Éditorial du 25 juillet 2026 signé par le Capitaine de Vaisseau Cyrille Atonfack Guemo, DIVCOM-MINDEF.
L’on aurait tout lieu de se féliciter des avancées scientifiques et technologiques en pleine accélération, dont la vocation est de faciliter l’assouvissement de nos multiples besoins matériels. A l’instar de la chimie qui, alliée à la mécanique, favorise les rendements agricoles. Cette même chimie qui permet à la médecine de soigner un plus grand nombre de nos maladies. A travers la diffusion de ces progrès techniques et technologiques, l’on se prendrait à rêver d’un monde meilleur pour tous.
L’autre côté du décor est cependant beaucoup moins reluisant, et la diffusion des savoirs censés apporter la vie, apporte plutôt la mort. Car jamais les menaces à notre sécurité n’auront été ni aussi nombreuses, ni aussi répandues, encore moins aussi prégnantes sur tous les continents. Avec un art consommé de la plasticité, les consortiums criminels et terroristes se jouent des services de sécurité, passent les frontières les mieux gardées, infiltrent les cercles du pouvoir, fragilisent les institutions, traumatisent les populations.
Les excroissances des consortiums terroristes, affiliations et autres franchises criminelles prolifèrent aux quatre points cardinaux du continent africain. Le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique Centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe font les frais de cette sanglante déferlante.
Pour ce qui est du Cameroun notre pays, l’on se serait cru bien heureux s’il n’y avait eu que la piraterie maritime à combattre. Mais il a fallu que Boko Haram et ISWAP viennent y mettre leurs glaives maculées de sang. Et au péril islamiste, il convient d’ajouter des prétentions séparatistes. Espérons que la boucle soit à présent bouclée. Quoiqu’il en soit, il n’est pas question, pour ces lobotomisés lucifériens, de laisser le Cameroun demeurer un havre de paix et de prospérité. Trop indépendant, trop ambitieux. Donc trop dangereux.
Aussi s’applique-t-on à torpiller à la moindre occasion, à saboter la moindre initiative en faveur de notre développement. Pour ce faire, quoi de plus indiqué que l’insécurité à la sauce terroriste ? Revendications probables et proclamations vertueuses ne servent que de paravents à de sordides projets de prédation. Raison pour laquelle en lieu et place de manuels scolaires, en lieu et place de semences agricoles, en lieu et place de médicaments, l’on déverse des engins de mort de plus en plus sophistiqués, en usant de méthodes de plus en plus élaborées.
La frénésie des égorgements, des éventrements, des décapitations et des assassinats est soutenue, légitimée et banalisée par une campagne de dénigrement visant à affaiblir nos institutions par le discrédit, à fracturer notre cohésion sociale par la dissension, et à démoraliser notre formidable outil de défense par la désaffection populaire. Au final, il s’agit de parvenir à l’émiettement du bloc monolithique qu’est le Cameroun, pilier de l’Afrique Centrale. Le Cameroun, pilier du Golfe de Guinée.
Mais dans cette campagne meurtrière et mensongère, le plus important n’est pas l’usage de drones par les exécutants sur le terrain, ni même le retentissement médiatique donné à nos malheurs, encore moins le statut de leurs commanditaires. Le plus important n’est pas ce que les autres pensent ou disent de nous. La seule chose qui importe et qui fait la décision, c’est notre propre attitude. Tant que nous sommes unis et solidaires, le Cameroun triomphera de ses ennemis. /-