À quelques heures du lancement de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel (SMAM), les médias camerounais se sont mobilisés le 31 juillet 2026. Réunis dans la salle de conférence du 6e étage de l’UNICEF à Yaoundé, journalistes et experts ont pris part à cet échange placé sous le thème 2026 : « L’allaitement maternel pour un départ durable dans la vie : renforcer ce qui fonctionne ».
Les médias, relais essentiels des preuves scientifiques
L’objectif était de renforcer la compréhension des journalistes sur le rôle de l’allaitement maternel dans la survie, la croissance et le développement de l’enfant. Mais surtout, de promouvoir une couverture médiatique fondée sur les preuves, capable de valoriser les systèmes et pratiques qui soutiennent efficacement l’allaitement au Cameroun.
Pour les organisateurs, les médias ne sont pas de simples transmetteurs d’information. Ils sont des acteurs clés pour déconstruire les mythes, donner la parole aux expériences vécues et influencer les comportements au sein des familles et des communautés.
Parmi les thématiques abordées, le cas de l’eau chez le nourrisson était à l’ordre du jour. Madame Mahop Epse MEDJO, Chef du Bureau d’Intervention de la Cellule Nutritionnelle-UNICEF a illustré l’importance de ce rôle. Elle s’est adressée directement aux journalistes et aux parents : « Nous voulons dire aujourd’hui aux médias et surtout aux parents qui nous écoutent que l’eau n’est pas nécessaire, même à quarante-cinq degrés à Maroua, pour un nourrisson de moins de six mois. Le lait maternel contient 80% d’eau. Le lait de début de tétée étanche la soif du bébé, celui de fin de tétée apporte les nutriments. »
Dans son propos, l’experte a alerté sur les risques de l’introduction précoce de l’eau à savoir, la diminution du nombre de tétées, l’apport insuffisant en nutriments, et risque de malnutrition. Son message aux mères : « Votre lait contient assez d’eau pour l’hydrater. » Un message que les médias sont invités à relayer avec précision pour éviter les fausses informations, surtout en période de forte chaleur.

Renforcer ce qui fonctionne : une responsabilité collective
La SMAM 2026, célébrée du 1er au 7 août, appelle les gouvernements, professionnels de santé, communautés, employeurs, familles… et les médias à identifier et amplifier les approches qui ont fait leurs preuves.
Pour les participants, la réussite de l’allaitement ne dépend pas uniquement des mères. Elle repose sur le soutien des familles, des communautés, des services de santé, des employeurs et des pouvoirs publics.
Dans cet écosystème, les médias ont une responsabilité particulière d’informer avec rigueur à travers la diffusion des données exactes et basées sur les preuves; donner de la voix, mettre en lumière les récits des mères, des pères, des conseillers en allaitement et des agents de santé; créer un environnement favorable en luttant contre les stéréotypes et en montrant que l’allaitement est un acte vital et salvateur, mais aussi une responsabilité collective.
Un appel à une couverture constructive et inclusive
Le Café Média organisé par l’UNICEF visait ainsi à outiller les journalistes pour une couverture constructive, inclusive et centrée sur les droits de l’enfant et des femmes. Car au-delà des chiffres, ce sont les histoires et les solutions concrètes qui peuvent faire changer les pratiques.
Notons qu’en 2026, le mot d’ordre est donc de renforcer ce qui fonctionne. Et pour cela, les médias ont un rôle central à jouer.

Tjang Frida