Du 6 au 10 juillet prochain, les gouvernements, statisticiens, société civile et partenaires techniques se concertent autour d’un sujet majeur : faire en sorte que chaque enfant soit compté, visible et bénéficie des services dont il a besoin.
Organisé conjointement par la Banque Africaine de Développement, la Commission de l’UA, la CEA, ONU Femmes et UNICEF, en collaboration avec l’Institut National de la Statistique du Cameroun, le Forum se tient sous le thème : « Des statistiques qui comptent : faire progresser les droits, la justice et les opportunités pour toutes et tous ».
Un enjeu démographique majeur pour l’Afrique
L’Afrique est au cœur des projections mondiales. Selon l’UNICEF, le continent compte aujourd’hui 691 millions d’enfants de moins de 18 ans, soit 46% de sa population.
D’ici à 2050, près de la moitié des enfants du monde vivront sur ce continent », a rappelé Ramou Ndure, Directrice régionale adjointe de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Cette réalité démographique constitue l’une des plus grandes opportunités de notre époque, mais elle nous confère également une profonde responsabilité. Chaque enfant compte, et chaque enfant doit être compté. Lorsque les enfants sont invisibles dans les données, ils le sont souvent aussi dans les politiques, les budgets et les services.
Des lacunes de données qui coûtent cher
Le Forum qui se tient à Yaoundé pointe des manques criants dans plusieurs domaines clés notamment l’accès à la justice, violence, eau et assainissement, migration, handicap, justice climatique, et données sur les enfants en situation de conflits ou d’exclusion. Les chiffres présentés sont alarmants :
– Pauvreté des apprentissages : plus de 90% dans plusieurs pays d’Afrique centrale, de l’Est et de l’Ouest selon Africa’s Children Statistical Compendium 2026.
– Mortalité des moins de 5 ans : de 21 décès/1000 naissances en Afrique du Nord à 94/1000 en Afrique de l’Ouest
– Au niveau mondial : 412 millions d’enfants vivent dans l’extrême pauvreté et 417 millions sont gravement privés dans au moins 2 dimensions du bien-être, d’après la Situation des enfants dans le monde 2025.

Cinq jours pour bâtir des systèmes de données plus solides
Ces assises permettent d’évaluer les progrès, identifier les lacunes et définir des priorités communes sur la violence, l’égalité des genres, les systèmes de données administratives et le renforcement des instituts nationaux de statistique.
L’UNICEF, à travers les enquêtes MICS et son appui aux systèmes nationaux, se positionne comme partenaire de premier plan. L’objectif est de transformer les données probantes en actions concrètes, de l’enregistrement des faits d’état civil aux technologies numériques. « L’UNICEF appelle donc les gouvernements et partenaires à investir dans des systèmes de données modernes, inclusifs et interopérables, capables d’identifier les enfants et les femmes les plus vulnérables, de suivre les progrès et d’accélérer les résultats.
En somme, ce premier Forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant vise à renforcer les systèmes de données et les capacités statistiques pour faire progresser l’égalité des genres, les droits des enfants et le développement inclusif sur l’ensemble du continent.
Suzanne Maah