Trois mois après son démarrage, le chantier stratégique de 41 km qui traverse le Parc National de Waza affiche 5,28% d’avancement. Le groupement SOMAF/METAG a rendu l’axe de nouveau circulable et mobilise désormais tout son personnel clé pour attaquer les travaux lourds.
C’est l’un des tronçons les plus symboliques et les plus sensibles du septentrion. La section Tchakamari – Waza, segment crucial de la Nationale N°1 Mora – Dabanga – Kousseri, est au cœur d’une opération de reconstruction très attendue par les populations de l’Extrême-Nord et les opérateurs économiques du corridor Tchad-Cameroun.
Lancé il y a trois mois, le chantier confié au groupement Groupe SOMAF / METAG commence à produire des résultats visibles sur le terrain. Au 31 août 2026, le taux d’avancement global est évalué à 5,28% par la mission de contrôle.
Une priorité : rétablir la circulation
Avant même de reconstruire, il fallait rendre la route praticable. C’était l’urgence. Pendant des années, ce tronçon de 41 km, qui longe et traverse le Parc National de Waza, est devenu un véritable calvaire en saison des pluies, coupant le chef-lieu de la région du Logone-et-Chari du reste du pays.
Le pari est en passe d’être tenu. Grâce aux travaux de maintien de la circulation, près de l’ensemble de l’itinéraire est de nouveau circulable. Précisément, 34 kilomètres sont praticables, entre le Point Kilométrique 25+000 et le PK 59+000. Le nettoyage complet de l’emprise est achevé, facilitant la visibilité et la sécurité des usagers.
Pour pérenniser cet acquis à l’approche du pic de la saison des pluies, l’entreprise va démarrer dans les prochains jours l’implantation des barrières de pluie. Un dispositif indispensable pour préserver la plateforme et éviter sa dégradation par les poids lourds en cas de fortes précipitations.

Le chantier entre dans sa phase active
Sur le terrain, la construction de la base-vie se poursuit à un rythme soutenu. Elle devra accueillir le personnel de l’entreprise et celui de la mission de contrôle dans une zone particulièrement enclavée et aux conditions climatiques extrêmes. Conformément aux exigences du marché, le groupement SOMAF/METAG a désormais mobilisé l’intégralité de son personnel clé : Directeur de projet, conducteur des travaux, topographes, géotechniciens et experts environnementaux sont sur site.
Au-delà des travaux physiques, le chantier avance aussi sur le plan des études. Plusieurs documents majeurs du projet d’exécution ont été soumis à l’examen de la mission de contrôle pour validation :
– Le rapport de dimensionnement de la chaussée, qui définira la structure adaptée au trafic lourd du corridor ;
– Le rapport d’étude de plateforme ;
– Le rapport d’identification des zones d’emprunts ;
– Le projet d’exécution topographique ;
– Le projet d’exécution des ouvrages hydrauliques, crucial dans cette zone inondable ;
– Le Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES), document sensible compte tenu de la proximité immédiate du Parc National de Waza, réserve de biosphère de l’UNESCO ;
– Le Plan de Signalisation Temporaire (PST) pour sécuriser la circulation pendant les travaux.
La validation de ces documents va permettre le démarrage effectif des terrassements lourds et de la construction des ouvrages hydrauliques dans les prochaines semaines.
Un enjeu économique et sécuritaire majeur
La reconstruction de Tchakamari – Waza dépasse le simple cadre routier. C’est un enjeu de souveraineté et de développement : Économique : C’est la porte d’entrée vers Kousseri et le Tchad voisin. Chaque jour de coupure représente des milliards de pertes pour le commerce transfrontalier.
Touristique : C’est la voie d’accès au Parc National de Waza, fleuron du tourisme camerounais en pleine relance.
Sécuritaire et social : Rendre cette route praticable toute l’année, c’est désenclaver des dizaines de milliers de riverains et faciliter les opérations des forces de défense dans une zone marquée par les défis sécuritaires.
Si le taux de 5,28% peut paraître modeste, il correspond à la phase incompressible d’installation et d’études d’un chantier d’une telle complexité. Avec une emprise nettoyée, un itinéraire circulable et un personnel clé au complet, les fondations sont posées pour l’accélération des travaux de chaussée attendue au dernier trimestre 2026.
MINTP