Avec 9,76 % d’exécution en 18 mois, le retard dans la production des agrégats plombe le chantier de 70 km évalué à 74,2 milliards FCFA. Emmanuel Nganou Djoumessi exige un sursaut immédiat, faute de quoi des sanctions tomberont.
Le couperet n’est pas loin. Réuni le 5 mai 2026 pour la revue des projets routiers, le Ministre des Travaux Publics, a clairement envisagé une mise en demeure de l’entreprise SEAS-COSEDIL Scarl, chargé de la construction de cette infrastructure mettant en cause un retard jugé préoccupant dans la production des agrégats, matériaux indispensables pour attaquer la chaussée.
Des chiffres qui inquiètent
Au 30 avril 2026, le constat est brutal. Le projet affiche un taux d’exécution de 9,76 % alors que 54,25 % des délais sont déjà consommés. Sur un délai contractuel de 36 mois, plus de la moitié du temps est écoulé pour moins de 10 % des travaux réalisés. Le décalage entre l’avancement physique et la consommation des délais a cristallisé les préoccupations du Maître d’Ouvrage.
Le projet n’est pourtant pas mineur. Long de 70 km, il relie Olounou à Oveng et représente un investissement global de 74,2 milliards de FCFA TTC. Le financement est assuré par Deutsche Bank SpA et l’État du Cameroun. La maîtrise d’œuvre est confiée au groupement INTEGC – BEC LA ROUTIERE – ECTA BTP.
Tout n’est pas à l’arrêt. Sur le terrain, les équipes sont déployées sur près de 54 km. Les ouvrages d’art ont effectivement démarré, la carrière de roches est en production et les plans d’exécution des 70 km sont en cours de finalisation.
Mais le point de blocage reste entier : la faible production des agrégats. Sans ces matériaux, impossible d’intensifier les travaux de chaussée et de combler le retard accumulé. « Toutes les dispositions ont été prises », martèle le MINTP.
Face aux responsables du projet, le Ministre a été ferme. Il a rappelé que l’État a rempli sa part du contrat. Toutes les dispositions techniques et financières ont été prises pour accompagner le chantier, y compris la mise à disposition des ressources pour la maîtrise d’œuvre depuis décembre 2025. Dès lors, plus d’excuse. Emmanuel Nganou Djoumessi a instruit une accélération immédiate des activités sur le site. Il a prévenu : si les performances ne s’améliorent pas rapidement, la mise en demeure de SEAS-COSEDIL Scarl sera actée.
L’objectif est de livrer dans les délais pour le bien-être des populations. Le rappel à l’ordre vise un seul but : remettre le projet sur une trajectoire conforme aux engagements contractuels. L’enjeu est de livrer la route dans les délais, au bénéfice direct des populations des zones d’impact qui attendent cette infrastructure.
Après l’avertissement sur Olounou–Oveng, le message du MINTP à l’ensemble des entreprises est sans ambiguïté : 2026 sera l’année de la performance et des résultats visibles, ou celle des sanctions.
Suzanne Maah