Présents à la 15ème édition du Salon de l’Action Gouvernementale qui se tient du 06 au 13 juin prochain sous le thème : partenariat Etat-secteur privé : levier d’un Cameroun émergent, les experts venus exposer leur expérience au public, ont mis les bouchées doubles sur les effets liés au changement climatique et les mesures de sécurité mises en place pour le bon  déroulement des travaux dans l’extrême-nord cameroun.

Dans les zones à risque, réaliser des travaux publics relève du défi quotidien. Entre contexte sécuritaire instable et impacts du changement climatique, les entreprises doivent repenser leur organisation, sécuriser leurs équipes et maintenir leur engagement auprès des populations. Tel est le cas de l’entreprise SOTCOGOG qui a connu la présence des visiteurs parmi lesquels, les membres du gouvernement.

Un contexte sécuritaire sous haute tension

Depuis plusieurs années, la présence du groupe Boko Haram pèse lourdement sur la zone. Les équipes font face à des risques d’enlèvements, de tueries par voie, de destruction de matériel et de perturbations liées aux incursions dans les zones de travaux. À cela s’ajoute une difficulté majeure : mobiliser du personnel qualifié dans un environnement où la stabilité n’est pas garantie.

Des aléas climatiques qui bouleversent la planification

Monsieur TEGOUFACK TSOFACK, Expert en sécurité Routière/Responsable HSE reviens sur les faits.Le changement climatique a un impact direct sur les travaux, notamment dans les zones du Logone et Chari. Les inondations en saison pluvieuse et les phénomènes de remontée d’eau perturbent les délais et la programmation des projets. Les ouvrages doivent donc être pensés pour résister à ces nouvelles contraintes. << Face à ces menaces, plusieurs dispositifs ont été mis en place, avec l’appui du maître d’ouvrage qui est le MINTP : Monitoring à la base : Avant tout démarrage, l’entreprise entre en contact avec les autorités administratives, la gendarmerie, le commissariat et les autorités locales. L’objectif est d’avoir une lecture constante du climat sécuritaire et adapter la programmation en conséquence. Le Renforcement du gardiennage et de la sécurité civile : L’entreprise collabore avec des structures spécialisées pour sécuriser les bases et sites d’exploitation. Le Dispositif DSAT : Pour la première fois sur ce projet, le MINTP a mis en place la ligne DSAT. Elle fournit du matériel spécifique : bipeurs, moyens de communication, gilets pare-balles, et un système de surveillance des chantiers et des bases. L’Adaptation des horaires : Dans les zones les plus exposées, les horaires ont été réduits. On travaille de 7h à 15h au lieu de 7h à 17h, afin de replier matériel et personnel avant les créneaux horaires à haut risque, où l’on enregistre le plus d’enlèvements et d’incursions. L’Accompagnement des forces de maintien de l’ordre : Des conventions ont été établies pour garantir un accompagnement permanent des forces de l’ordre sur les chantiers >>.

Un impact positif pour les populations

Selon l’expert, ces mesures ne visent pas seulement à protéger les équipes. Elles ont aussi un impact direct sur le quotidien des populations : Employabilité locale : L’accent est mis sur le recrutement local. Sécuriser la zone, c’est aussi créer des emplois pour les habitants. L’entreprise dépasse le cadre des ouvrages. Elle accompagne la construction de salles de classe, la réalisation de forages, l’aménagement de mares de rétention d’eau. L’objectif est de booster l’économie locale, en particulier l’activité agro-pastorale, durement touchée par la baisse des activités économiques ; s’adapter au changement climatique.

Sur le plan technique, l’adaptation passe par la conception même des ouvrages. L’entreprise a mis en place un dialogue direct avec les populations dès la phase d’études pour mieux choisir l’emplacement des ouvrages d’art et permettre une meilleure circulation de l’eau sous la chaussée. Sur le terrain, la réponse est la densification des ouvrages d’art.

Autre action forte : la plantation d’arbres.

Sur tous les projets réalisés, des campagnes de reboisement sont menées, notamment sur les sites d’édifices publics identifiés avec le ministère des Forêts et le ministère de l’Environnement. L’objectif est de limiter le niveau de chaleur dans la zone de l’Extrême-Nord. << Travailler en zone à risque impose rigueur, anticipation et partenariat. Entre sécurisation renforcée, adaptation technique et engagement social, les entreprises montrent qu’il est possible de construire durablement, même dans les environnements les plus complexes>>.

Qui est SOTCOCOG ?

SOTCOCOG est une société anonyme créée en 1995. Avec plus de 30 ans d’expérience dans les BTP et riche de la qualité de ses équipements de qualité, elle se hisse désormais au rang des entreprises incontournables dans la sous-région Afrique Centrale. Son chiffre d’affaires est en nette évolution, ses perspectives pour son expansion et son développement sur le long terme sont encourageantes et satisfaisantes.

Suzanne Maah

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