C’était à la faveur d’un atelier national de renforcement des capacités à leur intention, qui a eu lieu à Yaoundé du 29 au 30 juillet 2026 au siège du Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme. L’objectif de ces assises était sans conteste, de donner à pas moins de 25 journalistes, communicateurs et blogueurs, des outils techniques qui leur donnent la possibilité de surfer en toute aise durant les assises d’Antalya en novembre prochain, sur les questions liées au climat dont l’enjeu est de taille, au regard de ces effets pervers au Cameroun et même dans le bassin du Congo et éveiller les consciences sur des actions climatiques à observer.

Le changement climatique n’est plus seulement une question environnementale ou technique. C’est une question de développement, une question de gouvernance, une question de justice et fondamentalement de droit de l’homme. Raison pour laquelle l’Etat du Cameroun aidé par les organismes internationaux, les Organisations non gouvernementales ont organisé cette rencontre qui a eu l’insigne honneur de donner aux journalistes, communicateurs, communicants, blogueurs, des instruments spécifiques afin de mieux parler du climat et donner la bonne information aux populations qui en ont besoin pour mieux mener leurs activités qui parfois dépendent du climat.
Au Cameroun, environ 30 millions d’habitants dont 65% ont moins de 30 ans et le pays est frappé de plein fouet, par les changements climatiques dont les effets pervers sont palpables et ont des conséquences négatives sur l’agriculture. Et pourtant, le Cameroun avait ratifié en 2016 la convention des Nations-Unies sur les changements climatiques et l’accord de Paris. Ce qui constitue un cadre normatif fondamental de la réponse climatique nationale internationale.
En Afrique centrale, les impacts des changements climatiques sont visibles. Sécheresses, inondations, glissements de terrain, érosion, perturbations des saisons, saisons pluvieuses très longues, entre autres. Les travaux de cet atelier qui se voulaient intenses avec une approche interactive enrichie par des séquences de partage d’expériences ont édifié les participants sur plusieurs points. Il s’agit de la compréhension de la CCUCC et ses mécanismes à savoir la COP, CMA, CMP, SBI, SBSIA ; l’accord de Paris de A à Z avec un accent sur les articles 6.4, 6.8, 13 ; la Mesure, Rapportage et vérification ; CDN au Cameroun, contribution déterminée au niveau national actualisé ; Plan National Climat ( PNC) ; les financements du climat ; Pertes et préjudices et diplomatie climatique.

L’objectif de cette rencontre rappelé fort opportunément aux participants, était de contribuer au renforcement les capacités des journalistes, communicants et blogueurs en vue leur participation efficace et éclairée à la couverture médiatique de la COP 31, des mécanismes climatiques afin de favoriser une veille citoyenne rigoureuse, une meilleure appropriation du public des politiques climatiques nationales et une couverture inclusive et intégrant la dimension genre. Ceci, au travers de la formation de 25 communicateurs ( journalistes, blogueurs, communicants) sur les mécanismes de la CCNUCC et l’architecture de l’accord de Paris ( article 6 à 13) afin d’ameliorer la qualité de la rigueur de leurs productions médiatiques ; initier les participants aux systèmes MRV dans le climat et son opérationnalisation dans le cadre de transparence renforcé, y compris la lecture du premier BTR du Cameroun, renforcer la compréhension de la CDN actualisé du Cameroun et du plan d’adaptation (PNA) pour une couverture journalistique ancrée dans les réalités sectorielles nationales ; entre autres.
Le renforcement des capacités des médias sur des réalités climatiques était important à plus d’un titre, dans la mesure où, il rappelle les effets du dérèglement climatique qui menacent les droits fondamentaux tels : le droit à la vie, à la santé, l’alimentation, à l’eau, au logement et un avenir digne et radieux pour les futures générations.
Former les journalistes s’avère essentiel parce qu’ils servent de passerelles sur les négociations internes et les réalités vécues par les populations. Leurs missions, traduire les concepts techniques en informations accessibles, rendre visibles les préoccupations des communautés affectées et contribuer à la transparence, sensibiliser sur les bonnes pratiques visant à atténuer les conséquences négatives des changements climatiques.
Financements climatiques
Le conclave a servi de prétexte pour que les thématiques se rapportant au climat soient débattues. Appelés à donner une information crédible et bien calibrée au public qui doit afficher des attitudes qui concourent à atténuer les conséquences négatives des changements climatiques. En effet, le bassin du Congo. «Pour nous, l’accès au financement est l’un des enjeux majeurs. -10% des financements arrivent dans le bassin du Congo. Ce qui est paradoxal quand on sait que le bassin du Congo est le premier poumon de la planète. Il est important de noter que les pays du bassin du Congo tout ensemble, 2 Congo, Cameroun , RCA, Guinée équatoriale. Ne reçoivent même pas les financements que le Brésil reçoit un seul pays reçoit en Amérique latine. Ce qui ne facilite pas l’action climatique sur le terrain. Il est important à notre niveau, de travailler sur cet aspect pour faciliter l’accès aux financements non seulement les institutions, mais aussi aux communautés de base », a souhaité le responsable de l’ONG, Jeunes Volontaires pour l’Environnement, Chef de Projet
Blondel SILENOU DEMANOU
Pour que les pays du Bassin du Congo bénéficient davantage des financements climatiques, les participants ont appris que trois stratégies clés sont à mettre en œuvre à savoir : structurer des projets bancables et intégrés ceci, en créant un portefeuille régional de projets, foresterie communautaire, énergies renouvelables, agriculture climato-intelligente, préservation de la tourbière de la Cuvette Centrale. Passer de projets isolés à des programmes régionaux sous l’égide de la COMIFAC pour avoir plus de poids ; renforcer les capacités directes aux fonds. Parce que peu de pays ont des entités nationales accréditées auprès du Fonds Vert Climat ou du Fonds d’Adaptation. Il faut donc accréditer des banques nationales, ONG et agences gouvernementales, mettre en place des systèmes Mesure, Rapportage, Vérification fiables, (MRV) pour prouver l’impact carbone des forêts. Enfin, valoriser le rôle mondial du Bassin du Congo et mobiliser le privé. Le Bassin séquestre 4% du carbone mondial. Il faut monétiser ce service écosystémique via les marchés carbone, les paiements pour services environnementaux, et les partenariats avec le secteur privé. Une diplomatie climatique commune est aussi cruciale pour parler d’une seule voix à la COP.

COP 31
Prévue se tenir du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie, la COP 31 abordera les questions de zéro déchet, économie circulaire, financement climatique, transition hors énergies fossiles. Il était de bon ton que les communicateurs soient éclairés sur certains points importants du climat sur le plan international. Au-delà des modules portant sur les mécanismes de fonctionnement de la CCNUCC, l’introduction au Mesure, rapportage et vérification ( MRV), le CDN au Cameroun, le Plan National Climat et le Plan National d’Adaptation, un arrêt majeur a été observé sur la COP 21 de Paris. Le module double qui couvrait l’accord de Paris dans sa globalité, l’article 6, dans trois volets, à savoir les approches coopératives, le mécanisme pour un mécanisme durable ainsi que l’article 13 qui institue le cadre de transparence renforcé. « «La protection de l’environnement est un droit. On ne protège pas l’environnement parce qu’on veut voir les arbres grandir, les animaux se balader. C’est parce que cela à une influence sur la vie des humains et pour prévenir tout danger ou malheur à la race humaine . Il est important de s’attaquer à cette source là qu’est le changement climatique qui peut nuit à la vie humaine. C’est la raison pour laquelle nous attaquons la problématique des changements climatiques sur le spectre sur les droits humains. Parce que quand un peuple est affecté par les changements climatiques. Ça devient une question humanitaire. il y a un lien entre ces catastrophes qui arrivent et les changements climatiques qui eux sont dus à plusieurs facteurs », a défini Timothée KAGONBE, Point focal climat MINEPDED, Responsable du comité d’organisation
Grâce à cet atelier, les communicateurs dont les capacités ont été renforcées pourront désormais formuler des orientations et des propositions aux décideurs politiques et exercer des pressions pour une réelle mise en œuvre de l’accord de Paris et des engagements du Cameroun et contribuer à une meilleure appropriation citoyenne des politiques climatiques nationales.
Il faut rappeler que cet atelier est une initiative de l’ONG JVE Cameroun (Jeunes Volontaires pour l’Environnement) piloté par Blondel SILENOU DEMANOU, Chef de Projet, en collaboration avec le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme, financé par le Fonds des Nations Unies pour la Démocratie (UNDEF) projet GEYCA.
Suzanne MAAH