Le message est clair et se veut rassurant. Au cours d’une importante assise d’évaluation sécuritaire tenue ce 26 août 2026 dans la salle des actes du Ministère de la Défense à Yaoundé sur Très Hautes Instructions du Chef de l’État, Chef des Forces Armées, Paul Biya, le Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a affirmé que la situation sécuritaire au Cameroun reste sous contrôle.
Une sortie qui vise à calmer le jeu, alors que depuis quelques jours, des organisations de la société civile montaient au créneau pour dénoncer une dégradation de la sécurité. Elle vise également à apaiser l’inquiétude de l’opinion publique concernant la sécurité de leurs enfants à l’approche de la rentrée scolaire et universitaire, particulièrement dans les régions anglophones.
Une réunion au sommet de l’appareil sécuritaire
Le caractère hautement stratégique de cette réunion d’évaluation, organisée en prélude aux rentrées de septembre et d’octobre 2026, s’est traduit par la présence de tout le gotha sécuritaire du pays : le Ministre de l’Administration Territoriale, le Chef d’État-Major des Armées, le Général d’Armée René Claude Meka, le Délégué Général à la Sûreté Nationale Martin Mbarga Nguele, le Secrétaire d’État à la Défense chargé de la Gendarmerie Nationale Galax Yves Etoga, la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) et l’ensemble des officiers généraux.
D’entrée de jeu, Joseph Beti Assomo a adressé ses remerciements à ses collaborateurs directs et aux différents corps des forces de maintien de l’ordre pour leur disponibilité et leur engagement sans faille. Dans son bilan froid de la situation, le MINDEF a replacé le Cameroun dans un contexte mondial et régional.
– Sur le plan international, le Ministre de la Défense s’est inquiété de la guerre en Ukraine qui perdure et qui a dégénéré avec des attaques sur les infrastructures énergétiques, ainsi que du conflit entre les États-Unis et l’Iran dans le Golfe Persique, dont les impacts sur les relations internationales sont significatifs.
– Sur le plan régional, les conflits en République Démocratique du Congo, en Somalie et la menace des bandes djihadistes dans le Bassin du Lac Tchad contribuent à fragiliser la sécurité nationale. À cela s’ajoutent les changements climatiques, à l’origine des inondations dans l’Extrême-Nord et à Limbé, qui affectent le déploiement des Forces de Défense et de Sécurité. Sur le plan sanitaire, le Ministre a rassuré que l’épidémie de choléra a été endiguée. Il a également évoqué le glissement de terrain meurtrier dans la zone aurifère de Zamboï, frontalière de la RCA, qui a coûté la vie à des dizaines d’ouvriers.
A l’échelle nationale, le Ministre a détaillé les différents fronts sur lesquels les Forces de Défense sont engagées :

-Frontière Est avec le Tchad : Guerre contre les bandes rebelles qui menacent la sécurité intérieure. “Jusqu’à ce jour, la situation reste sous contrôle et les rebellions sont systématiquement matées“, a rassuré le Ministre.
– Frontière Ouest et Extrême-Nord : La guerre contre Boko Haram et les groupes djihadistes affiliés reste sans précédent. Malgré des assauts répétés, les Forces de Défense et de Sécurité font preuve de bravoure. Les localités du Logone-et-Chari, du Mayo-Tsanaga et du Mayo-Sava restent les plus ciblées. La motivation de ces groupes : la recherche de pitance et de ressources alimentaires.
– Nord et Adamaoua : La menace est celle des enlèvements et kidnappings contre rançon. L’armée reste mobilisée pour appréhender les coupables.
– Nord-Ouest et Sud-Ouest : Les groupes armés sécessionnistes continuent de procéder à des enlèvements de femmes, enfants et autorités contre de fortes rançons. Le Ministre a toutefois tenu à rassurer les familles : “Le travail effectué jusqu’ici est de nature à rassurer les familles de renvoyer sans crainte leurs enfants à l’école“. Une synergie d’actions coordonnées sillonne désormais rues, villages et bourgades pour sécuriser la rentrée.
Projets structurants du Sud sécurisés et nouveaux fronts internes
Bonne nouvelle pour l’économie, le MINDEF a apaisé les investisseurs : les grands projets miniers et structurants du Grand Zambi, de Fifinda et de Boron dans le département de l’Océan, région du Sud, sont totalement sécurisés.
Enfin, le gouvernement a annoncé l’ouverture de trois nouveaux fronts internes notamment la prévention routière : Face à la recrudescence des accidents, dont le plus meurtrier à Nomale (Ndikinimeki) qui a coûté la vie à 16 personnes et fait 42 blessés graves, les contrôles des biens et des personnes sont intensifiés sur les axes sensibles ; la lutte contre les violences basées sur le genre, avec un focus sur les phénomènes d’infanticide et de féminicides qui défraient la chronique ; la lutte contre les discours de haine, la propagation des fausses informations sur les réseaux sociaux et les incitations à la haine tribale.
Les travaux, qui se sont poursuivis à huis clos avec les exposés des officiers généraux sur la situation dans leurs unités de commandement, ont permis de définir les mesures concrètes pour une rentrée scolaire et universitaire apaisée.

En instruisant personnellement cette réunion à la veille de la rentrée, le Président Paul Biya envoie un signal clair : l’éducation reste le sanctuaire inviolable de la République et aucun enfant camerounais ne doit être empêché d’aller à l’école pour des raisons d’insécurité.
Les conclusions de cette rencontre ont donné lieu à des directives opérationnelles qui seront immédiatement déployées sur le terrain par le Haut Commandement.
By Tjang Frida