Réunis à Mbankomo le 17 septembre 2026, l’UNESCO et les acteurs de la conservation travaillent sur la préparation des rapports sur l’état de conservation de la Réserve de faune du Dja et du Tri-National de la Sangha. Un exercice qui doit permettre de consolider les données, répondre aux décisions du Comité du patrimoine mondial et définir une feuille de route avant la date butoir.

L’atelier, soutenu financièrement par l’Union européenne dans le cadre du projet Natura Sud-Est, avec l’accompagnement de la Commission nationale pour l’UNESCO, doit notamment permettre au Cameroun et à ses partenaires de mieux répondre aux exigences du Comité du patrimoine mondial et de préparer, dans les délais, les rapports attendus au 1er décembre 2026.

Le compte à rebours est lancé.

À quelques semaines de l’échéance fixée au 1er décembre 2026, le Cameroun renforce son dispositif en vue de la préparation et de la soumission des rapports sur l’état de conservation de deux de ses biens naturels inscrits au patrimoine mondial : la Réserve de faune du Dja (RFD) et le Tri-National de la Sangha (TNS), dont le Parc national de Lobéké constitue la composante camerounaise.
Répondre aux exigences du Comité du patrimoine mondial
L’enjeu de la rencontre est de permettre aux différentes parties prenantes de mieux maîtriser les exigences liées à l’élaboration des rapports sur l’état de conservation. Il s’agit notamment d’examiner les récentes décisions du Comité du patrimoine mondial concernant la RFD et le TNS, d’évaluer les progrès réalisés et d’identifier les requêtes qui restent à mettre en œuvre.
Les participants sont également appelés à renforcer leurs compétences dans la préparation de rapports structurés, fondés sur des données fiables et conformes aux exigences de la Convention du patrimoine mondial, notamment au format prévu à l’Annexe 13 des Orientations.
Une attention particulière est accordée à l’évaluation de l’état de conservation de la valeur universelle exceptionnelle des biens, élément central dans le suivi des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

Des données à consolider avant le 1er décembre

Au-delà de la formation, l’atelier se veut opérationnel. Les participants doivent identifier les données, informations et dispositifs de suivi encore nécessaires pour documenter la situation des deux biens. L’objectif est de disposer d’informations suffisamment solides pour permettre la rédaction de rapports reposant sur des éléments probants. Les responsabilités liées à la collecte, à la consolidation et à la validation des données doivent également être clarifiées.
Cette démarche doit aboutir à une première trame consolidée des rapports sur l’état de conservation de la RFD et du TNS, permettant de distinguer les informations déjà disponibles de celles qui devront encore être complétées avant la soumission.

Mobilisation au-delà des frontières camerounaises

Le cas du Tri-National de la Sangha confère à l’exercice une dimension particulière. Ce bien naturel est partagé entre le Cameroun, la République centrafricaine et la République du Congo. Sa gestion et son suivi nécessitent donc une coordination entre les trois États parties ainsi qu’entre les gestionnaires de ses différentes composantes.
L’atelier réunit à cet effet les points focaux nationaux pour le patrimoine mondial des trois pays, les gestionnaires et personnels techniques des aires protégées concernées, notamment les parcs nationaux de Lobéké, Dzanga-Ndoki et Nouabalé-Ndoki, ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Au niveau camerounais, plusieurs administrations sectorielles sont associées aux travaux, notamment le ministère des Forêts et de la Faune, le ministère des Arts et de la Culture, le ministère des Affaires sociales, le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, ainsi que la Commission nationale pour l’UNESCO.
Les organisations communautaires et celles représentant les peuples autochtones concernés sont également appelées à prendre part à cette dynamique.

Une feuille de route pour tenir le délai

À l’issue des travaux, les parties prenantes devront élaborer et valider des feuilles de route précisant les actions à mener, les responsabilités et les échéances. L’objectif est de disposer d’un calendrier partagé permettant de conduire les différentes étapes jusqu’à la transmission des rapports au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pour les organisateurs, il s’agit donc moins d’un simple atelier de formation que d’une étape de préparation collective. Le rendez-vous de Mbankomo doit permettre de rapprocher les administrations, gestionnaires, partenaires et communautés autour d’un même objectif : documenter l’état de conservation des biens, répondre aux requêtes du Comité du patrimoine mondial et respecter l’échéance du 1er décembre 2026.
À travers cet exercice, le Cameroun entend ainsi renforcer la qualité de son suivi des biens naturels du patrimoine mondial et améliorer la coordination des acteurs engagés dans leur conservation.

Suzanne Maah

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