C’est au cours d’une cérémonie présidée ce 22 juillet 2026 par Joseph Beti Assomo, Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense en présence de S.E. Sylvain Riquier, Ambassadeur de France au Cameroun, et du Général de Brigade Valère Nka, Commandant de l’ESIG.

Placée sous la tutelle du Commandement des Écoles et Centres d’Instruction Interarmées (Comeciia), l’ESIG réaffirme son ambition de s’inscrire dans une démarche d’innovation continue. Cette modernisation repose sur trois axes fondamentaux : l’actualisation permanente des enseignements opérationnels ; la numérisation intégrale des apprentissages et la mise en place d’un centre de simulation intégré pour la gestion des crises complexes. Fidèle à sa devise ”la Stratégie au service de la Paix ”, l’école poursuit la construction d’un réseau de confiance interarmées.
Dans son discours, le MINDEF a exhorté les lauréats : « Le monde a besoin d’officiers qui pensent avant d’agir, qui comprennent la complexité des crises avant d’affronter, et qui savent que la meilleure victoire est celle qui n’a pas nécessité de recours à la force. »
L’ESIG veille à l’enrichissement permanent de ses contenus pédagogiques pour qu’ils collent aux enjeux sécuritaires de l’Afrique et du monde. Plusieurs modules font désormais partie de la formation notamment, les menaces asymétriques, les insurrections armées, le terrorisme transnational, les crises humanitaires complexes, les tensions interétatiques, et les conflits de basse ou haute intensité.
«Cela garantit la pertinence et la crédibilité de l’école face au complexe défi du monde actuel » a souligné le ministre.

L’ESIG choisit la guerre économique comme nouvelle priorité
« Ce choix n’a pas été anodin. La guerre économique constitue dans le monde d’aujourd’hui un redoutable vecteur de déstabilisation des États, parfois plus que les conflits armés conventionnels ».
En effet, elle se décline à travers la protection des industries stratégiques et l’influence normative ; l’information : désinformation et travestissement des faits ; la guerre cognitive : manipulation de l’information et des perceptions ; le rôle des multinationales imposant technologies et influences financières pour créer des dépendances. L’objectif est de préserver ou conquérir des marchés, affaiblir un concurrent et accroître la puissance économique de son pays.
La guerre économique est ainsi définie comme un subtil mais important outil de puissance moderne, complémentaire ou alternatif à la guerre militaire. Elle passe par l’économie, la finance, la technologie et l’information orientée pour contrôler les esprits et les ressources stratégiques sans engagement militaire direct. « L’instrumentalisation des flux financiers, des chaînes d’approvisionnement, des ressources stratégiques et des technologies numériques sont désormais des armes à part entière que nos officiers se doivent d’apprendre à identifier, analyser, maîtriser et contrer le cas échéant » a rappelé le MINDEF.
Reconnaissance et partenariat franco-camerounais

Le ministre a félicité la direction, les formateurs et l’ensemble des équipes pédagogiques. « Ces décorations sont à l’image des diplômes des lauréats de ce jour, des diplômes contresignés par Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de la République française et moi, signe éloquent du précieux partenariat de défense entre nos deux pays. » Le discours s’est conclu sur une mise en garde : « Conscient qu’un leadership conquis peut se perdre si l’on se laisse distancer par les évolutions du monde, nous devons continuer à innover pour rester à la hauteur des défis de demain. »
L’ESIG, jumelée à l’École de Guerre de Paris depuis sa création, est l’un des scintillants fleurons de ce partenariat dont nous sommes particulièrement fiers côté camerounais. Créée par décret présidentiel du 13 janvier 2005 sous le nom de Csid, devenue ESIG en 2013 sous l’impulsion du Président Paul Biya, l’école totalise en 21 ans, 959 officiers brevetés issus de 34 nationalités, dont 242 Camerounais.
Réaction

LIEUTENANT-COLONEL Philémon SEMGADI, 21ème Promotion ESIG Yaoundé.
À l’issue des onze mois qu’on a passés à l’École Supérieure Internationale de Guerre, nous avons appris beaucoup de choses. Notamment des choses dans le domaine de la stratégie, des formations dans les domaines de la planification, dans les domaines des relations internationales. En bref, nous avons appris beaucoup de choses à l’École Supérieure Internationale de Guerre. En dehors des formations académiques, nous avons eu à tisser des camaraderies entre les différents collègues venant d’autres pays. Donc, ceci nous a permis de créer un réseau qui nous permettra de continuer à servir nos futures missions dans nos pays respectifs, et aussi dans les missions multinationales, notamment au niveau africain, ainsi qu’au niveau international. Il faut noter que je me mets déjà à disposition de ma hiérarchie, au commandement militaire de mon pays, pour mettre en application tout ce que j’ai appris à l’École Supérieure Internationale de Guerre. Et je vais mettre aussi en application tout ce que j’ai appris au profit de mes subordonnés, notamment dans le cadre de formation continue, pour pouvoir aider mon pays dans le domaine de la défense et de la sécurité. Pourquoi pas dans le domaine du développement pour mon pays, tout comme au niveau de l’Afrique et voire au niveau international.
Tjang Frida