Éditorial du 29 août 2026 signé par le Capitaine de Vaisseau Cyrille Atonfack Guemo, DIVCOM-MINDEF.
Du rôle et de la place de l’armée dans une démocratie. La question s’était posée en son temps, avec une a nicuité certaine. Nous étions au lendemain de la disparition du Bloc de l’Est. Pour les États-nations, il s’agissait alors de redéfinir le positionnement des machines de guerre jadis idéologisées, dans un environnement institutionnalisant désormais la pluralité et la diversité des opinions politiques.
Car, après de très nombreuses décennies de mutisme presque total autant sur leurs activités que sur leurs points de vue en tant que citoyens à part entière, les militaires auraient pu se laisser aller à la répression de la critique, à défaut de se mêler à la joute idéologique partisane florissante. Toutes ces attitudes, faut-il le rappeler, sont en flagrante contradiction avec les principes cardinaux qui déterminent la nature même de l’armée.
Ce sont notamment, la neutralité politique qui permet de rester au service de l’ensemble des citoyens, peu importe le parti au pouvoir ; la subordination au pouvoir civil, à travers l’obéissance aux dirigeants élus par le peuple, dirigeants qui seuls affectent des missions à l’armée, la plus prégnante desdites missions étant, et c’est le troisième principe cardinal, de protéger les frontières, l’intégrité du territoire et la population face aux menaces extérieures.
Hormis la guerre, l’armée peut venir en appui aux forces de sécurité intérieure en cas de crise grave, de terrorisme, comme c’est actuellement le cas dans certains endroits du territoire national, ou de catastrophes et sinistres, à l’instar des tragédies du Lac Nyos, de la digue de Maga, ou encore de l’incendie géant du quartier Nsam à Yaoundé. Les armées en démocratie participent aux opérations internationales de paix, sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies ou d’organisations régionales.
En tant qu’acteur de poids dans le domaine de la sécurité éminemment transversal, l’armée camerounaise, pour ne parler que de notre valeureuse armée, prend une part active à l’essor socioéconomique de notre pays. Sur assignation expresse de l’autorité politique constitutionnellement établie, notre armée ouvre des voies de communication, accueille des patients dans ses structures sanitaires, éduque la jeunesse dans les écoles des casernes, et intervient même, toujours sur commande, de manière ponctuelle et dans l’intérêt général, au profit d’entités parapubliques, voire privées.
La raison de toutes ces attitudes, opérations et actions réside ailleurs que dans le partisanisme ou la recherche du gain matériel. Sous les ordres de l’autorité civile, la neutralité politique de l’armée favorise et surtout, sécurise le plein épanouissement sociopolitique du peuple souverain. La défense du territoire national et la construction des précurseurs de développement favorisent quant à elles, l’essor économique du pays. Une façon de maximiser les bénéfices découlant des lourds investissements consentis dans l’équipement de notre armée.
Enfin, troisième considération et non des moindres : l’armée camerounaise en démocratie, c’est l’assurance pour chaque citoyen de chacune de nos tribalités, de se reconnaître sous l’uniforme des défenseurs de la patrie. Notre armée est ainsi un puissant ferment de la cohésion sociale, d’où son titre largement mérité de Creuset de l’Unité Nationale. Ceci, bien longtemps avant l’arrivée du vent de l’Est. /-