Réuni le 22 septembre 2026 à Yaoundé, le Comité de concertation et de suivi du dialogue social sous la coordination du Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire Owona a remis au centre des discussions la révision du Code du travail de 1992. Télétravail, plateformes numériques, intelligence artificielle, situation dans les universités et textes de la CNPS figurent également parmi les dossiers examinés.

Le Code du travail camerounais est appelé à évoluer. La question a occupé une place centrale lors de la 50ᵉ session du Comité de concertation et de suivi du dialogue social, tenue le 22 septembre 2026 à la salle de conférences du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, à Yaoundé.
Gouvernement et partenaires sociaux se retrouvent autour d’un texte adopté en 1992, dans un environnement professionnel profondément transformé par le numérique, l’apparition de nouvelles formes d’emploi et l’évolution des relations de travail.

Un texte à adapter aux nouvelles réalités du travail

Pour le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, l’actualisation du Code est devenue nécessaire face aux mutations du monde professionnel.
« Dans un monde du travail dynamique et en perpétuelle mutation, au sein duquel des problématiques nouvelles ont émergé, il s’avère nécessaire et même urgent d’actualiser certaines dispositions de notre Code du Travail », a-t-il déclaré.
Le processus de révision a été engagé en 2019, mais a connu plusieurs réajustements, notamment avec les effets de la pandémie de Covid-19 et l’accélération de la transformation numérique.
Le gouvernement souhaite notamment intégrer les nouvelles formes d’organisation du travail, parmi lesquelles le télétravail et les activités liées aux plateformes numériques.
Les syndicats réclament le projet complet
La prochaine étape consiste désormais à permettre aux partenaires sociaux d’examiner le contenu du projet de révision.
Au cours de la session d’échanges, les organisations syndicales ont demandé au gouvernement de leur transmettre le document complet, après la présentation d’une synthèse des principales modifications envisagées.
Prenant la parole pour la circonstance, Isaac Bissala, président de l’Union générale des travailleurs du Cameroun (UGTC), a rappelé que cette transmission est indispensable pour permettre aux organisations représentatives de confronter le nouveau projet aux propositions déjà formulées.
« Nous avons demandé au gouvernement de nous faire parvenir le document, jusqu’à ce que nous puissions lire ce que le gouvernement a pu ajouter dans le projet », explique-t-il.
Le document devrait être transmis dans les prochains jours. Les partenaires sociaux pourront ensuite formuler leurs observations et, le cas échéant, présenter des contre-propositions.
Intelligence artificielle : vers une révision plus régulière ?
Au-delà de la réforme actuellement engagée, les syndicats posent déjà la question de la fréquence de mise à jour du Code.
Selon L’UGTC, l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle impose de réfléchir à un mécanisme permettant au droit du travail de suivre plus régulièrement l’évolution des métiers et des pratiques professionnelles.
« Aujourd’hui, vous avez l’IA qui est là, vous avez plein de choses, le numérique qui arrive », souligne-t-il.
Le responsable syndical propose ainsi que les partenaires sociaux et le gouvernement se retrouvent périodiquement pour examiner la nécessité de nouvelles adaptations. Il évoque notamment un réexamen du Code tous les trois ans.

Les difficultés dans les universités également évoquées

La session a également permis d’aborder la situation sociale dans les universités publiques.
Selon Isaac Bissala, les difficultés concernent à la fois les enseignants et le personnel d’appui des universités, représenté notamment par le Syndicat national des personnels d’appui des universités d’État du Cameroun (Synpauec).
Les partenaires sociaux souhaitent l’ouverture d’un cadre de concertation associant les administrations et les organisations concernées. Ils demandent notamment au ministère du Travail de se rapprocher du ministère de l’Enseignement supérieur afin d’envisager une réunion tripartite.
L’objectif affiché est de rechercher des solutions aux difficultés sociales qui affectent le fonctionnement des universités.
Les textes de la CNPS dans le viseur
Autre dossier inscrit au cœur des échanges : la révision des textes régissant la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).
Isaac Bissala estime que ces textes nécessitent également une actualisation, évoquant des dispositions qu’il considère comme anciennes.
La question rejoint ainsi celle de l’adaptation globale du dispositif social camerounais aux réalités économiques et professionnelles actuelles.
Plusieurs chantiers ouverts
Au terme de cette 50ᵉ session, plusieurs dossiers restent donc sur la table : révision du Code du travail, encadrement des nouvelles formes d’emploi, prise en compte du numérique et de l’intelligence artificielle, situation sociale dans les universités et actualisation des textes de la CNPS.
Pour Grégoire Owona, le dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux doit permettre de construire un cadre juridique adapté aux mutations du monde professionnel, tout en maintenant l’équilibre entre les différentes parties.
La prochaine étape sera la transmission du projet complet de révision du Code du travail aux partenaires sociaux. Son examen devrait ouvrir une nouvelle phase de discussions autour des modifications à apporter au texte de 1992.

Suzanne Maah

Sign Up for Our Newsletters

Get notified of the best deals on our WordPress themes.

You May Also Like

Progiciel AIGLES : le MINFOPRA accélère l’appropriation par les hauts responsables de l’administration

Le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, Joseph…

32ème Journée de la Fonction Publique : Joseph LE prime 113 agents et détaille la modernisation de l’administration camerounaise avec AIGLES

« Il n’y a pas d’État stratège sans administration performante ». C’est…

MINFOPRA: CÉDRIC FOLLA VALDÈS, la consécration du mérite et de l’engagement

Nommé Chef de la Cellule de Communication du MINFOPRA le 13 août…

Efficacité de la gestion publique : l’APN passe à la vitesse supérieure avec la cartographie des risques

Les 20 et 21 août 2026, l’Autorité Portuaire Nationale (APN) a franchi…