Désormais en service, le nouvel ouvrage Acrow de 51,67 mètres met fin à des années de galère pour les populations du Mayo-Banyo. Plus qu’un pont, c’est un corridor de vie qui se rouvre entre l’Ouest et l’Adamaoua.

Longtemps, traverser le Mayo-Taram à Banyo a été une épreuve. Saison des pluies, montée des eaux, bac de fortune, camions bloqués pendant des jours, marchandises pourries, malades incapables de rejoindre l’hôpital. Cette page est tournée.
Le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a coupé le ruban symbolique ce 31 août 2026, devant une foule en liesse. Le pont Acrow sur le Mayo-Taram est officiellement ouvert à la circulation.
La fin du calvaire, la mobilité retrouvée
Pour comprendre l’émotion à Banyo, il faut avoir vécu l’enclavement. La Nationale N°6, axe Foumban-Tibati-Ngaoundéré, est l’artère économique de toute cette zone. Elle relie les bassins agricoles de l’Ouest aux marchés de l’Adamaoua et du Nord. Avec l’ancien ouvrage défaillant, chaque traversée du Mayo-Taram était un pari. Aujourd’hui, le nouveau pont offre : Une traversée sécurisée et permanente : 51,67 m en travée unique, 7 m de largeur roulable + 1,50 m de trottoir pour les piétons et les motos. Plus besoin d’attendre que l’eau baisse ; Une continuité du trafic 24h/24 : camions de vivres, transporteurs de bétail, taxis-brousse, motos… la route ne s’arrête plus ; Un gain de temps et d’argent : finis les détours de dizaines de kilomètres et les frais de transbordement qui renchérissaient le prix du sac de maïs ou du panier de tomates à Foumban ou à Banyo.
Comme l’a souligné le Maire de Banyo : “C’est toute l’économie locale qui respire à nouveau.”
Au-delà des camions, c’est le quotidien du petit peuple qui change. Pour la ménagère, les produits vivriers arrivent plus vite et moins chers au marché de Banyo. Les échanges entre Bankim, Mayo-Darlé et Banyo sont fluidifiés. Pour le commerçant : Il peut désormais évacuer son bétail, son miel, son maïs vers Foumban et Bafoussam sans craindre que son camion reste coincé 3 jours au bord de la rivière. Pour l’élève et le malade : L’accès à l’école et au centre de santé n’est plus interrompu par la crue de la rivière. Le trottoir de 1,50 m permet aux piétons, aux enfants et aux vélos de traverser en toute sécurité. Pour la jeunesse : C’est le désenclavement, donc l’ouverture aux opportunités. Un jeune de Banyo peut plus facilement aller se former à Foumban ou à Ngaoundéré.

Un ouvrage moderne, pensé pour durer
Ce n’est pas un pont bricolé. C’est une infrastructure aux standards internationaux : Structure : Tablier en treillis métallique Acrow, réputé pour sa robustesse et sa capacité à supporter le trafic lourd. Fondations solides : Deux culées ancrées sur 12 pieux en béton armé, conçues pour résister aux plus fortes crues du Mayo-Taram. Chantier complet : Terrassements, chaussée, accotements, assainissement, signalisation et équipements de sécurité. Rien n’a été laissé au hasard.
En procédant à cette mise en service, le Ministre Nganou Djoumessi a rappelé la vision du Gouvernement : “Aucune région ne doit être laissée pour compte. Chaque pont que nous ouvrons, c’est une barrière de pauvreté qui tombe.”
À Banyo, ce 31 août 2026, ce n’est pas seulement un pont qui a été inauguré. C’est la promesse d’une vie plus facile, de marchés plus fournis et de familles mieux connectées.

Tjang Frida