Une rencontre internationale pour la création du Réseau Africain des Universités pour les Droits de l’Enfant s’est tenue du 4 au 5 mai 2026 à Yaoundé. L’objectif est de lancer et structurer officiellement ledit réseau en tant que plateforme institutionnelle crédible, ancrée dans les valeurs africaines, le leadership académique pour une transformation systémique concrète. Il s’agit au terme des assises, d’adopter une Charte du Réseau et approuver le plan d’action 2026-2027. Une initiative mise sur pied par l’UNICEF en collaboration avec le gouvernement Camerounais.

En effet, le concept d’université-entreprise s’impose désormais comme le socle de la professionnalisation de l’enseignement supérieur au Cameroun. Les arrêtés du 22 février 2022 et du 13 août 2024 en sont la traduction réglementaire : ils marquent la volonté du gouvernement, sous l’impulsion du Chef de l’État, de bâtir une université tournée vers l’employabilité ou capable de former des diplômés dotés de savoirs et de compétences adaptés aux défis contemporains.
Un réseau au service de l’action publique
Dans ce nouveau paradigme, le Réseau africain des universités pour les droits de l’enfant est présenté comme une contribution majeure à cette transformation. Pour les enseignants comme pour les étudiants, il doit devenir un cadre structurant qui relie les enjeux académiques aux réalités opérationnelles sur le terrain. Son rôle est d’ancrer durablement la protection et la promotion des droits de l’enfant parmi les priorités des politiques publiques des États africains.
Il s’agit de Mutualiser les cours, les enseignants, les bases de données; Harmoniser les formations pour créer un socle commun de compétences en Afrique; Porter d’une seule voix des recommandations auprès de l’Union Africaine, des États et des bailleurs.
Prenant la parole pour la circonstance, le Représentant du MINESUP a invité les recteurs, enseignants, chercheurs et étudiants a faire de cette initiative une priorité. L’objectif est clair : placer l’enfant au centre des problématiques de recherche et de formation dans les universités du continent.« Faisons de ce réseau un instrument d’action et non un simple cadre de réflexion. Faisons-en une force collective capable de porter la cause de l’enfant au plus haut niveau de nos priorités » a-t-il lancé.
L’Afrique dispose des savoirs, des talents et des institutions nécessaires. Il revient désormais aux acteurs académiques et institutionnels de transformer cette ambition en résultats concrets pour chaque enfant.
Le Réseau africain des universités pour les droits de l’enfant est présenté comme un pilier de la transformation de l’enseignement supérieur au Cameroun, dans le cadre du concept d’université-entreprise promu par les arrêtés de février 2022 et août 2024. Ce réseau doit faire le lien entre la recherche académique et les réalités de terrain, afin de placer durablement la protection de l’enfant au cœur des politiques publiques. Présenté comme une priorité du Chef de l’État et de la Première Dame Chantal Biya, notamment à travers la Fondation Chantal Biya, il se veut à la fois un accélérateur d’action publique, un moteur de production de connaissances et un levier de changement social. Le gouvernement appelle ainsi recteurs, enseignants et étudiants à en faire un outil d’innovation et d’impact concret, pour traduire les talents et les institutions africains en résultats tangibles pour chaque enfant.
Réactions

Nadine Perrault Représentante UNICEF-Cameroun, << Je tiens à remercier tous les invités. Nous avons aujourd’hui parmi nous des personnalités distinguées du Comité d’experts de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Nous accueillons également les doyens d’universités venus d’Afrique, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso qui sont présents avec nous aujourd’hui. Nous avons aussi le représentant du Ministère de l’Enseignement supérieur, qui accompagne l’UNICEF tout au long de ce processus. Le monde universitaire a un rôle essentiel à jouer dans la réalisation des droits de l’enfant. Il ne se limite pas à l’enseignement et à la transmission des connaissances. Si nous voulons transformer nos sociétés, nous devons travailler avec le milieu académique, avec les universités. C’est pourquoi l’UNICEF a établi un partenariat avec les universités du Cameroun et nous avons co-créé ensemble des centres des droits de l’enfant. Ces centres poursuivent trois objectifs principaux : Soutenir et s’engager dans le plaidoyer pour les droits de l’enfant : c’est-à-dire promouvoir les droits de l’enfant et aborder les questions qui peuvent les affecter. La recherche et l’analyse: les universités ont une grande capacité de recherche dans de nombreux domaines. C’est pour cela que nous avons choisi d’implanter un centre des droits de l’enfant dans chacune des régions du Cameroun, afin de tenir compte des différences culturelles qui existent dans le pays. L’intégration des droits de l’enfant dans les programmes universitaires : et pas seulement dans les facultés de droit. Tous les étudiants, quelle que soit leur filière, doivent comprendre les droits de l’enfant et être en mesure de contribuer à leur réalisation. C’est le troisième objectif des centres des droits de l’enfant. Aujourd’hui, nous assistons à une nouvelle étape : les universités qui étaient réunies l’an dernier lors de la conférence internationale se rassemblent désormais pour créer un Réseau africain des universités pour les droits de l’enfant. Ce réseau s’appuiera sur l’héritage africain. Comme l’a rappelé un professeur, l’Afrique possède une riche culture en matière de droits humains en général et de respect de la dignité humaine. C’est ce que nous espérons accomplir aujourd’hui >>.

Le Représentant du MINESUP, << Cette première rencontre internationale sur le Réseau africain des universités pour les droits de l’enfant se justifie pleinement. Au départ, Madame Nadine Perrault, qui est présente aujourd’hui, avait commencé à travailler avec les universités pour y installer des centres des droits de l’enfant. Cette première phase étant désormais achevée, il s’agit maintenant de créer un maillage plus large, plus étendu, qui couvre l’ensemble du continent. C’est une innovation en la matière. Tout simplement parce qu’il s’agit des droits des enfants africains un point qu’on semble parfois oublier, mais c’est bien de cela qu’il s’agit.
C’est donc une initiative inédite et positive. Le Ministre d’État que je représente ne peut qu’encourager de telles rencontres et de telles initiatives. L’exemple du Cameroun servira de référence pour les autres pays. Nous allons ainsi mutualiser nos efforts et partager l’expérience camerounaise >>.

Honorable Gahar Sabrina, Présidente du Comité Africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant. << Les Conventions sont ratifiées, les lois existent. Pourtant, sur le terrain, les violations des droits de l’enfant persistent. Face à ce paradoxe, un acteur émerge : l’université. En se mettant en réseau à l’échelle nationale puis continentale, les facultés de droit, de sociologie, de psychologie, de médecine et des sciences de l’éducation mutualisent leurs expériences. Elles ne se contentent plus de commenter le droit. Elles l’évaluent, le testent, et proposent des réformes fondées sur la preuve. C’est tout l’enjeu du Réseau africain des universités pour les droits de l’enfant : transformer la connaissance académique en politique publique.>>

Pr Ibrahim Ndiaye. << Il faut institutionnaliser les droits de l’enfant par le biais des CDE. Notre objectif est d’inscrire le réseau dans les fondements historiques et culturels africains de dignité, de solidarité et de protection de l’enfance, en lien avec l’enseignement, la recherche et l’engagement communautaire .>>
Suzanne Maah