famille. Il a également salué le parcours de sa sœur, son engagement religieux et les responsabilités qu’elle avait assumées tout au long de sa vie.
Il a exprimé la reconnaissance des siens envers le clergé, les personnalités et les proches qui les ont accompagnés dans cette douloureuse épreuve.

Le Premier ministre aux côtés d’une famille éprouvée

La présence du Premier ministre, chef du gouvernement, accompagné de son épouse, a constitué un témoignage particulier de compassion et de solidarité envers la famille EYEBE AYISSI.
En prenant part à la messe de requiem et à la cérémonie d’inhumation, le chef du gouvernement est venu manifester sa proximité avec les proches de la défunte. Une attention d’autant plus significative que cette solidarité s’inscrivait dans la continuité d’un précédent soutien apporté à la famille six mois auparavant.
Parents, amis, membres du gouvernement et personnalités diverses se sont ainsi retrouvés autour de la dépouille de Monica BIYADA pour lui rendre un dernier hommage.
« Nous aimerions entendre une dernière fois ta voix »
L’un des moments les plus poignants de cette célébration demeure le témoignage de son fils, AYISSI ESSONO Clovis Joël.
Face à l’absence de celle qui lui a donné la vie, les mots ont difficilement réussi à traduire l’immensité de la douleur. « Nous aimerions entendre une dernière fois ta voix. Au-delà des larmes, nous voulons raconter ton histoire. »
Ces paroles, simples mais bouleversantes, ont résumé le sentiment de toute une famille : celui de perdre une présence irremplaçable, une voix familière, un repère et un amour dont l’absence laisse un vide immense.
Décédée le 10 septembre 2026, à la suite d’une courte maladie, après une crise suivie d’un arrêt cardiaque, Monica BIYADA s’en est allée à 67 ans. Mais au-delà des circonstances de son départ, c’est surtout la richesse de son existence qui mérite d’être retenue.

Une mémoire qui continuera de vivre

L’inhumation de Monica BIYADA s’est déroulée à Ngousso, au domicile familial, dans la stricte intimité des siens.
Désormais, il restera aux enfants, aux petits-enfants, aux frères et sœurs, aux amis et à tous ceux qui l’ont connue de faire vivre son souvenir. Son parcours dans l’administration publique, son engagement au sein de l’Église, son attachement à sa famille et les valeurs héritées de ses parents constituent autant de repères qui survivront à son départ.
On mesure parfois la grandeur d’une vie non pas seulement aux fonctions occupées, mais à la qualité des engagements, à la fidélité aux convictions et à l’amour donné aux autres.
À ce titre, Monica BIYADA laisse une empreinte qui dépasse les frontières de sa carrière professionnelle et de son histoire familiale.
Elle est partie, mais son histoire demeure. Sa voix s’est tue, mais son témoignage continue de parler. Et dans le cœur de ceux qui l’ont aimée, son souvenir restera vivant.

By Suzanne Maah

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